DERNIER DIMANCHE DE L’ÉTÉ


DERNIER DIMANCHE DE L’ÉTÉ

(Le ciel détruit, le pâle échafaudage en feu sur la vallée où les chemins, aux abords du village, rôdent comme l’idiot ; et le disque de l’étang mort haut
déjà sur les vignes dévoyées par cette brûlure : dimanche dans le long délabrement des cloches, le tonnerre muet du temps.)
Qui nous délivrera ; qui viendra nous chercher dans ces

décombres ?
Est-il vrai qu’au bas du jardin où l’on brûle des ronces
La fumée invisible a pressenti le vent d’automne
Et qu’un frisson de l’oseraie a desserré les dents
Qui traînent l’horizon dans sa propre poussière ?
Le jour aux yeux crevés reste seul assis sur la place ;
Durent jusqu’à la nuit sous les hangars méconnaissables
L’angoisse des enfants et la tristesse des outils.

 

Jacques Réda

 

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Ramassé sous la jupe au coeur de la baie salée, un dernier château pour l’Espagne prend le train des grandes marées. La mer mouille entre ses jambes le plongeon du dernier cormoran à la pêche.

Des raisins les chais calculent en vent d’ange pour tirer la grêle au lointain des bouilleurs, en automne ce qui ressort de l’or des feuilles pour couronne. La paresse d’un banc épargné par la horde des vacanciers se pourlèche d’une ultime sieste au soleil. On revivra les amours estivales dans le serre-fesses du métropolitain, un bronzage grand tain dans le rétroviseur, une marque du maillot accrochée sur la cheminée qu’il va falloir ramoner.

Les enfants cherchent le chien laissé accroché à l’arbre du chemin.

C’est bientôt la Toussaint ça tombe bien

pour pousser les cris sans thèmes d’un like sur le quotidien….

N-L – 22/09/18

 

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