PIERRES D’EAU


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Toile en cours 61×46 – Niala 2018

 

PIERRES D’EAU

Pâte laissée au bord

tes doigts puisent d’eau

la couleur transpire

Bateau-maison d’aisselles

résidence  embouchure

qu’un estuaire confluente

Ces

Pierres

là avancent

nouvelle vision

comme aqua r’ailes en vie d’un épisode en cours

flux val

au 3 de 7 t’ambre d’un an de grâce à part

N-L – 03/09/18

LES MAISONS SUR PILOTIS


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LES MAISONS SUR PILOTIS

Le cercle lunaire roule sur lui-même sur les barres parallèles du rail. On l’a vu prendre l’eau d’un reflet vif au passage de la rivière. Si ce n’était la rentrée qui retient la liberté des rires de gosses n’ayant presse de finir adultes, les vaches joueuses qu’un lundi fait vide auraient volontiers aider à rire. Trop de réforme tue la source. Va trouver un chercheur d’hors par les temps qui courent, c’est mission impossible. Les corsaires sont en enseigne comme si le refus de s’enrôler faisait figure d’ex-voto. A la fenêtre du dernier fiacre cas à s’est volatilisé, ne reste plus que Caïn avec son oeil de blaireau. les doigts de ta main me pianote l’être à élire, c’est pas du t’soin-t’soin de sourd, je t’entends mon Coeur avec tout ce que ça implique de suite logique espérée. Si mon bateau de papier tient la houle je serais à quai dans moins d’une campagne européenne, cette prochaine pêche au con qui inquiète sans doute le monarque, vu qu’il hésite dans l’état d l’opinion. Les marelles si on les avaient pas je me demande comment je pourrais avoir cette envie de pisser à l’arrêt des abus.

Ton sale gosse.

Niala-Loisobleu – 3 Septembre 2018

MA MAISON BLEUE


MA MAISON BLEUE - NIALA 2010 - Acrylique sur toile 61x50 001.jpg

MA MAISON BLEUE – NIALA 2010 – Acrylique s/toile 61 x 50

MA MAISON BLEUE

 

 

Posée nulle part où tout se lotit, partout où les mauvaises herbes sont si hautes que les routes détournent le viol de la nature, où les rus qui sifflent entre les pierres se font crues torrentielles au premier bruit des chaînes des usines et de leurs vikings galères, elle se fait pré, buisson, carré d’avoine, luzerne dans un orchestre de garenne, assemblée d’abeilles, meules à aiguiser le sentiment, et toutes idées saugrenues, primesautières n’ayant d’autre but que celui de l’isoler des agressions de la société.

Elle s’est faite des quatre éléments, pour ne s’ancrer en aucun lieu d’idée sédentaire. A la fois radeau, cerf-volant, cheval, semelles de vents, oiseau, elle habite où bon lui semble, en dehors des impasses, au sein du libre-arbitre.

De fleurs boutonnées aux patères des aveux

De tiges de botte en couverture

De draps moirés du reflet des frissons

De confiture aux bords des ourlets de l’écuyère

Du roulis du cheval qui ouvre ses sillons

De senteurs boisées sur coulis de dos d’âne

De tomettes vertes à l’escabèche

De marches du palais à la luette

De caves en saoul pente

D’étages sans as censeurs

De meules et de regains en chambres

De greniers sans mal dedans

De fenêtres courant au-devant de l’horizon

De couloirs en coursives autours des océans

De lézardes aux murs d’enceintes

De pont-levis sur les eaux fortes

D’intentions inavouées mises aux glaces des armoires

De fantasmes accomplis dans le faire forgé des volcans impatients

L’arbre étend ses branches du levé au couchant, et les feuilles s’orientent aux quatre cardinaux.Elle porte tous les fruits et transporte les graines de l’amour de l’autre, au potager qui ne sait rien du produit conditionné. Planches aromatiques fuyant l’encens. Il n’y a pas de serrures aux portes, juste des échelles pour entrer.

Entre le soleil et la lune un arc-en-ciel arrose l’espace des eaux de la lumière. On dirait un tableau d’ailleurs. L’oeuvre d’un fou d’amour, d’un fou de vie, qui aurait recouvert la laideur des jours d’une couche de peinture aux pouvoirs magiques. Pellicule d’un glacis, croûte d’une pâte épaisse que les caresses des pinceaux, les lissages des couteaux appliquent en transparences ou enduits.

Elle est la verticale. Le yin et le yang ont posé leur cercle sur la diagonale.

Elévation symbolique qui réunit la Terre au Ciel, dans le passage purificateur du bleu. Les innocents gardent les mains plaines.

Niala-Loisobleu – 1er Janvier 2011

 

 

MAISON-MER


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MAISON-MER

Les falaises d’ardoise craient au mépris des conventions, elles suivent la voie du coeur

Comme le plumeau de mes doigts se fout de la poussière ménagère je dessine les appels qui me viennent

Aux étoiles les araignées tissent des fils pour les pensées trapézistes, on est au-dessus du vide qui tisse sans nous interroger, la vie est un refus de donner tout est , à commencer par le peu, à gagner sur soi

Combien de sentes avons-nous roulé, des charrettes plaines d’herbe fraîche

Des meules de nuages liées par des moissons d’étreintes

Des odeurs de savon au sortir des tubs de l’été

A la douche, rincés des pliures des draps de nos horizontalités chaotiques

Rouges tatouages des poulpes aux tentaculaires jeux

Jaunes mûrissements céréaliers dans la plaie d’un cri ouvert

Mauves glissements de chanvre au bas de ta nuque

Ocres des roussilles des pisées aux marches des espaliers

Blancheurs de riz flamandées du rose écornant le noir du toro

Là où les tissus volent toutes les musiques pour faire chanter les chemises

A l’écart des poules hurlant danger les gitans rodent

N’éteins pas mon rêve, il t’écrit mon Coeur !

J’ai vu des cerceaux de couleurs courir à l’assaut des buttes

Par bonds et rebonds de montgolfières qui se laissent ascendées

Des gosses mal débarbouillés les embrassant de fraise et de mûres aux coing des gelées

La barbarie terrassée par un orgue, se tenant à l’ombre sous l’olivier

Les traînées des tortures maculeront toujours les poteaux aux yeux bandés

La souffrance est comme le cierge qui est toujours remplacé

Lueur pour s’orienter dans ses ténèbres

Lueur pour poursuivre dans ses doutes

Lueur pour armer l’espérance, sur les parvis

Lueur pour se souvenir qu’il faut vivre et franchir la porte basse

La forêt en colonnade jette ses troncs par la rosace dans l’envol d’une harmonie

Descendons au plus enfoui pour trouver l’utopie

Et remontons la jeter comme on jette une passerelle entre deux rives

On s’en balance du vide, nos bras sont ouverts

N’éteins pas mon rêve, il t’écrit mon Coeur !

Tu te souviens du jour où tu m’as tendu ton creux pour que j’y jette mon encre

La route n’a pas été mise à péage, mais ça ne l’a pas empêché de nous coûter cher

De larmes de joie et de souffrance nous avons rempli ses fossés

Le temps grenouille se la faisant vilain crapaud sans le moindre scrupule

Ne donnant pas que les bons coups à nos reins, mais aussi les courbatures de tous les manques

La frustration ordinaire au prix fort de la sublimation c’est le choix difficile de la sélection

Des écrans gazeux flottent entre les pages, comme une étamine filtrante

Faisant des greniers en étages, comme une ruche au coeur d’un lieu mystérieux

Un lieu très secret que nous tenons à l’écart des autres

La grotte, la caverne, l’antre, le ventre de notre absolue intimité

Où je t’écris des toiles, des tableaux, des histoires folles sans queue ni tête

Ponctuées d’incessants je t’aime en bleu jour et en nuits bleues

Un jardin suspendu aux courbes d’un arc-en-ciel, qui va de toi à moi en cerf-volant

La ficelle vagabonde, libre, dans une mutuelle tolérance ouverte à nos mains jointes

N’éteins pas mon rêve, les apparences et la foi sont paradoxales, le sable à lapin où les fondations craignent sont la tumeur maligne qui cherche à miner l’espoir de ce qui ne fut pas révélé par le hasard, rien de tout ce qui  veut détruire ne brise mon désir de construire la maison-flottante du bord d’ô…

Niala-Loisobleu – 3 Septembre 2018