ENTRE TIEN EMOI 27


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ENTRE TIEN EMOI 27

 

Les oreilles en plongée à distance, un poil sur la langue j’emballe bu si, tango d’un môle de travers, entre cuisses hard et spartiates lassées – si tu vois la cène un coup rude bi à treize – sinon à pare sa vous vous êtes qui ?

(coi qu’il advienne, je vigie, jetée dans la peau, canard là quai en bouée)

Niala-Loisobleu – 23/08/18

OISEAUX, FLEURS ET FRUITS


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OISEAUX, FLEURS ET FRUITS

Une paille très haut dans l’aube

ce léger souffle à ras de terre :

qu’est-ce qui passe ainsi d’un corps à l’autre?

Une source échappée au bercail des montagnes,

un tison?

On n’entend pas d’oiseaux parmi ces pierres seulement, très loin, des marteaux

Toute fleur n’est que de la
Huit qui feint de s’être rapprochée

Mais là d’où son parfum s’élève je ne puis espérer entrer c’est pourquoi tant il me trouble et me fait si longtemps veiller devant cette porte fermée

Toute couleur, toute vie naît d’où le regard s’arrête

Ce monde n’est que la crête d’un invisible incendie

Je marche

dans un jardin de braises fraîches

sous leur abri de feuilles

un charbon ardent sur la bouche

Ce qui brûle en déchirant l’air rose ou par brusque arrachement ou par constant éioignement

En grandissant la nuit

la montagne sur ses deux pentes

nourrit deux sources de pleurs

Tout à la fin de la nuit quand ce souffle s’est élevé une bougie d’abord a défailli

Avant les premiers oiseaux

qui peut encore veiller?

Le vent le sait, qui traverse les fleuves

Cette flamme, ou larme inversée : une obole pour le passeur

Une aigrette rose à l’horizon un parcours de feu

et dans l’assemblée des chênes la huppe étouffant son nom

Feux avides, voix cachées courses et soupirs

L’œil :

une source qui abonde

Mais d’où venue?

De plus loin que le plus loin

de plus bas que le plus bas

Je crois que j’ai bu l’autre monde

Qu’est-ce que le regard?

Un dard plus aigu que la langue la course d’un excès à l’autre du plus profond au plus lointain du plus sombre au plus pur

un rapace

Ah! l’idylle encore une fois qui remonte du fond des prés avec ses bergers naïfs

pour rien qu’une coupe embuée où la bouche ne peut pas boire pour rien qu’une grappe fraîche brillant plus haut que
Vénus !

Je ne veux plus me poser voler a la vitesse du temps

croire ainsi un instant mon attente immobile.

 

Philippe Jaccottet

 

TON ENCRIER D’ASSISE


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TON ENCRIER D’ASSISE

L’épaisseur du fond de l’air déborde du couvercle, jusqu’à par-dessus bord de ce qui transpire d’émoi au bastingage du tapis où tes jambes remuent un tant torride d’ibère.

A travers ta ménine je Vélasquez, comme un pâtre grec gardeur de toros. L’image, à peine fut-elle prononcée, que l’ola s’entonna un truc à vous tordre autrement que les deux orphelines porteuses de peint enrobées dans une confiserie de jeunesse; chèque au  porteur de roses blanches à ment-ment.

Il est grand temps que la canicule cesse, je pourrai me reconstituer le bulbe à partir des sueurs du cortex fondu du bougeoir. Reprendre à pouvoir peindre, pas mes esprits, je me fous pas d’être fou, je m’accepte tel sans minoration, en entier.

Déjà le prochain se balade dans mon fantasme système viscéral, quelques clignotants au départ de ma Muse ayant mis des points sur la carte. Elle comprend naturellement la chimie créative, qui demeure au point d’être un tel mystère car par le plus petit nombre qui s’y intéresse au sens noble, ça fait beaucoup que ça laisse froid. L’art après un très court instant d’émancipation publique est revenu au point de départ. J’imagine le tourment que ça doit causer à Cézanne qui a pu penser un instant avoir brisé les seigneurs. La politique du fric pour seul concept de vie redonne au n’importe quoi le droit de citéet rejoue la caste du privilège.

Pourtant on est passé à un cheveu de gagner la révolution artistique et intellectuelle. Mais en tuant Jaurès ils ont permis à Staline de détruire la philosophie de Lénine, ce qui aboutit au retour du tsarisme à partir de l’idée qui l’avait détrôné. 1789 a guillotiné la royauté au profit de l’impérialisme.

J’aime l’atmosphère que tu m’allaites, j’espère qu’on vivra derrière nous l’idée que l’amour ne peut être tartufe. Demain, oui demain, ta voie restera ma parole. Je te le dirai jamais assez que t’aimer c’est vivre. De l’atelier tu fais l’endroit à naître ma Muse, ton encrier d’assise.

Niala-Loisobleu – 22/08/18

CONTE JUSQU’A SANS


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CONTE JUSQU’A SANS

 

Effarouchée la branche s’incline au miroir d’eau remuée

la clef  reste sous la cache du pot de taire

Sitôt le cri de la collision passée la route s’est cherchée sous le jaunissement de l’herbe

comme l’appareil écrasé qui repart des emparés

En pleine poitrine la façade cachée, en contant jusqu’à sans, n’a rien pour empêcher les fleurs bleues de pleurer aux pluches d’ô gnons…

 

Niala-Loisobleu – 23 Août 2018

ENTRE TIEN EMOI 26


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ENTRE TIEN EMOI 26

 

La chaleur étouffante aurait pu me couper les doigts si tu ne les avais pas mis à l’abri au coeur de cette ombre où l’amour marche bandé. Sans même un regard pour la folle du 3ème qui a tombé son chat en bas, sans doute dans un de ses délires, elle se remet à peindre, enfin c’est comme ça qu’elle appelle son ignorance en général d’un sentiment simple et naturel. La chaleur lance son ultime offensive, enfin j’espère, tellement besoin de me rafraîchir que je bois à la source à grand coup de la baguette à trouver. Ouah dure à tenir, comme ça vibre. Et le chien qui observe les oreilles dressées, rien ne lui échappe, on peut être tranquilles tu sais, tu te souviens comme il a bondit quand le facteur d’un piano faux voulait que tu lui accordes une faveur. La menthe a mille yeux, c’est comme la valse a du tant. Notre manière de la danser java, semble lui plaire. Si tu veux mets l’aiguille à tricoter sous son odeur rafraîchissante deux ou trois glaçons pour durcir les pointes une pincée d’Apollinaire en traversée d’estuaire, loup y es-tu, la culotte du zouave emportée par la dernière crue et la main de masseur te thaÎ les riens en un rein couleur exotique, chassons les maux, y mouchent à merde, quand on sème les greniers se purgent.

Niala-Loisobleu – 22/08/18

ENTRE TIEN EMOI 25


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ENTRE TIEN EMOI 25

Mémorable jour de merde si je pensais que je gagnerai à m’y plonger. Désolé, c’est non, même si j’ai cassé ma voiture, c’est sur mes jambes aussi fatiguées qu’elles se sentent que je vis. C’est pas marrant, mais puisque on me demande quel est mon choix ben j’hésite pas: je continue de vouloir vivre ma Muse, elle est pas du système qui détruit pour amener à changer le produit, c’en est pas un , elle est de chair, vivante, ni plate, ni fade, ni du genre à raser. Ah si vivre c’est pas aimer flingue-toi vite…

Bon Soir !!!

 

N-L – 21/08/18

 

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C’est ici que se trouve notre vraie place…

NOUS AVONS


NOUS AVONS

René Char

 

Notre parole, en archipel, vous offre, après la douleur et le désastre, des fraises qu’elle rapporte des landes de la mort, ainsi que ses doigts chauds de les avoir
cherchées.

Tyrannies sans delta. que midi jamais n’illumine, pour vous nous sommes le jour vieilli; mais vous ignorez que nous sommes aussi l’œil vorace, bien que voilé, de l’origine.

Faire un poème, c’est prendre possession d’un au-delà nuptial qui se trouve bien dans cette vie, très rattaché à elle, et cependant à proximité des urnes de
la mort.

Il faut s’établir à l’extérieur de soi, au bord des larmes et dans l’orbite des famines, si nous voulons que quelque chose hors du commun se produise, qui n’était que pour
nous.

Si l’angoisse qui nous évide abandonnait sa grotte glacée, si l’amante dans notre cœur arrêtait la pluie de fourmis, le Chant reprendrait.

Dans le chaos d’une avalanche, deux pierres s’épou-sant au bond purent s’aimer nues dans l’espace. L’eau de neige qui les engloutit s’étonna de leur mousse ardente.

L’homme fut sûrement le vœu le plus fou des ténèbres; c’est pourquoi nous sommes ténébreux, envieux et fous sous le puissant soleil.

Une terre qui était belle a commencé son agonie, sous le regard de ses sœurs voltigeantes, en présence de ses fils insensés.

*

Nous avons en nous d’immenses étendues que nous n’arriverons jamais à talonner; mais elles sont utiles à l’âpreté de nos climats, propices à notre éveil comme
à nos perditions.

Comment rejeter dans les ténèbres notre cœur antérieur et son droit de retour?

La poésie est ce fruit que nous serrons, mûri, avec liesse, dans notre main au même moment qu’il nous apparaît, d’avenir incertain, sur la tige givrée, dans le calice
de la fleur.

Poésie, unique montée des hommes, que le soleil des morts ne peut assombrir dans l’infini parfait et burlesque.

Un mystère plus fort que leur malédiction innocentant leur cœur, ils plantèrent un arbre dans le Temps, s’endormirent au pied, et le Temps se fit aimant.

 

René Char

MON CERCLE DE VIE !


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MON CERCLE DE VIE !

 

J’aspire à l’étendue de tes vastes déserts
Pour y célébrer mes silences éphémères

J’aspire à l’immensité azur de tes océans
Pour combler mes abîmes noirs, béants

J’aspire à tes neiges blanches, sublimes
Pour orner, d’un châle argenté, mes cimes

J’aspire à tes volcans torrides, impétueux
Pour réchauffer mon imaginaire frileux

J’aspire à l’ocre doré de tes terres fertiles
Pour y semer mes graines d’espoir stérile

J’aspire à la beauté de ton bleu horizon
Pour m’abreuver de son élixir à pâmoison

J’aspire à tes verbes espiègles et rieurs
Pour apaiser mes rimes lestes, en sueur

J’aspire à la clarté de tes raisonnements
Pour m’enfuir de l’asile de mes errements

Dans ton regard, je lis mes certitudes
Ta confiance, ta foi et tes inquiétudes

Dans l’écho de ta voix chaude, j’écoute
Les sonates de mon coeur en déroute

Dans tes bras, je me réconcilie enfin
Avec ma joie d’enfant et d’adulte serein

Dans ton sourire, je vois se dessiner
La face guillerette de ma vie burinée

Avec toi, mon cercle s’est complété
Mes rêves sont rassasiés et à satiété

Ma page est redevenue toute blanche
Et mon encre danse, volète, s’épanche

Ne t’éloigne surtout pas, mon bel ange
Toute mon argile en deviendrait fange !

Latifa Maouloudi (Extrait de: « Long Tunnel »)