GRENIER EN CHAUME


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GRENIER EN CHAUME

 

Bonjour Barbara,

Quelques entassements de pierres enlevées à la terre dévalent sur l’herbe folle, un gros tilleul, des yeuses, marronniers et hêtres, longue en dos penché la Chaume se fait clairière. Un trou d’air au milieu des friches habitables. Souffle long et profond, la campagne grimpe le raidillon qui est enlacé autour de la Tardoire, bouillonnante dans le creux des grands arbres qui veillent sur le gué pédiluve au bord de l’ancien moulin. Les nuages passent tirés en remorque, dénouant le ceps pour l’aligner en rang à l’étendue oculaire. Je vigne de peinture. Parigot devenu cagouille depuis un plus long compte à présent. L’armoire ne dit rien. Elle sourit de tout ce qu’elle contient qui fait corset en serrant. La vie c’et toujours quelques vibrations à mettre. Peut-être ceci me vient-il de ce que j’ai gardé de la marmite à la crémaillère dans laquelle on remettait de l’eau, des légumes, une saucisse, un morceau de lard, de l’oie pour le circuit et du bois dans l’âtre la vapeur. J’ai trouvé que je marchais mieux sur mes petites jambes en portant sur moi ce caillou dans l poche de ce qu’un homme ramasse. La jeunesse en demande toujours pour se former quelque soit l’âge. Garder ce qui fait parvenir  à entrer sa vie dans le rêve, oublier le cauchemar d’exister. D’ailleurs c’est le seul moyen que je connaisse de rester lucide. Tout ce qui pourrait manquer se trouve à dispoition dans le grenier qu’on se garde sous la main. Pas besoin de s’endetter pour en définitive vivre démuni de l’essence ciel. Tout est parti d’un escalier. Celui du 51 rue de Verneuil à Paris 7° où ma grand-mère qui en était concierge m’a tenu la montée.

Niala-Loisobleu – 10/01/19

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