ENTRE DEUX QUATRE HEURES


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ENTRE DEUX QUATRE HEURES

 

Un fond de percolateur crachant des saccades de vapeur ses oeufs durs, se pose autour du grand comptoir mouluré de cuivre rouge. Je pense à la bête mécanique logée aux tamponnoirs du quai des arrivées, rêvant d’autres départs. La gare s’est faite maritime, train de marées qu’un char-à-bancs traîne en un long voile blanc retenu par une couronne de fleurs des champs. Cézanne coupe des fruits, ses pommes ont la senteur d’un soir qu’on retient comme si on était sûr que Vincent serait de la veillée. Théo prend en notes l’aboiement des chiens fous qui sortent de la case de Paul. L’arbre rouge et ses tresses de chrome verdoie le profil des femmes aux seins nus, ballants comme une colline tenue en équilibre au-dessus de la plage. Les joueurs de manille se font un film de tripot de Macao. On ne voit plus la triste nudité du bordel tant la fumée des pipes endort la lumière, l’odeur de corps qu’en ont trop vus domine la part de rêve qu’il a fallu acheter à la mère-maquerelle plantée au tiroir-caisse. Si je ne disais pas une histoire vraie, l’enfant que je vis ne pourrait voir ce bleu qui déloge du panier de linge sale. Une rétention intestinale suit à coller la diarrhée gastro nommique d’un vocabulaire se nourrissant aux hypermarchés. Le maillot jaune sent la merde de l’analyse d’urine que chaque étape exige.J’ai monté quatre à quatre le petit escalier pour monter jusqu’à ton ventre. T’es sous les Toi cet immense jardin qui aurait disparu dans une histore de paumes à la con. Marcher sur les mains dans ton gazon me fait rire comme un vieux culbuto. Meuh, tu me meuh, avec entrain. Les copines de maternelle disent que j’ai du fada mais que ça leur plaît mieux qu’un mètre à penser qui mesure moins que l’étalon, on s’rait cons d’être des mômes qui veulent grandir, pisser dans le réservoir des sens de la marchande de bonbons c’est plus jouissif que sucer le bâton de son crayon pour avoir rien à dire. Les légumes du jardin ceuillis pour faire une jardinière d’enfants sont pas en vente sur internet des sites de rencontre. Je pense que tu penses à la m’aime chose, comme quand on a mieux à faire que de regarder l’affigeance de la télévision. Produit de mal bouffe mis en avant, un problème de transit qui a ses règles douloureuses. Dis tu m’aideras à t’embrasser si la vieillesse me mange de forces ?

Niala-Loisobleu – 09/09/18

TERRE OUVERTE


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TERRE OUVERTE

 

Qui sauf toi ne laverais pas les draps de nos ébats pour garder sous les yeux le cerne de leurs froissures et les refuges de leurs écumes, doux abris,  nids de sourires à l’éventrure protégée dans l’entre-bois de l’enchantement ?

Assis sur le cadre d’un bandonéon, comme la lumière cligne, je glisse, penché des deux bras sur l’échine à atteindre. Au chenal du décolleté des deux boules qui scintillent au plafond de tes aisselles.

Ombre qui passe dans les talons, lumière accroche-coeur d’un violon consenti.

Les quais sombrent, un cargo sans pavillon, quelques mauvais garçons qui jouent du coup tôt autour de jeunes filles rêvant de jeter leur chapeau au-dessus du premier moulin. La Mancha étend au loin son désir de flamenco que la sierra protège du Cid et des corbeaux en chaire de Burgos.

Lointaine fissure

pour rentrer d’où je sors

et vivre au bocage d’une vieille cabane isolée qui exhale l’amour courtois entre ses planches éventrées, je me fais ce sale gosse rousseur de vache qu’un trait de cheval laboure…

Niala-Loisobleu – 09/09/18