TU LA VOIS


Yannis Ritsos

TU LA VOIS ?

Il prend dans ses mains des choses disparates — une pierre
une tuile brisée, deux allumettes brûlées,
le clou rouillé du mur d’en face,
la feuille qui est entrée par la fenêtre, les gouttes
qui tombent des pots de fleurs arrosés, les pailles
que le vent d’hier a déposées sur tes cheveux — il les prend
et la-bas, dans la cour, il édifie presque un arbre.
En ce presque réside la poésie. Tu la vois ?

Yannis Ritsos

Roberto M. Giordi | Core ‘ngrato


Je pleure sans raison que je pourrais vous dire

Roberto M. Giordi. Core ‘ngrato. Riccardo Cordiferro (pseud. de Alessandro Sisca), paroles ; Salvatore Cardillo, musique.
Roberto M. Giordi, chant ; Piero de Asmundis, arrangements et production artistique. Extrait de l’album Il sogno di Partenope (à paraître).
Vidéo : Alessandro Freschi, réalisation et montage. Italie, 2018.

Le cher Roberto, le Napolitain de Paname, enlève le haut dans sa nouvelle vidéo. Le bas aussi, il ne faut pas en douter même si on ne le voit pas, car Core ‘ngrato, l’une des plus célèbres chansons napolitaines, parle de dépouillement absolu : « Tu m’as pris ma vie » dit le refrain. Ce morceau est le premier publié d’un album entièrement consacré à Naples, Il sogno di Partenope (« Le songe de Parthénope »), à paraître sous peu.

La chanson remonte à 1911. Le texte est l’œuvre d’un certain Alessandro Sisca, Napolitain émigré en 1892 aux…

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MAUX DE PIERRE


Reproduction, (C) Bloomsbury Auctions

MAUX DE PIERRE

 

Là devant à se répandre par bords, le tympan enflammé ressent une lancinante douleur

la jambe échappe à sa soeur au passage du genou

l’impression de figure de proue mise en poupe force alors que l’allure tourne à la cape

Il pleut dans une atmosphère trop lourde pour que la soif de l’herbe s’étanche dans le ton vers qu’elle trouve plus convenable que la craquelure apparaissant au fond de la rivière

Les paradoxes du temps sont en proie au lâcher-prise de la vérité, le mal ne peut rien à l’anémie de vivre, il resserre le garrot d’un tour de vice

En regardant sans trouver, sinon favoriser l’obsession, la couleur rabattue écoeure la toile comme un chant de lin où rien de bleu ne fleurirait…

Niala-Loisobleu – 06/09/18

PAR LE CHEMIN DE PEINDRE


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PAR LE CHEMIN DE PEINDRE

Peindre

donner à son âme

le droit de représentation

en tous endroits

en toutes circonstances

d’acte et de pensée

par rapport au froid et au chaud de son poil

par le lien que la sensibilité capte, rapport émotionnel

par la spontanéité du geste mu des stimuli reçus

de l’heur de son horloge interne

Devenir siamois du pigment

étreint du pinceau

buvant le médium

qui nargue le couteau

d’un désir d’empâtement

qui peut se faire vapeur d’eau pour pierre

Matière de soi

née du quelque part d’autres

Sensualité affichée

par l’érection d’une forme

donnant l’orgasme à la composition

Peintre montre-toi nu

plus déshabillé que ton modèle

Dis ton combat pour trouver

ce que ton humilité doit taire

Couleur

tu es le teint du tant

dans l’humeur de ta souffrance du peu

Peindre avec l’alphabet de son écriture

du A comme je t’aime aujourd’hui

au Z comme en corps hier à deux mains

La peur unique au ventre

la peur qui crée

la peur qui stimule d’une poussée animale

la peur qui fait surmonter sa peur inadéquate

la peur qui veut que tu la lises espoir

contre l’arrêt brutal de courant pot au noir

désarroi

un rond à remplir de jaune

souligné de bleu vertical

Miroir du ressenti

de la présence

Rien ne se délie du touché ressenti

du vent porteur la vague peut tourner soudain en dérive

changement de direction

une onde passant d’un milieu dans un autre entraîne la réfraction qui dévie…

Niala-Loisobleu – 06/09/18