JE RETOURNE LE TAIRE POUR QUE POUSSE NOTRE JARDIN 3


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JE RETOURNE LE TAIRE POUR QUE POUSSE NOTRE JARDIN 3

 

La tôle frappée des pensées non retenues entraîne les stimuli sensoriels.

Derrière le papier-peint l’espace a le goût du plâtre. La fissure insinue l’air.

Marches-tu sur un fil qu’à peine mus, tes pieds me jettent leurs chansons aux paumes.

Coeruléum les pierres aiguisées au fusil, ont allumées un rai sous ma porte.

J’ai pu lire ta présence l’instant de l’éclair.

Mot à mot.

En courant sur la passerelle de tes voyelles.

Cadnium d’un escabeau jaune levé le premier.

Des rouges remuent aux queues des branches, déplaçant le suc sorti de la motte de tes reins adossés à l’espalier. Une nervure prometteuse à la ligne de la feuille.

 

La chambre dans l’espace

Tel le chant du ramier quand l’averse est prochaine – L’air se poudre de pluie, de soleil revenant –, je m’éveille lavé, je fonds en m’élevant ; je vendange le ciel novice.

Allongé contre toi, je meus ta liberté. Je suis un bloc de terre qui réclame sa fleur.

Est-il gorge menuisée plus radieuse que la tienne ? Demander c’est mourir !

L’aile de ton soupir met un duvet aux feuilles. Le trait de mon amour ferme ton fruit, le boit.

Je suis dans la grâce de ton visage que mes ténèbres couvrent de joie.

Comme il est beau ton cri qui me donne ton silence !

René Char

Les Matinaux, La Parole en archipel, © La Pléiade, p.372

 

Je dirais à tout le Monde comme je t’aime en dehors de lui. A toi je tairais l’artificiel.

Mes mains iront écoper les sueurs de la canopée, pour ranimer les volcans éteints.

Pas besoin d’un silex. Il suffit que tu dégrafes tes bras.

Vas où la virginité indélébile regarde les viols s’autodétruire. J’ai ta robe blanche à nos nuits pures.

Les arbres sont en orée des clairières. J’ai peint.

Pour limer la solitude stérile au ras des barreaux du lit des rivières.

Un rose tyrien émergé de ta poitrine. Pris à pleine bouche.

L’eau pure fait chanter tes battements de pieds.

Ecailles dépeignées tu bruisses aux branchies de mon oui.

Tu as aboli le temps. Empalant la pendule sur les aiguilles d’un maquis corse.

Ils seront aucun. Nous serons deux à comprendre l’autodafé

Ma mer cobalt rejoint les ocres où les coraux se reproduisent. A pas lents d’une course océane.

Je l’aime partout

Nage ma Muse dans la transparence de ton rayon.

Je t’aime à la force du souffle que ton existence met à l’énergie créatrice de mes doigts !

 

Niala-Loisobleu – 19/09/18

6 réflexions sur “JE RETOURNE LE TAIRE POUR QUE POUSSE NOTRE JARDIN 3

  1. Les pierres de rocaille de mes voyelles s’en émeuvent à entonner le chant clair de l’instant parfait…Et je n’ai ré-ouvert les yeux qu’une fois arrivée à bon port…
    Je ne quitte pas ce jardin bleu qui prépare une troisième variation du m’aime…
    Je t’embrasse mon Alain…

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