DERRIERE LA PORTE VERTE


IMG_0558

DERRIERE LA PORTE VERTE

 

 

J’ai remonté à ça voir

alors que tu avais l’orteil à tremper dans la traversée par le gué.

Parvenu à la fosse poplitée ton sursaut m’éclaira.

Je voulais mieux que souvenir, initier. Trouver derrière pour devant

en te découvrant au premier âge avant que disparaisse l’estran d’avant marée-haute.

 

 

Entre les stèles à la diagonale du clocher où l’aïeule à la corde sonnait, j’ai reconnu la respiration de ton derme nu, rien d’herbe pour le ralentir, rien de caillou pour le bloquer,  tout était à ouvrir.

 

 

Quand je marche au coeur de la forêt des mystères, un arbre est toujours au Centre, pour marquer de sa colonne la destinée du premier pas. Le juvénile d’une tes mèches fait étendard., pendant qu’un orchestre barbare se remet à la chanson douce.

 

 

Au bout de la flèche vibre le ruban de l’arc de ton balancement.

 

 

Niala-Loisobleu – 6 Novembre 2018

 

TON VOIR SENTIR


d8c217c1c2251e967a8d7ee771c34fa6

TON VOIR SENTIR

 

Cette membrane qui vibre

par où la couleur  va rejoindre le sens de tes mots

j’y palette d’un couteau à trancher l’indistinct.

 

La brume des émotions égarées alentour

colle au mur

par la ficelle mise au clou

tenant le  tableau naturalisé par un empailleur de passage

 

Le touché de ta chair écorchée se fait regard

tes seins allaitent l’étendue vibratoire qui touche aux pores

tu t’engrosses avec l’oeil de ton ventre.

 

Niala-Loisobleu – 06/11/18

AIMER


4090e08065c5ab74353b39dab14b69e0

AIMER

Il est minuit dans les cages vertes

Minuit comme un chardon bleu dans du verre bleu

Comme une ombrelle ouverte dans le ciel vert

Il est minuit un feu mouillé coule sous l’écorce

Un feu biseauté et de roseau tranché

Un feu de fruit coupé

Derrière le rideau soulevé des rapaces écarlates

Il est minuit et le verre nocturne

Fend doucement la chair nocturne

Il est minuit comme un prisme

Au bout des seins de cette femme amoureuse

Qui tient une aile entre ses dents

Minuit comme un diamant

Sur le sexe tremblant de cette femme abandonnée

Qui jette des dragées blanches aux orties blanches

Il est minuit comme un pavot éclaté

Dans les yeux démesurés de cette femme solitaire

Qui fait tinter tout son sang dans la nuit

Minuit comme un couteau dans une orange

Au cœur rouge de cette femme triste

Qui veille au pied de ses statues mortes

Il est minuit comme un corbeau sur un œuf

Dans les mains pâles de cette femme nue

Qui joue avec de petits sabliers nus

Il est minuit entre les hommes

Comme un fût d’air entre deux faulx.

 17 juillet 1941

 
Marc PATIN

(Poème extrait de Christophe DAUPHIN, Marc Patin, le surréalisme donne toujours raison à l’amour, Librairie-Galerie Racine, Les Hommes sans Epaules, 2006