Notre Jardin ne débleuit pas


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Notre Jardin ne débleuit pas

Quand la marée va son chemin, j’aime voir ta lune briller dans tous ses quartiers. Il arrive qu’un Saturne toujours en quête de mal, s’y glisse, surtout quand elle se fait pleine. Manger la mer, me fait lever l’encre, pour écrire des mots d’amour simples. L’eau qui sommeille réveille nos levés. Sur un coin de palette, ta place bronze au tapis, les poings fermés sur le tempo du pouls.

C’est en Nous qu’il fait clair, assieds-toi, laisse couler le poids des fatigues.

Des morceaux de bois flottés sont amarrés aux pontons. Il me semble, en les regardant tanguer, voir émerger un plateau de langues portuaires; Des goualantes sortent des trous vermoulus, comme un bruit qui se déverse au fond du verre. Morceaux de monde réunis à quai. Une manche à air dépontée, étouffe sur un tas de tuiles. Jaune d’or, rouge carmin, vert bouteille, bleu cyan, une autre vie nait ici. Alentour, les murs des cabanes s’associent aux débauches végétales des trémières qui grimpent au ciel sans tuteurs, dans les senteurs de vase, de goudron, teintées d’iode. Notre Jardin ne débleuit pas et  le chevalet monte à marée…

Niala-Loisobleu – 28/09/18