PORT SALUT


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PORT SALUT

Le vent prend Sa hauteur à la bouche inspirée

l’horizon au plus plat d’une poitrine absente refuse l’implant au sein d’une montée qu’il possède réellement

on n’exhibe que l’artifice

l’horizon ne peut-être que vertical

sans que le souffle d’un cric fasse croire qu’il va lever

évidemment je parle de ce que le France disait quand il quittait le Hâvre

sans avoir été mis au bas sein du macronisme…

Niala-Loisobleu – 27/11/18

AU MAUDIT ROI


 AU MAUDIT ROI

Ainsi

Sa Sérénissime Altesse Emmanuel Macron

par la voix d’un ses vides-pots vient de nous faire savoir qu’il ne recevra pas les porte-paroles des Gilets-Jaunes au prétexte qu’il ne s’agit pas d’une assemblée constituée…mais pour qui se prend-t-il ce nabot assis sur le trône de la finance que les lobies se tiennent au chaud…se réservant l’exclusivité de s’adresser à cette France dont il ignore l’âme ?

Il se pourrait qu’un matin la Concorde qu’il cru bon d’interdire à la manifestation, se rappelle à lui par son nom originel de Place de Grèves à l’époque d’une certaine révolution française…

Un nom oublié me remonte aux larmes citoyennes…

Olivier Larronde
ou le dernier poète maudit

Niala-Loisobleu – 27 Novembre 2018

 

        Olivier Larronde par Nora Auric

En 1943, en passionné d’une vie non moins « bohème » que lui légua sans nul doute ses parents – une famille pourtant assez bourgeoise -, un certain Olivier Larronde, harcelé en son intériorité la plus profonde, à vif, de caractère jugé timide, cheveux au vent, débarque à Paris avec, en tête, la ferme intention, idée un peu saugrenue, très improbable, de rencontrer Jean Cocteau – son cartable de cancre buissonnier à la main où errent sûrement les prémices des pages encore vagabondes de son premiers recueil : Les barricades mystérieuses, lequel ne sera publié qu’en 1946.

         Né en 1927, il semble important de souligner de nouveau, avec grand intérêt, l’univers où le jeune homme évolue, son entourage familial, dont le cercle affectif, farfelu s’il en est, mais lettré, de bonne concistance, quasi ombilical, un phalanstère débordant de culture et d’art, se compose d’un père journaliste, que l’on dit poète, critique littéraire, ami de Claudel, entre autres, ou de Milosz, et d’une mère soit-disant « excentrique », mystique, obsédée jusqu’à la limite du fantasque, à outrance, de parapsychologie.

         Tout bascule soudainement, avec violence, un déchirement, une double blessure qui ne se refermera jamais ; plaie béante alors ouverte à la rage, à la puissance ou à la grâce des mots et du Verbe. A l’âge de quinze ans, son père meurt lors de la fameuse débacle de la seconde guerre mondiale, suivi de peu par la disparition inacceptable de sa soeur, de deux ans à peine sa cadette, tant chérie, tant adorée, sa Myriam à lui qu’il admire à l’époque, de manière fusionnelle, comme le simple, l’unique amour de sa vie. Il affirmera d’ailleurs à son sujet, au vent mauvais des regrets les plus amers : « Elle était d’une précocité prodigieuse (…) elle écrivait des poèmes (…) Toute mon enfance a été un long match pour la rattraper. Je me dopais pour essayer de grandir. »

         Le choc est irrémédiable. Une certaine littérature, dite « maudite » (désignation, ou classification sociologique, pour la forme ?, fortuite, inopinée, empruntée à même le titre de l’ouvrage « Les Poètes maudits » de Verlaine) hante ses vers, à la rime le sonnet libre, jusqu’aux frasques de ses textes tout aussi structurés que volages, parfois énigmatiques, qui caractérisent souvent son style.

        Le subtil et tendre écorché, adolescent au visage d’archange, se sent comme empoisonné, semblerait-il, tant et bien qu’il abandonne dès la 3ème son cursus scolaire, entamé chez les Frères Maristes, avouant d’un jet de poudre d’encre sulfureux à sa mère : « (…) absolument incapable d’assimiler sans vomissement ce tissus de monstruosité et de balourdise qui forment l’enseignement classique que je ne peux, ni ne veux accepter la moindre transaction avec mes convictions, mes sensations, la moindre transaction de moi-même. »

Je me dispute avec le soir fragile et casse
Casse comme une vitre et j’ai plusieurs cadavres
On me recueille, on me recolle, et on se lasse :
Je couche avec un coin de mur que mon air navre
(Cf. Les barricades mystérieuses)

        Olivier Larronde

Confié à son grand-père, à Saint-Leu, en réfugié des mots et des maux qui le torturent, il oeuvre en dilettante, croirait-on, pour lui-même avec clairvoyance, en juvénile espiègle amouraché à l’extrême d’une verve inqualifiable, d’une justesse résonnante, versifiante à souhait, jamais gratuite, novateur poète de génie qu’il est déjà – le sait-il ? -, possédant une prodigieuse érudition, acquise au gré de son acharnement à « ronsardiser » la Rose-Néant d’un Mallarmé qu’il adule. Tout y passe : Charles d’Orléans, Ronsard bien sûr, Nerval, Baudelaire, Artaud, Jean de Sponde, Maurice Scève… la liste est longue, ne désemplira pas, jusqu’à sa mort.

         Mais il n’est pas encore temps. L’histoire d’un être d’exception, dont l' »âme » s’épanche au seuil des limbes abyssinales, là où certains Albatros, maladifs pour la plupart, se brisent les ailes sur des pontons de fer, savent parfois bousculer, bouleverser, l’ordre établi par les gouvernances terrestres. C’est le cas de Larronde.

         Malgré cette timidité excessive alambiquant prestance et gestuelle, toujours de caractère, peut-être assez charmante pour émouvoir Jean Genet en personne, Olivier Larronde arrive à ses fins, rencontre Cocteau, lui laissant ses pages d’écriture. Ce dernier n’y prête d’ailleurs que peu d’attention. Tout va très vite. Genet, chez Cocteau tombe par hasard sur ces pages d’outre-ciel, ne décolère pas contre son ami, veut retrouver de suite l’auteur de ses feuilles abimées par une poétique fulgurante.

 

Rose et mon Droit

Vos froideurs froissées, héritière
Des rosées, volent une à une.
Aussi le nid du noir sans lune :
Mes toutes-puissantes paupières
Horizon libéral assiège
Moi : ce trou noir debout, colonne
Où l’ombre pensive empoisonne
Un coeur sans main, sans bras d’acier.
Archet-né sonnons plein silence !

Je crache au baiser d’air du temps
Il bruit -flèche-moi – sans parler.
Fais le jeu d’un biceps géant
Ma droiture !
Pour Qui te lance
Sans yeux dehors
Ni au-dedans.

 

Olivier Larronde

 

         On cherche. Paris… Larronde se présente de nouveau. Jean Genet est foudroyé. Le jeune homme est bien l’ange pseudo déchu d’avance qu’il avait pressenti. On demande à l’adolescent lecture de ses poèmes.

         Pontalis, présent lors de ce qui paraît pour un Larronde ébouriffé, mal engoncé, une sorte d’exécution capitale, témoigne : « Genet demanda à Olivier Larronde de nous lire un de ses poèmes qu’il avait composé la veille ou la nuit précédente. Je revois Olivier adossé à un radiateur derrière la porte de la chambre, les boucles blondes de ses cheveux lui tombant sur les yeux, aveugle et muet (c’était un feuillage qui parlait)… Olivier Larronde était muet, il ne pouvait rien dire d’autre que les poèmes qu’il portait en lui… Olivier Larronde, était, à n’en pas douter, le dernier rejeton de l’illustre lignée des poètes maudits. » Jean Genet pleure, fond littéralement en larmes, tant il est ému…

         Qu’est-ce donc qu’un « maudit » ? Classification. Oubli. Méandres de la littérature. Existence avortée… Archiver, de poète en poète, trier d’auteur en auteur celui qui sut cependant par sa nature, peut-être, par son vécu et son passé, se forger autre qu’une « âme », dépassant – c’est à débattre – le sens du sens des choses, notre environnement, le quotidien de notre quotidien, redonnant toujours, à chaque lecture, de la force au silence caché derrière les mots, comme s’il y avait une réponse secrète lorsqu’on écoute le vent se plaindre des saisons.

         Epiléptique avéré, aux prises avec l’alcool et l’opium, tenté de répondre sans doute au malaise d’un siècle qui surbanise à revers d’une humanité sans cesse en mouvement, son propre passé, sa destinée hors norme, Olivier Larronde nous quitte physiquement le 31 Mars 1965, à l’âge de 38 ans. L’Albatros s’est brûlé les ailes, maladroit d’être ce qu’il était, piteusement relégué aux oubliettes des bibliothèques insalubres qui s’empoussièrent d’aligner, par inadvertance – ce qui est à espérer, l’inadvertance -, l’abondance d’une curieuse hégémonie par trop souvent normative, lors que certains se défendaient d’en mourir trop vite, vivant parmi les vivants.

         Comparé abusivement à un style rimbaldien, névralgique et nervalien de surcroît, Olivier Larronde jette ses cendres fécondes, enterré au cimetière de Samoreau, en Seine-et-Marne, à quelques allées de la tombe de Mallarmé dont il était un fervant fidèle. Rien voilà l’ordre (un anagrame), publié en 1959, sera illustré, immortalisé, par 31 dessins de Giacometti.

François Reibel

 

Olivier Larronde

 

 

 

 

 

Dessin d’André Beaurepaire avec un quatrain improvisé d’Olivier Larronde LImages 1

Les Temples foudroyés (février 1945) – Encre de Chine sur papier.  

 

 

Plaque sur la tombe d'Olivier Larronde

 

 

Oeuvres d’Olivier Larronde

Rien voilà l’ordre, illustré de 31 dessins d’Alberto Giacometti, L’Arbalète / Barbezat, 1959
L’Arbre à lettres, L’Arbalète, Décines, 1966
Les Barricades mystérieuses, L’Arbalète, Décines, 1990
L’Ivraie en ordre : poèmes et textes retrouvés, Textes réunis par Jean-Pierre Lacloche avec le concours de Patrick Mauriès, Le Promeneur, Paris 2002
Oeuvres poétiques complètes, Le Promeneur, Paris 2002

AU DEMEURANT DE NOUS


Les planches courbent d’efforts pour mener la pose de l’arêtier qui étanchera le faîte

Le profil que ton flanc oppose au redressement montre la jeunesse de l’espoir tombant du plein-sein

J’aspire à la douleur de mes reins due au labour

Entendre notre cri pousser bien

après Nous confirme notre sagesse de fous

Le feu n’a pas détruit la fertilité de l’eau

Comme une signature actée

N-L – 27/11/18

BRIBES (X)


P1050759

BRIBES (X)

« Le pas nu et chantant dans les bouches… »

B.A.

Le clouté du passage n’ayant pas de fakir pour maintenir le serpent au fond du panier par sa flûte, les braises firent barbe cul à la plante des pieds

tout est bon pour briser la guérison quand le roi et sa cour s’affolent

la paranoïa est mise en avant

Non je ne suis pas un demeuré à qui il faut expliquer que c’est pour le bien qu’on taxe comme  on éradiquerait une fausse maladie par un mal à côté

Dire à tout va que le prix des casseurs et les victimes incombent aux gilets jaunes, c’est comme si le dément me disait à part moi ils sont tous fous

Mon sens prémonitoire se joue de l’ignorance

hier j’ai senti l’attente à la manière dont mon cheval m’a tiré au labour, quand il a cette force de semer alors que le chant a tous les aspects d’un lieu de Gobie, ça signifie que l’espoir n’est pas un rêve passant…

Niala-Loisobleu – 27/11/18