JARDIN VANDALISE


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JARDIN VANDALISE

 

Le bain me trempe glacé par la poussée de fièvre

mes yeux s’embrouillent dans le fracas du marteau aux tempes

au feu  de l’iris

pourtant tes mots sont philtres au clair

Je ne marche de travers qu’aux assauts  sournois

indiscrets

de mauvais aloi

fourbes

sots

plus que taupes

notre jardin retourné par l’invasion animale dévastatrice

Au temps des voeux qu’ils aiment et le vivent chacun de leur côté

Didier opine en secouant sa crinière avec un début de violence

on est à notre place que chacun regagne la sienne…

 

Niala-Loisobleu – 06/01/19

 

FIÈVRE DE LA PETITE-PIERRE D’ALSACE


FIÈVRE DE LA PETITE-PIERRE D’ALSACE

René Char

 

Nous avancions sur l’étendue embrasée des forêts, comme l’étrave face aux lames, onde remontée des nuits, maintenant livrée à la solidarité de
l’éclatement et de la destruction.
Derrière cette cloison sauvage, au delà de ce plafond, retraite d’un stentor réduit au silence et à la ferveur, se trouvait-il un ciel?

Nous le vîmes à l’instant que le village nous apparut, bâtisse d’aurore et de soir nonchalant, nef à l’ancre dans l’attente de notre montée.

Bonds obstinés, marche prospère, nous sommes à la fois les passants et la grand-voile de la mer journalière aux prises avec des lignes, à l’infini, de barques.
Tu nous l’apprends, sous-bois.
Sitôt le feu mortel traversé.

René Char