NOTRE JARDIN BLEU 5


 

NOTRE JARDIN BLEU 5

 

Puisque tu me regardes

Tu sais que les ombres qui s’attardent

Ne peuvent rien contre nos plus fiers chevaux

Lancés à l’assaut de la clarté apaisée

Et que le sabot au sablier

Comme des enfants de grand sommeil

Nous sommes partis pour rester

Par le murmure et le reflet

Fidèles aux fruits vermeils

Et à l’eau volage déroutée

De son lit convenu.

 

 

Puisque tu me regardes d’un oeil nu

Comme une fleur retournée sur la fraîcheur de la terre

Tu sais comme la beauté mène l’obscur à la lumière

Et que rien ne peut la déranger

Qu’un coeur martelé d’un savoir obtus

Porté sur des couches de vêtements usés.

 

 

Le jardin bleu a franchi la fenêtre de la chambre

Comme on s’ajuste aux choses de toujours

Et le ventre des collines a revêtu son ambre

Pour enjamber la margelle du jour.

 

 

Comme un grave écho de toi

Attendant son retour

Regarde-moi.

 

 

Barbara Auzou

 

P1050736

 

NOTRE JARDIN BLEU 5
NIALA/2018
Acrylique s/carton toilé 46×38
Encadré

PRE DESTINATION


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PRE DESTINATION

 

Encore marquée des tonalités du fond la surface glisse en un scintillement musical donnant une impression vivifiante. Les restes de colonnes d’une architecture antique vont parfois mieux avec un imaginaire contemporain. La pensée dépouillée de forme hostile se montre si paisible qu’on a envie de se la prendre en 3 D.

La route barrée par un jeu pédestre montrant un chemin bordé d’arbres centenaires, je l’ai suivi sans gêne. Assise à mon côté tu pensais comme moi que la course à pied ça entretient autant les idées fausses que de rares vérités.

Luisant comme un vers, c’est éblouissant mais sympathique d’avancer face au soleil.

Parle-moi. Sympathique, tes mots me conduisent à penser au Petit Robert qui a du vocabulaire. Une phrase en suspens sur la langue, inutile de la traduire. L’oeil l’a fait.

Au-dessus du fleuve la vapeur d’eau fait bruisser les feuilles. Ecris-moi encore. Je pense à la forme du souffle que prend la course du stylo en levant l’encre pour rejoindre l’absolu  .Traversant le bord de mer pour rejoindre les îles. Sans que les meuhs des vaches étendues laissent entrevoir leurs pensées.  Là où elle paissent le sacré à une couleur safran qui sent les Indes…

Niala- Loisobleu – 13/10/18