UN CAILLOU NEUF DANS LA POCHE


 

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UN CAILLOU NEUF DANS LA POCHE

 

Elle fermait les yeux, les branches en se mettant à courir n’arriveraient pas à rattraper ses cris qui resteraient sans signature. Seuls sans que l’encre ne les ramènent au port par la plage que la marée tenait largement découverte. Quelle aube, dans l’épaisseur de cette nuit noire, aurait le pouvoir de faire scintiller les vagues , accrochant les grains d’un sable humide à la sécheresse de la perception du langage poétique ? La brise gonflant les cheveux des bords de grève n’avait pourtant pas omis de vaporiser les embruns chargés des parfums récoltés  sur la route des épices. Pendant des heures l’accordéon ivre se tordit d’un bord à l’autre des cordes de la guitare sèche , refusant les pièces d’une aumône inopportune. On ne mande pas la quiétude à main tendue. La douleur d’airain ambre déjà sans le dire au poignet du nouveau-né. Le cri des mouettes trempe au pinceau qui cercle et remonte le phare de chaux éclats intermittents pour passer entre les dangers qui bordent la côte. Quelques voiles en ailerons sur l’horizon rassurent les petits-baigneurs qui font la planche sur leur squale gonflable. Elle n’en finissait plus de courir, les yeux fermés sur la pointe de l’isthme. Elle savait qu’elle ne retoucherait la terre-ferme qu’au bout du percement du mur ruisselant qui n’affichait que saudade et fados sur son panneau publicitaire au néon. Le froid, l’abîme, les ténèbres pris dans le cercle du suiveur qui ne lâchait prise. Elle vit le trou du souffleur et nagea à même le pavé portée par le souvenir des yeux noirs allumés que le peintre  plaçait sur la piste lunaire du bouquet de l’écuyère

Niala-Loisobleu – 3 Décembre 2018

 

2 réflexions sur “UN CAILLOU NEUF DANS LA POCHE

  1. Triste le temps qui n’a pas droit de cité sur la chute de l’amour bradé. Les ages asexués se mêlent aux couleurs chatoyantes de la palette du peintre inspiré.
    Toile qui caresse au ras du poil le dilettante interloqué.
    Bonne soirée Alain.
    Charef

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  2. La voie du dilettante s’en venant d’un théâtre à l’italienne laissa l’assemblée interloquée La soif pluviale du temps enfin assouvie, on se dit et pourquoi donc bon dieu un ange ne ramènerait pas le soleil, on dit que certains sont gardiens ?
    Le triste temps asexué fila rejoindre les cagouilles pour se sentir en famille…

    Merci beaucoup Sharef, bonne nuit.

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