Notre Jardin ne débleuit pas


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Notre Jardin ne débleuit pas

Quand la marée va son chemin, j’aime voir ta lune briller dans tous ses quartiers. Il arrive qu’un Saturne toujours en quête de mal, s’y glisse, surtout quand elle se fait pleine. Manger la mer, me fait lever l’encre, pour écrire des mots d’amour simples. L’eau qui sommeille réveille nos levés. Sur un coin de palette, ta place bronze au tapis, les poings fermés sur le tempo du pouls.

C’est en Nous qu’il fait clair, assieds-toi, laisse couler le poids des fatigues.

Des morceaux de bois flottés sont amarrés aux pontons. Il me semble, en les regardant tanguer, voir émerger un plateau de langues portuaires; Des goualantes sortent des trous vermoulus, comme un bruit qui se déverse au fond du verre. Morceaux de monde réunis à quai. Une manche à air dépontée, étouffe sur un tas de tuiles. Jaune d’or, rouge carmin, vert bouteille, bleu cyan, une autre vie nait ici. Alentour, les murs des cabanes s’associent aux débauches végétales des trémières qui grimpent au ciel sans tuteurs, dans les senteurs de vase, de goudron, teintées d’iode. Notre Jardin ne débleuit pas et  le chevalet monte à marée…

Niala-Loisobleu – 28/09/18

8 réflexions sur “Notre Jardin ne débleuit pas

  1. Les bleus que ça laisse s’estomperont doucement…C’était un message à Saturne.

    Malgré la pluie et le coeur exposé
    nous allons
    plus haut
    plus voyageurs
    moi dans l’appel
    toi dans le soleil qui lui répond

    nos joies nous escortent
    plus loin que les routes
    et le malheur rusé des hommes

    Soudain ma parole
    est un mur dont tu es le jardin

    Parcourons encore contre l’usage
    et contre ceux qui dorment
    sous un cil trop éteint
    cherchons l’autre patrie

    Il est des nuits non-civilisées
    pour la hâte des lèvres
    et la vigueur des parfums

    Eveille-toi avant les larmes
    tu sais que ta main est sauve

    Jean-Pierre Siméon. Lettre à la femme aimée au sujet de la mort.

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