SOLEIL ETEINT


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SOLEIL ETEINT

 

A l’heure lisse les oiseaux en papiers se sont froissés les zèles aux carreaux des cahiers à spirales. En marge d’une considération conforme à la réalité, d’autres impressions  sont venues sournoisement modifier le sentiment. De modèle l’oiso se voit montrer du doigt. A la tienne et tienne. Le marronnier pris d’assaut par le faux gilet-jaune voit sa grille de protection  servir de bélier pour la casse sur un mur fourbe, autour du matelas et de l’armoire à glace en barricade des mariés de la Commune, un gamin de Paris est brûlé pour sorcellerie. Les lacets défaits, le remorqueur du Quai aux Fleurs, sort le poète du printemps. Transatlantlque torpillé, j’irai revoir ma Normandie aux croix blanches. La nuit est tombée avec un cri sinistre. La manivelle des caméras pédale en piqué. As-tu déjà laissé ta pensée se promener dans le chant brûlé d’Oradour-sur-Glane ? Rue des Rosiers, la fleuriste a baissé le rideau. Un bruit de bottes traversant les Ardennes, coud les étoiles de la haine à l’orée des poitrines. Je réhabite un wagon à Drancy, si tu savais petit l’atrocité que contient la rayure au costume tu réfléchirais à deux fois avant de pousser la porte du tatoueur. Dimanche dernier au Pathé de campagne, un film d’horreur m’a noirci le blanc. des enfants qui s’aiment Le soleil joue à la roulette russe. Fais trois noeuds à ton mouchoir, et n’oublies pas qu’ils ont été des millions à vouloir mourir pour le bonheur des autres. Me remonte en haut-le coeur ce terrifiant poème concluant qu’il n’y a pas d’amours heureuses

Niala-Loisobleu – 9 Décembre 2018

5 réflexions sur “SOLEIL ETEINT

    • LA MINUTIEUSE

      L’inondation s’agrandissait.
      La campagne rase, les talus, les menus arbres de ‘sunis s’enfermaient dans des flaques dont quelques-unes en se joignant devenaient lac.
      Une alouette un ciel trop gris chantait.
      Des bulles çà et là brisaient la surface des eaux, à moins que ce ne fût quelque minuscule rongeur ou serpent s’échappant à la nage.
      La route encore restait intacte.
      Les abords d’un village se montraient.
      Re’solus et heureux nous avancions.

      Dans notre errance il faisait beau.
      Je marchais entre
      Toi et cette
      Autre qui était
      Toi.
      Dans chacune de mes mains je tenais serré votre sein nu.
      Des villageois sur le pas de leur porte ou occupés à quelque besogne de planche nous saluaient avec faveur.
      Mes doigts leur cachaient votre merveille.
      En eussent-ils été choqués?
      L’une de vous s’arrêta pour causer et pour sourire.
      Nous continuâmes.
      J’avais désormais la nature à ma droite et devant moi la route.
      Un bœuf au loin, en son milieu, nous précédait.
      La lyre de ses cornes, il me parut, tremblait.
      Je t’aimais.
      Mais je reprochais à celle qui était demeurée en chemin, parmi les habitants des maisons, de se montrer trop familière.
      Certes, elle ne pouvait figurer parmi nous que ton enfance attardée.
      Je me rendis à l’évidence.
      Au village la retiendraient l’école et cette façon qu’ont les communautés aguerries de temporiser avec le danger.
      Même celui d’inondation.
      Maintenant nous avions atteint
      Torée de très vieux arbres et la solitude des souvenirs.
      Je voulus m’en-quérir de ton nom éternel et chéri que mon âme avait oublié : «Je suis la
      Minutieuse. »
      La beauté des eaux profondes nous endormit.

      René Char

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      • Ce qu’on laisse de soi, éparpillé aux quatre vents des autres, n’emporte pas avec lui la seule lumière qui sache précisément où se diriger…On continue à marcher toujours alors même que l’on sait que l’on est arrivé à destination…
        Que le soleil te donne le seul signe propre à te réchauffer dans les déroutes froides et les périphéries amères, mon Alain…

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