BLOC-NOTES


 

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BLOC-NOTES

Le froid a reculé de lui-m’aime aux bouts de tes seins durcis. Leur douceur sans doute plus remontante qu’une promesse à long terme. Il ne restait plus de place pour glisser un pli entre nous, faut dire que nous n’étions plus couverts que de nos peaux animales. Du coup Jupiter avec sa lettre en restera pour nos frais. L’arbre d’à côté ayant tiré ses frères à lui pour faire un rideau, côté voyeurs le paravent était de nature à les laisser sur leur fin. C’est à ce moment là que tu me parlas d’une odeur de noisette, la lune était-elle rousse ou bien ai-je cru voir le petit écureuil sortir de ton jardin ? Ce qui est certain c’est que ce parfum de mendiante je l’ai au fond des fosses nasales, à en planer. Je revois sans cesse le Mékong couler cette chanson que tu fredonnes en gardant les yeux vers le haut. A la question posée en permanence sur le savoir vivre sans que ça se rapporte à la place du couteau à poisson. la petite-écuyère en pointe sur mon dos parade d’une voix ferme. Vivre c’est un mystère où le seul tableau qui se prétend concret n’existe que dans les images pieuses d’un mi-sel de guère andes. Le Pérou demande du poumon, les aztèques ont cultivé le soleil jusque dans son jardin. T’as la vérité de l’oiseau dans la canopée, une liberté d’écrire que je peins où devance d’un commun envol. Autour ça décolle pas souvent, à croire que la glèbe est parfois la lettre de lise qui convient à l’homme. Cette misère ne doit pas faire l’hymne de la vie pour autant. Notre chemin est d’aller debout en avant en corps plus nus pour délester.

Niala-Loisobleu – 20/01/19

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7 réflexions sur “BLOC-NOTES

  1. Ne prenons pas les choses comme elles sont mais telles qu’en apparence elles ne sont pas, en faire quelque chose qui au -dedans ne sera plus du tout ce que c’est en dehors, des choses mieux conquises et adaptées au domaine de notre réel intérieur…
    Il faut vêtir de frais la beauté aux mains closes…Tour à tour j’ai souffert ou me suis enorgueillie de n’être pas comprise et aujourd’hui ni l’un ni l’autre de ces sentiments ne parvient plus à me cueillir à la noisette de ce que je suis devenue…

    Je dis que la vérité a le temps
    et que les incidents du jour
    se suicident comme des vagues.
    Je dis que nous avons deux mains
    pour l’ouvrage
    et pour couteau
    la sévérité du langage

    Jean-Pierre Siméon.

    Cette chanson du Mékong, je me suis toujours refusée d’analyser le corps à corps que je mène avec elle depuis maintenant trente ans..Et pourtant je le pourrais…Je la laisse me suivre à la trace comme une compagne fidèle..Tiens , je te la remets mon Alain mais ne l’écouterai pas de mon côté…

    Merci pour tout.

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    • La couleur est le Ton, son adjuvant nominatif est qu’un alinéa. Dire je vais couleur donne la nuance non convenue. Être dans le prisme signifie que rien ne peut être blanc. Il n’y a que la présence qui vibre.
      Nous avons deux mains pour une vie à tendre d’hier élimine.
      Un jour sur le Mékong l’enfant du couple qui m’hébergeait sur son sampan était subjugué par ma barbe. Il la tenait comme si c’était un moyen de sortir d’une réalité imberbe. Mystique son geste parlait clairement. Hors de l’ignorance adulte. Quelques heures plus tard j’entrais dans ta chanson comme l’amant
      venu de l’attendu. Tant de sang est versé en ce bas monde que ça monte les oiseaux blancs bien au-delà…

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      • Je comprends ce geste de l’enfant..Il a du vouloir vérifier que c’était bien une vraie…Il a du grandir d’un coup à ce moment-là en comprenant qu’on était élevé par des enfants qui n’étaient adultes que par le désarmement que leur procuraient nos sourires…

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            • La poésie limitrophe exige un saut
              Qui projette en un bord ou ressaut
              Dans le plaisir dont nous parlait
              Lucrèce
              Surplomb et seuil qui fait le don du comme
              Comme il est doux de regarder naufrages
              Il est plus doux le point d’esprit d’où l’errance se voit
              Et les choses se partager en un comparatif de monde (tels qu’un dieu aux énormes yeux bleus et aux formes de neige, la mer et le ciel attirent aux terrasses de marbre la foule des jeunes et fortes roses)
              Où sommes-nous donc nous étonnant d’y être et que l’étonnement étonne

              Michel Deguy

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              • Poésie. déjà, ce n’est plus d’elle dont il s’agit.Sa forme est dehors, dans a plénitude qui l’entame.
                Et dans cet instant où, la parole en place
                De nouveau se révèle en défaut.
                Ici la plaie parle.
                Elle est devenue nécessaire.

                Et bientôt l’air. L’air est à moi partout.
                Le feu dans le coeur d’une souche
                A la fin lui ouvre la bouche
                Par où l’on voit et peut entendre.

                André Du Bouchet, Dans la Chaleur vacante.

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