NOTRE JARDIN BLEU 2


NOTRE JARDIN BLEU 2

Que peut-on pour le monde

sinon nous promettre d’arracher

ce que l’on est à son fantôme froid

et notre cheval clairvoyant est rentré

à l’écurie peiné , boitant, mais droit

par la porte à deux battants

ouverte sur sur ce grand tout aux cendres retombées

sur le végétal à jamais innocent.

Nous resterons silencieux à soutenir notre effacement

par les yeux

par la peau

par ce peu de mots clairs

arrachés à la mâchoire immonde

et la main se souvient et dessine

la saison des corps sous le feu nomade

qui se balance à l’amble de l’abri sédentaire.

Les coqs déboutés de leur faconde et de leur fortune

saluent maintenant comme des métronomes

nos nuits de plumes couchées sur papier de verre.

Notre jardin bleu est un oeuf de lune

dont nous habitons le jaune.

Barbara Auzou

P1050722

Notre Jardin Bleu 2 – 2018 – Niala – Acrylique s/toile 61×50

15 réflexions sur “NOTRE JARDIN BLEU 2

  1. L’effacement n’est pas disparition, mais présence et conscience aiguë de ce qui fait la charpente d’une vie choisie…Ton magnifique tableau est à lire comme un chemin…
    Je t’embrasse fort et retourne couver mon œuf…

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  2. Avant de rejoindre les nomades

    Les séducteurs allument les colonnes de pétrole

    Pour dramatiser les récoltes

    Demain commenceront les travaux poétiques

    Précédés du cycle de la mort volontaire

    Le règne de l’obscurité a coulé la raison le diamant dans la mine.

    Mères éprises des mécènes du dernier soupir

    Mères excessives

    Toujours à creuser le cœur massif

    Sur vous passera indéfiniment le frisson des fougères des cuisses

    embaumées
    On vous gagnera
    Vous vous coucherez .

    Seuls aux fenêtres des fleuves
    Les grands visages éclairés
    Rêvent qu’il n’y a rien de périssable
    Dans leur paysage carnassier.

    Les Observateurs et les rêveurs, René Char.

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    • Nous ne pouvons rien d’autre pour le monde que faire en sorte de tenir nos promesses vives. Chaque motte tient plus d’espoir que des hectares de blé soumis aux boulimies d’actionnaires impétueux. Le beau reste parce que sa richesse infinie est d’être pauvre en tant que produit. Notre jardin est bleu d’ô séant à l’écart de l’élevage artificiel. Qu’est-ce qu’un jour sinon la direction de nos pas ma Barbara ?

      PENSÉES SOUS LES NUAGES

      _
      Je ne crois pas décidément que nous ferons ce voyage

      à travers tous ces ciels qui seraient de plus en plus clairs,

      emportés au défi de toutes les lois de l’ombre.
      Je nous vois mal en aigles invisibles, à jamais tournoyant autour de cimes invisibles elles aussi par excès de lumière…

      (À ramasser les tessons du temps, on ne fait pas l’éternité.
      Le dos se voûte seulement comme aux glaneuses.
      On ne voit plus que les labours massifs et les traces de la charrue à travers notre tombe patiente.)


      Il est vrai qu’on aura peu vu le soleil tous ces jours,

      espérer sous tant de nuages est moins facile,

      le socle des montagnes fume de trop de brouillard…

      (Il faut pourtant que nous n’ayons guère de force

      pour lâcher prise faute d’un peu de soleil

      et ne pouvoir porter sur les épaules, quelques heures,

      un fagot de nuages…

      Il faut que nous soyons restés bien naïfs

      pour nous croire sauvés par le bleu du ciel

      ou châtiés par l’orage et par la nuit.)


      Mais où donc pensiez-vous aller encore, avec ces pieds usés ?

      Rien que tourner le coin de la maison, ou franchir, de nouveau, quelle frontière ?

      (L’enfant rêve d’aller de l’autre côté des montagnes, le voyageur le fait parfois, et son haleine là-haut devient visible, comme on dit que l’âme des morts…
      On se demande quelle image il voit passer dans le miroir des neiges, luire quelle flamme, et s’il trouve une porte entrouverte derrière.
      On imagine que, dans ces lointains, cela se peut : une bougie brûlant dans un miroir, une main de femme proche, une embrasure…)

      Mais vous ici, tels que je vous retrouve,

      vous n’aurez plus la force de boire dans ces flûtes de

      cristal, nous serez sourds aux cloches de ces hautes tours, aveugles à ces phares qui tournent selon le soleil, piètres navigateurs pour une aussi étroite passe…

      On vous voit mieux dans les crevasses des labours, suant une sueur de mort, plutôt sombres qu’emportés vers ces derniers cygnes fiers…


      Je ne crois pas décidément que nous ferons encore

      ce voyage, ni que nous échapperons au merlin sombre une fois que les ailes du regard ne battront plus.

      Des passants.
      On ne nous reverra pas sur ces routes, pas plus que nous n’avons revu nos morts ou seulement leur ombre…

      Leur corps est cendre, cendre leur ombre et leur souvenir ; la cendre même, un vent sans nom et sans visage la disperse et ce vent même, quoi l’efface ?

      Néanmoins, en passant, nous aurons encore entendu

      ces cris d’oiseaux sous les nuages

      dans le silence d’un midi d’octobre vide,

      ces cris épars, à la fois près et comme très loin

      (ils sont rares, parce que le froid

      s’avance telle une ombre derrière la charrue des pluies),

      ils mesurent l’espace…

      El moi qui passe au-dessous d’eux, il me semble qu’ils ont parlé, non pas questionné, appelé,

      niais répondu.
      Sous les nuages bas d’octobre.
      Et déjà c’est un autre jour, je suis ailleurs, déjà ils disent autre chose ou ils se taisent, je passe, je m’étonne, et je ne peux en dire plus.

      Philippe Jaccottet

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        • LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE

          Passé le genou où la main se creuse

          comme une semence qui germe

          en soulevant un peu la terre,

          je vais vers ton ventre comme vers une ruche endormie.

          Plus haut ta peau est si claire

          que les jambes en sont nues pour tout le corps

          et mon regard s’y use

          comme au plus tranchant d’un éclat de soleil.

          Au-delà, il y a ta lingerie qui sert à t’offrir

          et à colorer mon désir.

          Tes cuisses, lisibles de toute leur soie, se desserrent

          et je vois la ligne de partage de ta chair.

          Géants de la sensation,

          mes doigts vont se fermer

          sur le seul point du monde

          où se carbonisent des hauteurs entières de jour.

          Et c’est enfin la pleine rivière que e remonte sans effort, parce que tes seins s y élèvent comme deux cailloux à fleur d’eau.

          Dès que tu entres dans ma chambre tu la fais se tourner vers le soleil.
          Le front sur toi de la plus faible lueur et c’est tout le ciel qui t’enjambe.

          Pour que mes mains puissent te toucher

          il faut qu’elles se fraient un passage

          à travers les blés dans lesquels tu te tiens,

          avec toute une journée de pollen sur la bouche.

          Nue, tu te jettes dans ma nudité comme par une fenêtre au-delà de laquelle le monde n’est plus qu’une affiche qui se débat dans le vent.

          Tu ne peux pas aller plus loin que mon corps qui est contre toi comme un mur.
          Tu fermes les yeux pour mieux suivre les chemins que ma caresse trace sous ta peau.

          LE couple que nous formons ne naît bien que dans l’ombre et, nus, nous allons à la conquête des eaux dormantes d’où le désir surgit comme un continent toujours nouveau,
          à celle des orages qui tombent en nous, lourds et chauds,

          à celle de tous les végétaux dont il nous faut, lèvres à lèvres, briser l’écorce tendue, à celle des fenêtres dans lesquelles ta chair dérive
          comme une jetée qui a rompu son point d’attache.

          Parce qu’ils sont les yeux de la terre, les carreaux se tournent vers ta gorge qui brille comme un peu de foudre en regagnant les fonds marins de la ville.

          Flanc contre flanc, nous descendons tous deux dans les souterrains où l’on perd corps et où les baisers que tu me donnes, que je te donne sont autant de pas que nous faisons l’un dans
          l’autre.

          Il me faut inventer d’incroyables pièges de chair pour prendre le monde dans un baiser, il me faut abattre les murailles dont tu t’entoures pour que le plaisir puisse te couper en
          deux.

          C’est alors que l’air est dans ma bouche la racine même de l’espace et des fruits que, pour me laisser passer de ma vie à ta vie, tu te fais arche des épaules aux pieds.

          Partout sur les murs, sur les visages

          la lumière se dévêt de sa lingerie

          et montre son beau ventre de femme

          d’où l’ombre tombe comme une fourmilière écrasée.

          Car il y a vraiment de quoi vivre sur la terre, mais il faut avoir la force des arbres pour pouvoir repousser le ciel bas que la mort fait peser sur les paupières.

          L’espace est pris entre nos regards et nous n’avons que quelques gestes à ébaucher pour qu’il tombe à nos pieds sans faire plus de bruit que la dernière goutte d’eau d’un
          orage sur la forêt.

          Tu es plus nue sous mes mains que la pluie sur les tuiles, qu’un feuillage dans le matin, que les dents ensoleillant la bouche.

          Des insectes s’écrasent en plein vol sous notre peau, mes doigts ne cherchent pas à se protéger de la lumière qui s’élève du fond de tes yeux pour faire se lever
          dans les miens un jour insoutenable.

          Le reste de notre vie se fige autour de nous en hautes statues qui ne peuvent entrer dans le cercle de silence et de joie qui nous serre aux reins.

          Enlacés par l’herbe que l’air fait monter jusqu’à nos lèvres,

          nous oublions dans notre chambre les paysages

          qui venaient vers nous au pas de la terre,

          les beaux paysages qui nous prenaient pour des statues.

          Vagues s’en allant à la rencontre l’une de l’autre, nos corps n’ont que la flaque des draps pour apprendre que l’amour est une montagne qui s’élève à chaque coup de
          reins.

          Nous n’avons que nos bras et nos jambes pour serrer un instant les forêts qu’un éclat de soleil enfonce dans notre chair et fait flamber jusqu’au dernier arbre.

          Nos dernières paroles se sont arrêtées loin de nous, enfin coupées de leur tronc de sang.

          Nous entrons seuls dans un monde ouvert sur nos visages comme sur son propre noyau.

          J e cherche dans ta bouche la source du fleuve souterrain qui te parcourt en rejetant en haut des cuisses son écume de plante fraîchement coupée.

          Quand tu écrases ton ventre contre moi,

          quand mes doigts aiguisent ta gorge,

          tu as des mots doux comme la salive,

          des mots qui auraient poussé après un orage.

          De ton corps je fais un pont

          qui me conduit dans un monde

          où nos dents se cognent contre le même verre d’air,

          où nos regards à force d’être proches font la nuit entre eux.

          Je ne vis plus au jour le jour puisque tes baisers font partie de mon avenir et nous allons jusqu’au bout de la lueur que la foudre trace en remontant nos veines.

          Il me suffit de quelques gestes pour retrouver, enfouie sous ta peau, la plante nue que tu es et, vacillant de tout le soleil conquis par les ruisseaux, tu entres dans la nuit avec le jour
          devant toi.

          Je n’ai qu’à toucher la pointe de tes seins

          pour que soient soudain rompues les mille écluses

          qui retiennent entre nous un poids d’eau égal à celui de la mer,

          pour que toutes les lumières s’allument en nous.

          Et quand dans la clarté du drap,

          tu n’es plus qu’un éventail de chair,

          j’ai hâte de le faire se refermer sur mon corps

          par une caresse que je jette en toi comme une pierre.

          En te renversant sur le
          Ut,

          tu donnes à la clarté la forme même de tes seins

          et le jour use toute sa lumière

          à vouloir ouvrir tes genoux.

          Tu prends ta source dans le miroir qui coule du mur, tu as du soleil jusqu’au fond de la gorge, tu es neuve comme une goutte de rosée que personne n’a vue, que personne n’a bue.

          Tu as le cou fragile de ces oiseaux

          qu’on voit rarement se poser sur la terre

          et quand tu es dans la rue le regard des hommes

          monte autour de toi comme une marée.

          Derrière tes dents, ta chair commence avec ses aubépines de fièvre et de sang.
          Tu sais qu’elle est une prison dont mon désir te délivre.

          La caresse fait son bruit de poumon en cherchant dans tes cuisses le papillon qui s’y est posé, presque fermé en toi de ses ailes.

          Avec l’aveuglement d’une taupe, tu creuses l’air de tes seins.
          Autour d’eux mes mains s’élèvent comme une montagne coupée en deux.

          Tu m’accueilles dans un pays au centre duquel ton corps se dresse comme un feu de joie, simplement posé sur la fraîcheur de tes lèvres au point où l’espace se jette en
          toi.

          Tu es l’impasse vers laquelle j’accours

          avec la force des marées,

          avec la liberté des moissons

          qu’un coup de faux sépare du soleil.

          Nous ne parlons pas de l’amour qui nous lie

          parce qu’il est entre nous comme une bouteille sur une table

          et qu’il court de mes doigts à tes doigts

          avec la vitesse de l’éclair.

          Si je veux t’aimer sans rien perdre de ta clarté,

          je suis contraint de m’enfermer avec toi dans les pierres.

          Le jour écarte de temps en temps les rideaux,

          tache ton épaule et retombe dans la rue.

          Le silence même est fait de minéral et prend la forme des chambres qui le contiennent.
          Pour qu’il n’y entre point, c’est mille armoires qu’il aurait fallu pousser contre les portes.

          Notre nuit est imperméable et nos corps, se suffisant de l’air contenu dans un baiser, descendent jusqu’aux racines de l’arbre qui a nos têtes pour sommet.

          En plein front, en plein flanc,

          j’entends les pas que mon sang fait

          pour s’avancer de sommet en sommet

          jusqu’à celui dont il me faut dominer ton corps.

          Je lui en veux de me tenir enfermé dans un visage avec lequel je reste si seul lorsque mes épaules n’ont plus le tien à porter et que je te cherche en vain dans les
          miroirs.

          C’est pourtant par lui que je t’ai reconnue dans la rue

          dans un moment qui reste comme une source en pleine mémoire.

          C’est lui qui me permet à chaque instant

          de reconnaître ma vérité dans tes yeux.

          Tu ouvres la nuit la plus pleine

          de la pointe de tes seins.

          Tu viens vers moi dans le tournoiement d’une ville

          qui ne s’éclaire plus qu’à la clarté du désir.

          Je ne saurai jamais la distance à parcourir entre la lampe sourde de ton ventre et mon corps.
          Je sais que je te rejoins dans un baiser qui ne laisse point passer le jour.

          Sous ma main ensablée dans les caresses, il reste les hauteurs de ta gorge, vers lesquelles j’avance, la bouche pleine de soleil.

          A force d’avoir mon visage contre ton visage, j’oublie que le monde commence au-delà de ton regard.
          A jeter l’un dans l’autre nos plus sûrs filets, nous ramenons tous les poissons de la joie.

          .Le soleil se couche dans les flaques pour rester plus longtemps sur la terre.
          Tu ne peux plus t’en aller de ma chambre parce que je suis debout sur tes derniers pas.

          J’essaie de conquérir

          l’insecte que tu respires.

          Mais il s’échappe de mes lèvres

          pour aller se poser sur mon sang.

          Tu ne peux plus sortir du filet que mes mains tendent sur toi, tu es au centre de l’étoile de mes pas, tu es l’unique réponse de ma vie.

          A nos regards pris dans la même pierre de présence,

          le monde arrive par une fenêtre

          où nous nous penchons parfois

          de nos corps, hauts comme des promontoires.

          La ville est au pied de la chambre où tu te tiens

          avec pour horizon celui de tes épaules

          et nous touchons jusqu’en son fond

          le vivier de feu qui donne sa mesure à l’été.

          Tu te refermes sans cesse sur moi

          comme deux vagues sur un rocher

          et nous n’avons qu’à nous laisser porter par la

          qui s’étend très loin autour de nos visages.

          Perdus dans un pays de chair et de caresses, nous vivons les quelques miniers d’années dont notre amour a besoin pour que naisse une étreinte de chaque goutte de notre sang.

          Je suis prisonnier de ton visage

          à la façon dont un mur l’est du miroir.

          Pesé par ton regard,

          le monde perd son poids de pierres.

          Le chant de ton sang sous la peau est aussi doux à entendre que celui des graminées poursuivies par le vent.

          Je sais que la mort ne peut rien me faire tant que tu restes entre elle et moi, tant que s’allume dans ta chair le ver luisant du plaisir.

          Le couchant tournoie sur chacun de tes ongles

          avant d’aller grossir la terre d’une dernière montagne de clarté

          ….

          et je peux voir a ton poignet les pas

          que ta vie fait pour venir jusqu’à moi.

          Au -delà de mes mains refermées sur toi, au-delà de ce baiser qui nous dénude, au-delà du dernier mot que tu viens de dire, il y a le désir que nous tenons vivant
          contre nous.

          Il y a la vie des autres qui remonte de la ville sans pouvoir aller plus loin que la porte derrière laquelle les murs écoutent à notre place le bruit que le cœur des hommes
          fait dans la rue.

          Tu dépasses les herbes

          de quelques hauteurs de soleil.

          Je te sens à peine bien que je sois sur toi

          comme sur la pointe la plus aiguë d’une montagne.

          Tu es entière contre chacune de mes mains, tu es entière sous mes paupières,

          tu es entière de mes pieds à ma tête, tu es seule entre le monde et moi.

          Le soleil reste sur ta bouche à la place où miroite encore un baiser.
          Ton visage lui appartient mais il me le rend pour des nuits plus longues que ma vie.

          Ton corps pour lequel je m’éveille s’éclaire plus vite que le jour parce que le soleil surgit à toutes les places où il y a des cailloux à pétrir.

          Les forêts se dénudent pour lui dans le secret de leurs clairières mais c’est sur ta gorge qu’il fait pousser ses plus beaux fruits.

          La terre lui présente une à une

          ses vallées les plus riches,

          mais c’est sur ton ventre qu’il s’arrête,

          simple bouquet de flammes.

          Le toit des villages est posé sur la terre et les prés fuient de toutes parts autour des murs blancs qui avancent d’une maison par siècle.

          Je pense à l’étonnement de ton ventre qui regarde toujours mon désir pour la première
          Je pense aux forêts que nous faisons tomber quand ma chair mûrit dans la tienne.

          Je pense à la hauteur de l’été

          sur la poussière des routes,

          au ruisseau qui s’arrête un instant de couler

          pour mieux s’éblouir de la nudité de la lumière.

          A rester debout dans ce pays démesuré de clarté, je sens que je n’ai pas asse de poumons pour retenir la vie qui vient vers moi à la façon dont ton corps vient vers le
          mien.

          Lucien Becker

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  3. Merci beaucoup Ray, il en est de même pour moi.Si cela ne te dérange pas, j’aimerais pouvoir utiliser de ts photos pour illustrer un article, merci de me le dire et bonne journée.
    Alain

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