B ALTITUDE 1


B ALTITUDE 1

 

Encore dans les plis de ma carence informatique le résultat s’est une fois de plus montré contraire à l’attente. Pourtant mon chemin se voulait plus rapproché.

J’ai l’impression qu’une vitre me sépare de ce que je lis. Arrêter le flot du temps moderne avec un melon et une petite moustache poussés à l’aide de la canne ?

J’aime ton allée de pommiers côte en teint. Un gosse cher de chair s’y balade cendres au vent. Et à peine s’éloigne-t-on d’un pré des vaches qu’on est déjà à courir sur le cheval. Jument verte qui borde la craie des falaises, ça me donne l’impression de Monet posant un grand nénuphar sur le Mont.

Comme tu t’appelles Barbara ça chante et cluse.

Une histoire de fou que je suis qui de la Cité voit Rouen se cathédraliser en peinture. Sans la Jeanne que je ne bouge pas de Brest pour l’Ecole Navale. C’est vrai que je tiens plus mordicus à ce que la vie m’a appris, qu’à ce que je comprendrais jamais de l’informatique…

N-L – 09/01/19

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ALLEGEANCE


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ALLEGEANCE

Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n’est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l’aima?

Il cherche son pareil dans le vœu des regards. L’espace qu’il parcourt est ma fidélité. Il dessine l’espoir et léger l’éconduit. Il est prépondérant sans qu’il y prenne part.

Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s’inscrit son essor, ma liberté le creuse.

Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n’est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l’aima et l’éclaire de loin pour qu’il ne tombe pas?

 

« Allégeance » est un poème de René Char, présent notamment dans son recueil Fureur et mystère publié en 1948. Il s’agit d’un des poèmes les plus connus de l’auteur.

 

René Char Fureur et Mystère

Dans ce poème, René Char nous parle avec lucidité et douceur du sentiment amoureux en reprenant un thème classique : l’amoureux délaissé. Le narrateur évoque à l’« amour » perdu, éloigné et parti, désignant par-là à la fois la personne aimée et la plénitude passée. L’« amour » n’est plus là, il marche dans la ville, pourtant il habite encore chaque courbe du vers. C’est cette présence-absence, l’amour que la solitude n’efface pas, que René Char évoque ici. Se dégage ainsi une pure impression d’amour, une douceur infinie mêlée pourtant à l’impression d’une solitude immense.

René Char utilise des structures classiques, l’alexandrin, qui rythme le poème de sa cadence régulière. Il les inclut toutefois dans des strophes à structure libre qui rappellent le paragraphe du poème en prose. Par ailleurs, on retrouve le goût de René Char pour les formules paradoxales, imagées, idéalisées.  Si ce poème réussit à exprimer des sentiments différents voire paradoxaux, dans toutes leurs nuances, c’est notamment grâce à l’usage de ces formules magnifiques, qui en appelle à l’imagination du lecteur : « Dans le grand méridien où s’inscrit son essor, ma liberté le creuse ».

 

Dans le présent  qui nous entoure, en resserrant le garrot l’air me bat la fenêtre à portes closes. Son pouls me tient depuis l’âge premier. Char est avec Eluard la partie vitale de ma conscience son DIRECTEUR DE LUMIERE.

On a trop masqué les horizons pour éviter qu’ils finissent de sombrer de désespoir.

Il est certain et inchangeable que nous ne sommes là que pour une traversée. Ceci impliquant dès le début de tenir le vaisseau et l’équipage en état de naviguer.

Hors on ne vit plus que pour son existence personelle.

Toute la richesse culturelle est envoyée au pilon au seul profit d’une réussite indécente de privilégiés n’ayant que faire de la connaissance intellectuelle, l’art est un espace de spéculation, plus une porte d’élévation.

Les lendemains qui chantent faux je veille à ce qu’on en fasse pas un usage à pognon.

Depuis que Goya a été tourné en Chantal le désastre du guère est endémique…

Homme je te garde mais sans, reviens-moi au combat, à l’aide Bertrand Belin lèves-les de sur leur cul !!!

Niala-Loisobleu – 09/01/19

 

 

 

 

 

Le torse nerveux de l’olivier parle d’airain


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Le torse nerveux de l’olivier

parle d’airain

 

Un sentiment de papier à peindre me gratte à écrire à l’herbe des chemins, comme on arrache pour planter

déjà ce caillou débusqué est chaud de garenne

la mer s’approche à dos d’âne

sur les étagères les boules en verre sont enneigées de  vols planétaires

Par les carreaux de mes tabliers d’écolier je vois qu’il reste beaucoup que le temps n’a pas effacé

Des tresses deux rubans en secret ta poitrine se prépare à mettre au monde

mes galoches font le moins de bruit possible

la croissance de l’amour est plus fragile qu’une mauvaise vision des choses

Quand pubères nos yeux perçaient le noir aux joues je me rappelle ce que disait la main sûre de nos grands-mères en traversant la partie éclairée du cimetière. Les cyprès lèchent la montée aux étoiles,  a peint Vincent

Assis sur la pierre qui court, je laisse le vent prendre ma toux, il y a assez a se décrotter les chaussures. Le papier du début porte sa part de moulin, j’y mord toujours

La raison de laisser gagner ma folie se fait plus forte…

Niala-Loisobleu – 09/01/19