VEINE BLEUE


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VEINE BLEUE

 

Le projecteur tourne du haut du mirador léchant ton sang de sa langue

de barreaux-barbelés fondus en un autre métal acoustic arrachés

l’espace se veut allongé nu à peaux greffées

protégé de l’esprit malin clignant d’yeux doux racoleurs

Lecture métronome qui compte le battement du pouls au bief du poignet

les yeux se sont tapis sous la futaie de l’aube

les doigts eux liègent par mouvements flotteurs

Du plus reculé de la vallée

le lithographe pose son stylo et ponce pour enfanter l’image

en bridant l’encre d’un entre-deux pierres chaudes de jambages

La ficelle pelote le tourniquet de la broche

laissant les mains au touret de la taille égorger les mailles de la côte

Une felouque glisse son secret métaphysique dans le regard des cataractes

Niala-Loisobleu – 11/01/19

UN CHIEN SAUTE


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UN CHIEN SAUTE

 

Par les portes moulurées des huisseries notariales un drame entre au Pathé du quartier. Dans la salle une dame aux camélias tousse. Le crayon lumineux de l’ouvreuse indique la sortie de secours  au couple qui s’ébat. Les vélos et les chiens étant interdits d’entrer le débat risque de piétiner. Il est vrai que ça donne envie d’essayer un grand magasin buissonnier pour tenter l’impossible. Vient alors à passer une forme indéfinissable plantée au bout du pic d’une manifestation populaire. Un bruit métallique coupe la circulation. Carambolage en série. La boîte de nuit libertine vient d’allumer, la queue se dissout. Je pose mes mains sur ton chevet il m’a semblé sentir un intrus derrière la porte. Laisse à luner ce vol de nuit, j’ai besoin du wagon-lit pour franchir le temps mort de l’attente trop longue pour avoir l’utile. La grande musique en s’écartant peut laisser celle de ton ventre chantonner. T’as le mot juste, comme un qui remet de la lumière. Sur le papier de mes dessins la générosité de tes seins reverdit l’hiver de fruits pulpeux à la peau d’arbre à soie. Un chien saute.

Niala-Loisobleu – 11/01/19

 

 

LE TAILLE-CREONS


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LE TAILLE-CREONS

(Illustration Joan Miro)

Celui qui sanguine ô range

bat

taille

naval

En carreaux de couleur l’enfant dessine d’un poing un nombril sur son gros ventre

ses longues jambes de fil font bien un arbre dans la partie noire de l’agate

je roule qu’à bille dit le Baron de Münchhausen

au milieu du vide on voit la foule sauter en éclats dans l’implosion

 

Niala-Loisobleu – 11/01/19