BRIBES (XXIII)


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BRIBES (XXIII)

 

Aux cris cassés d’un sursaut, mes bras écartés resserrent leurs mailles pour tenir l’alevin en eau

Un disque usé boucle les pellicules d’un regain tenu par les bretelles

Le cartel de la Fête du Citron gazéifie  la plus avenue : Liberté d’Expression la déesse aux pieds nus

Détourner mes mots d’oxygène en idée aile est un sacrilège,  leur pureté, leur essence  se passent de truc en plume pour s’émettre. Les déguiser en espoir qui pesticide est d’une bassesse destinée aux rampants dont on sait qu’il faut s’enterrer pour tenter les atteindre

 

O POESIE! 

                  «Je prends le risque de m’adresser à toi, directement…»

« Je ne puis m’empêcher de te nommer
Par ton nom que l’on n’aime plus parmi ceux qui errent
Aujourd’hui dans les ruines de la parole.
Je prends le risque de m’adresser à toi, directement,
Comme dans l’éloquence des époques
Où l’on plaçait, la veille des jours de fête,
Au plus haut des colonnes des grandes salles,
Des guirlandes de feuilles et de fruits.

Je le fais, confiant que la mémoire,
Enseignant ses mots simples à ceux qui cherchent
A faire être le sens malgré l’énigme,
Leur fera déchiffrer, sur ses grandes pages,
Ton nom un et multiple, où brûleront
En silence, un feu clair,
Les sarments de leurs doutes et leurs peurs (…) »

Yves Bonnefoy – In Les planchEs courbes, Editions Gallimard/Poésie.

 

Un jour traversant le piqué d’avions de chasse, j’ai passé la Loire en plein été de jeux interdits. Les bombes avaient été bénies par un certain Pie XII pape  à la solde des exécuteurs d’amour autrement que dans le vice d’un lupanar politique. Comme j’aurais pu rester innocent, devenir l’enfant de l’imaginaire si j’avais été pourri à l’image des donneurs de leçons ?

L’amour est heureux de l’imbécile que je suis….

 

Niala-Loisobleu – 9 Décembre 2018

 

3 réflexions sur “BRIBES (XXIII)

  1. Essaie de te souvenir
    De cette fleur que je cueille.

    Il crie: je voudrais étouffer entre deux couleurs
    Je voudrais être dans dans le noir pour le jeter sur toi à poignées,
    Je brûle de mourir pour toi puisque je ne sais que mourir.

    Et elle:
    Que faudrait-il que je sois pour que tu puisses m’aimer sans en mourir?

    Il ne lui répond pas, simplement il pleure
    Le vent fraîchit, elle pose son châle sur ses épaules….

    Yves Bonnefoy…Extrait de « Le désordre ».

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