Les eaux de mon été -6/ Larmes, absolument !


Eternellement tripant…
N-L

De braises et d'ombre...

C’est tellement mystérieux le pays des larmes.

Saint-Exupéry – « Le Petit Prince »

Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Baudelaire – « L’invitation au voyage »

Le GuerchinLes larmes de Saint-Pierre (détail) – Musée du Louvre

Jamais, heureux homme, ni la toute-puissance impitoyable du soleil, ni l’accablante tyrannie des cieux, n’auront tari la source de tes larmes. Bénies soient-elles !

Si survenait pareille apocalypse, lequel de ton espèce resterait-il encore pour partager l’effroi de ton ultime frémissement ?

« Lasciami piangere » – Aria de Galsuinde extraite de l’opéra

« Fredegunda » composé par Reinhard Keiser en 1715

.

Joyce DiDonato (soprano)

Il Complesso Barocco dirigé par Alan Curtis

.

Illustrations et montage vidéo : Jeffrey Stivers

Laisse-moi pleurer
Puis mourir.

Ô mon trésor, accorde
Cet amer réconfort
A ma souffrance.

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CARNIVORE


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CARNIVORE

Broute, créature
Afin que ça dure

Encor
De voir s’enflammer
D’amour ton âme et

Ton corps.

Grignote tout cru
Le gazon bourru

Des landes,
Mais à belles dents
Mâche en frissonnant

Tes viandes.

Si l’eau des rivières
Contente les pierres,

Nos sœurs,
Quel fleuve d’histoire
Peut donner à boire

Au cœur ?

Le gai
Carnivore
Au dieu qu’il adore

Gloussant,
Réclame en naissant
La chair et le sang,

Le sang.

Je ne porte un costume qu’en de très rares occasions, ne m’en taillez point


1203- enfants jouant ˆ la marelle dans la rue - Paris 1960 ©Photo BLONCOURT

Je ne porte un costume qu’en de très rares occasions, ne m’en taillez point

Rien sur l’étagère pour soutenir une thèse d’home de paille. Toutes ces rumeurs, vous savez – il a la main leste, et son oeil à la fenêtre quand je monte nue sur l’escabeau, dans l’escalier c’est pire il est jamais devant vous – ah ça déglace la luette quand l’idée remontant la mini ne butte pas à la rigueur d’un petit-bateau sage à l’amarre. La mer monte, comme dit Léon.

Je ne porte un costume qu’en de très rares occasions, ne m’en taillez point.

Dans le passage à l’ombre de mes idées l’intime reste au soleil. Faut dire que si j’en faisais portrait le tissu pour l’habiller ne coûterait pas les yeux de la tête. Mais si. Il y a pire, marginal qu’on m’a appelé alors que mon identité c’était peintre atout heur, sans motif, le rêve, le beau ingéré restitué, des maisons amoureuses, des vaches sans besoin de train, la mer oui la mer et le tour de la terre avec mes bras à sa taille, ma langue dans la sienne et tout le poil qu’on met autour quand on ne cherche pas à se dénaturer, à se tatouer, se foutre de la ferraille aux endroits où on pourrait pas imaginer pouvoir se détester à ce point. Chaque fois qu’ils s’abîment c’est qu’ils s’en veulent et ce qui est terrifiant c’est qu’ils le cachent en disant c’est pour être beau que je m’esthétique au scalpel. Misère humaine, j’accuse, tout comme toi mon vieux Zola, l’homme est trop con pour se reconnaître et simplement voir qu’il a les moyens de ne plus l’être.

J’aime les mômes du caniveau, quand ma copine fait voir un bout de sa culotte blanche, c’est rien qu’un bout de pâquereettes dans notre chant commun de rondes en galoches.

Je vais aller me prêter l’oreille  et revient remuer la Pierre d’Eeu….

Niala-Loisobleu – 05/09/18