BRIBES (VII)


 

 

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BRIBES (VII)

 

Rideau métallique d’un bruit qui chasse à cour

la meute aboie

aux trousses de l’envie d’assouvir sans différencier le vulgaire du sacré

Passe  et perd

le trou du fond de pipe se culotte

Suie -je se demande le culot pour qui rien ne repousse bien que rien n’attire

Soudain sans forcer la blancheur ailée nidifie

l’Arbre devient totem le feu s’allume et consume le geste ordinaire…

 

Niala-Loisobleu – 25 Novembre 2018

2 réflexions sur “BRIBES (VII)

  1. ATIBON-LEGBA
    Je suis
    Atibon-Legba

    Mon chapeau vient de la
    Guinée

    De même que ma canne de bambou

    De même que ma vieille douleur

    De même que mes vieux os

    Je suis le patron des portiers

    Et des garçons d’ascenseur

    Je suis
    Legba-Bois
    I.egba-Cayes

    Je suis
    Legba-Signangnon

    Et ses sept frères
    Kataroulo

    Je suis
    Legba-Kataroulo

    Ce soir je plante mon reposoir

    Le grand médicinier de mon âme

    Dans la terre de l’homme blanc

    À la croisée de ses chemins

    Je baise trois fois sa porte

    Je baise trois fois ses yeux !

    Je suis
    Alegba-Papa

    Le dieu de vos portes

    Ce soir c’est moi

    Le maître de vos layons

    Et de vos carrefours de blancs

    Moi le protecteur des fourmis

    Et des plantes de votre maison

    Je suis le chef des barrières

    De l’esprit et du corps humains !

    J’arrive couvert de poussière

    Je suis le grand
    Ancêtre noir
    Je vois j »entends ce qui se passe
    Sur les sentiers et les routes
    Vos cœurs et vos jardins de blancs
    N’ont guère de secrets pour moi
    J’arrive tout cassé de mes voyages
    Et je lance mon grand âge
    Sur les pistes où rampent
    Vos trahisons de blancs !

    Ô vous juge d’AJabama

    Je ne vois dans vos mains

    Ni cruche d’eau ni bougie noire

    Je ne vois pas mon vêvé tracé

    Sur le plancher de la maison

    Où est la bonne farine blanche

    Où sont mes points cardinaux

    Mes vieux os arrivent chez vous

    juge et ils ne voient pas

    De bagui où poser leurs chagrins

    Ils voient des coqs blancs

    Ils voient des poules blanches

    Juge où sont nos épices

    Où est le sel et le piment

    Où est l’huile d’arachide

    Où est le maïs grillé

    Où sont nos étoiles de rhum

    Où sont mon rada et mon mahi

    Où est mon yanvalou ?

    Au diable vos plats insipides

    Au diable le vin blanc

    Au diable la pomme et la poire

    Au diable tous vos mensonges

    Je veux pour ma faim des ignames

    Des malangas et des giraumonts

    Des bananes et des patates douces

    Au diable vos valses et vos tangos

    La vieille faim de mes jambes
    Réclame un crabignan-legba
    La vieille soif de mes os
    Réclame des pas virils d’homme !

    Je suis
    Papa-Legba

    Je suis
    Legba-Clairondé

    Je suis
    Legba-Sé

    Je suis
    Alegba-Si

    Je sors de leur fourreau

    Mes sept frères
    Kataroulo

    le change aussi en épée

    Ma pipe de terre cuite

    Je change aussi en epee
    Ma canne de bambou
    Je change aussi en epee
    Mon grand chapeau de
    Guinée
    Je change aussi en épée
    Mon tronc de médicinier
    Je change aussi en épée
    Mon sang que tu as versé !

    O juge voici une épée

    Pour chaque porte de la maison

    Une épée pour chaque tête

    Voici les douze apôtres de ma foi

    Mes douze épées
    Kataroulo

    Les douze
    Legbas de mes os

    Et pas un ne trahira mon sang

    Il n’y a pas de
    Judas dans mon corps

    Juge il y a un seul vieil homme

    Qui veille sur le chemin des hommes

    Il y a un seul vieux coq-bataille

    O juge qui lance dans vos allées

    Les grandes ailes rouges de sa vérité !

    René Depestre

    Je t’embrasse mon Alain…

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