L’ÉTHER


L’ÉTHER

Henri Michaux

L’homme a un besoin méconnu.
Il a besoin de faiblesse.
C’est pourquoi la continence, maladie de l’excès de force, lui est spécialement intolérable.

D’une façon ou d’une autre, il lui faut être vaincu.
Chacun a un
Christ qui veille en soi.

Au faîte de lui-même, au sommet de sa forme, l’homme cherche à être culbuté.
N’y tenant plus, il part pour la guerre et la
Mort le soulage enfin.

C’est une illusion de croire qu’un homme disposant d’une grande force sexuelle, lui, au moins, aura le sentiment et le goût de la force.
Hélas, plus vivement encore qu’un autre pressé de se débarrasser de ses forces, comme s’il était en danger d’être asphyxié par elles, il s’entoure de femmes,
attendant d’elles la délivrance.
En fait, il ne rêve que de dégringoler dans la faiblesse la plus entière, et de s’y exonérer de ses dernières forces et en quelque sorte de lui-même, tant il
éprouve que s’il lui reste de la personnalité, c’est encore de la force dont il doit être soulagé.

Or, s’il est bien probable qu’il rencontre l’amour, il est moins probable que l’ayant expérimenté, il quitte jamais ce palier pour bien longtemps.
Il arrive cependant à l’un ou l’autre de vouloir perdre davantage son
Je, d’aspirer à se dépouiller, à grelotter dans le vide (ou le tout).
En vérité, l’homme s’embarque sur beaucoup de navires, mais c’est là qu’il veut aller.

S’il s’obstine dans la continence, comment se défaire de ses forces et obtenir le calme?

Excédé, il recourt à l’éther.

Symbole et raccourci du départ et de l’annihilation souhaités.

 

Henri Michaux

LIAISON


Les sinuosités du climat tournent les pages en désordre

La Lune rosit quelques peupliers restent droits

L’ocarina dans lequel je souffle, ovoïde l’écrasé de ta poitrine que mes doigts palpent. On essaie jamais assez d’aimer

Je crois t’écrire sans commentaire comme tu peins sans consulter le dictionnaire

Spontanéité de la phrase du pouls

En croisant les signes premiers du langage ta diction m’accroche-coeur

Si tu mets ta main à plat dans la mienne c’est pas besoin de chercher le dit amant vers

On se décrypte au signe près sur les feuilles blanches du quotidien…

N-L – 21/01/19

BLOC-NOTES


 

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BLOC-NOTES

Le froid a reculé de lui-m’aime aux bouts de tes seins durcis. Leur douceur sans doute plus remontante qu’une promesse à long terme. Il ne restait plus de place pour glisser un pli entre nous, faut dire que nous n’étions plus couverts que de nos peaux animales. Du coup Jupiter avec sa lettre en restera pour nos frais. L’arbre d’à côté ayant tiré ses frères à lui pour faire un rideau, côté voyeurs le paravent était de nature à les laisser sur leur fin. C’est à ce moment là que tu me parlas d’une odeur de noisette, la lune était-elle rousse ou bien ai-je cru voir le petit écureuil sortir de ton jardin ? Ce qui est certain c’est que ce parfum de mendiante je l’ai au fond des fosses nasales, à en planer. Je revois sans cesse le Mékong couler cette chanson que tu fredonnes en gardant les yeux vers le haut. A la question posée en permanence sur le savoir vivre sans que ça se rapporte à la place du couteau à poisson. la petite-écuyère en pointe sur mon dos parade d’une voix ferme. Vivre c’est un mystère où le seul tableau qui se prétend concret n’existe que dans les images pieuses d’un mi-sel de guère andes. Le Pérou demande du poumon, les aztèques ont cultivé le soleil jusque dans son jardin. T’as la vérité de l’oiseau dans la canopée, une liberté d’écrire que je peins où devance d’un commun envol. Autour ça décolle pas souvent, à croire que la glèbe est parfois la lettre de lise qui convient à l’homme. Cette misère ne doit pas faire l’hymne de la vie pour autant. Notre chemin est d’aller debout en avant en corps plus nus pour délester.

Niala-Loisobleu – 20/01/19

https://getpocket.com/a/read/2460777795

TOI EMOI  (L’Epoque 2019 – 2)


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Toi Emoi (L’Epoque 2019 – 2) – 2019 – Niala – Acrylique s/toile 55×46

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TOI EMOI

(L’Epoque 2019 – 2)

Posée contre le monde se dresse une échelle

Vespérale. Une lucarne qui tord l’espace

Pour vérifier l’aplomb du geste définitif

Et des destins à la couleur qui s’appellent.

Nous n’avons cherché ni le comment ni le pourquoi

De cette élévation. Conscients que la pierre franche

Au pied n’avait rien d’accidentel.

Il aura fallu attendre longtemps et sages

Sur des chemins d’échos qui purgeaient le langage

Et redonnaient aux murs une respiration

par l’oreille fugace et complice de la rosée ;

Par l’air défroissé à tout ce qui demeure invisible.

Le nom solaire que l’on se donne aujourd’hui

Va bien au-delà du domaine choisi .

Il relie à la faveur du sensible

Les points cardinaux de nos lieux familiers.

Le grand tétras à la roue de son infortune

Salue cette fleur non négociable

Et sur un ciel lavé de lunes

 Nous prie d ‘en disposer.

 

Barbara Auzou.

Dondequiera que estés


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Dondequiera que estés

Dondequiera que estés
te gustará saber
que por flaca que fuese la vereda
no malvendí tu pañuelo de seda
por un trozo de pan
y que Jamas
por mas cansado que
estuviese, abandone
tu recuerdo a la orilla del camino
y por fría que fuera mi noche triste
no eche al fuego ni un solo
de los besos que me diste
por ti brilló mi sol un día
y cuando pienso en ti brilla de nuevo
sin que lo empañe la melancolía
de los fugaces amores eternos
Dondequiera que

Où que vous soyez

Où que vous soyez
tu aimeras savoir
comment maigre le chemin
Je n’ai pas vendu ton mouchoir de soie
pour un morceau de pain
et que jamais
pour plus fatigué que
J’étais, je suis parti
ta mémoire au bord de la route
et froid comme c’était ma triste nuit
Ne jetez pas un seul feu
des bisous que tu m’as donnés
pour toi mon soleil a brillé un jour
et quand je pense à toi ça brille encore
sans être assombri par la mélancolie
des amours éternels éphémères
Où que ce soit …