L’ATELIER


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L’ATELIER

L’atelier

Des enfances mouillées
Sur des tables bavardes
Offrandes fraternelles
Brouillons d’incertitudes

Des mains de paille vierge
Renomment les destins
Confrontent les ruptures
Eprouvent les élans

Matériaux saisissables
Arrêtes signifiantes
Entre deux équivoque
Où le trop plein s’exclame

Les mots, distincts, se posent
Sur de larges chemins,
Des ouvrages de sens,
Des possibles rêvés.

Anne-Pascale Didier

 

Mon sac de marin en a plusieurs qui logent en mousse. Ils sont chacun plus de rues qu’une ligne de métro a de correspondances. Ils pètent de gel en commun quelque soit la latitude qui perle de show. Verrière verticale on en voit sans savoir en suivant les Maréchaux en ceinture verte de Paname. Comme en bateau on y lave. Le dégueulis de manque l’indigestion du nanti. Qu’est-ce qui crie le plus fort de Camille où du ton vif ? Oh les deux ont la folie du marteau qui burine sans chercher à s’arrêter l’incompréhension du monde à l’artiste. La chair a l’odeur de Vaugirard quand Soutine bouffe le quartier qu’il peint comme un piqué de la Ruche rêve. Malgré le montré du doigt du savoir-vivre j’en connais pas un qui faisait ghetto. C’est au coeur de l’absolu que ça crèche un atelier, marginal c’est pas antisocial. Même qu’il y en a qui sont autrement engagés que des prétendants au trône d’un pouvoir ministériel. A poil tu cherches pas la feuille hypocrite à faire cache-sexe, tu affiches le genre de naissance sans te bander les yeux avec la petite-culotte allouée par la pensée lubrique. Musique de larmes que des fois les cordes te strangulent au point que tu tu vas jusqu’à te déziper les intestins pour le supporter. Mon atelier c’est ma marie-salope à draguer les vases de la société. A part toi ma Muse, qui pourrait bien trouver que le tapis plein des pisses de palette vaut plus qu’un Sèvres par son jardin suspendu ?

Niala-Loisobleu – 27 Août 2018

De gris en aille


Le son de la mer pris au large diffère de celui de la côte

Le chenal s’y trouve en profondeur des hauts-fonds entre l’étoile polaire et cette couleur de l’œil solaire placé au fronton d’un horizon qu’on implante

Les insectes se faisant les musiciens d’un bon placement des noires et des blanches

Comme comprendre ne peut se départir de sentir la direction …

N-L – 27/08/18

ENTRE TIEN EMOI 30


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ENTRE TIEN EMOI 30

 

CREPITEMENTS

 

 

Les arcencielesques dissonances de la
Tour dans sa

télégraphie sans fil
Midi
Minuit
On se dit merde de tous les coins de l’univers

Étincelles

Jaune de chrome

On est en contact

De tous les côtés les transatlantiques s’approchent

S’éloignent

Toutes les montres sont mises à l’heure

Et les cloches sonnent

Paris-Midi annonce qu’un professeur allemand a été

mangé par les cannibales au
Congo
C’est bien fait

L’Intransigeant ce soir publie des vers pour cartes postales
C’est idiot quand tous les astrologues cambriolent les

étoiles
On n’y voit plus
J’interroge le ciel
L’Institut
Météorologique annonce du mauvais temps

Il n’y a pas de futurisme

Il n’y a pas de simultanéité

Bodin a brûlé toutes les sorcières

Il n’y a rien

Il n’y a plus d’horoscopes et il faut travailler

Je suis inquiet

L’Esprit

Je vais partir en voyage

Et j’envoie ce poème dépouillé à mon ami
R…

Blaise Cendrars (Septembre 1913)

 

De mes amis rien n’erre. Les feux éteints ne brûlant plus que de leurs cendres, pour ce qui est de crépiter inutile d’en parler. L’amour si je ne l’avais pas reconnu comme seul élément vital, que le premier qui voudrait me jeter la pierre le fasse en se demandant d’abord comment je serais là à près de 85 ans de galères ? Si la vie est une merde c’est pour que le transit apure.

 

Niala-Loisobleu – 27/08/18

PLEINE EAU


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PLEINE EAU

Le cri d’un coq traîne par les rues vides, dans cette chaude après-midi de juin où il n’y a personne.
Le silence, profond comme un grenier à blé abandonné, gorgé de chaleur et de poussière.
Quel désœuvrement sous les voûtes basses de ces tilleuls, sur ces marteaux de portes où bâillent mille gueules de bronze !
Quel après-midi de dimanche distingué, qui fait rêver de gants noirs à crispins de dentelles aux bras des jeunes filles, d’ombrelles sages, de parfums inoffensifs, des
steppes arides du cinq à sept !
Seul un petit nuage, alerte, blanc, — comme le nageur éclatant porté sur l’écume ombre soudain de stupidité la foule plantée sur la plage — couvre de
confusion tout à coup le paysage endormi et fait rêver d’extravagance au fond de l’avenue un arbre qui n’a jamais encore volé.

Julien Gracq

 

Illustration: L’Eveil des formes encloses (Auto-portrait) – 1982 – Niala – Huile s/toile 100×81 – Collection Laure Calmette

ENTRE TIEN EMOI 29


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ENTRE TIEN EMOI 29

 

Une table bistro, quelques chaises et loin à côté l’air de la mer gonflant une peau de biniou, me voici mettant du coeur à construire.

Dans l’endroit de rencontre j’extrais les pierres. T’as vu la forme que la maison me donne, ça fait toit dans mes bras il pleut faire mauvais temps, m’en fou.

Niala-Loisobleu – 25 Août 2018

 

-Tu veux que j’ouvre mon cartable, Maîtresse ?


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-Tu veux que j’ouvre mon cartable, Maîtresse ?

Dans la vitre où ta voix est restée, par le tablier à carreaux qui me reste d’un âge propice, je pars par une rue de Siam laissée par Jacques. Comme au bord d’une Marguerite mêlée de pétales à la folie tout l’tant. Quand sorti de l’enfer humain mes yeux ont traîné dans l’envoûtement des épices excitées par les encens, j’suis parti aux rizières sans savoir que j’y trouverai un paradis dans l’effacement de l’horreur guerrière qui semble pourtant être la seule carte postale retenue. Je t’écoute et c’est moi qui parle, t’es sur la natte, la lumière brutale tamisée par un végétal tressé, ma tête sur tes cuisses et ta main quelque part dans ma barbe. Le ventilateur brasse des sons d’un instrument à cordes que des voix d’enfants couvrent de leur uniforme d’écoliers. Les rues sont creusées des ravines des moussons, un boeuf et pas de train à la vache, viens on va s’attraper le fleuve. Sur le Mékong on vit à bord. Tant d’oiseaux blancs bordent la mangrove.

-Tu veux que j’ouvre mon cartable, Maîtresse ?

Les jonques glissent, au milieu de coques surchargées sur le pont desquelles un jeu de construction abrite des familles nombreuses. Les barques propulsées par des moteurs de voitures tournent hors-bord, leur hélice  à l’extrémité d’un long arbre, la vague creuse. Tous les légumes, les fruits, le poisson, le serpent à débiter, la soupe, le riz, les fleurs vont au marché flottant se rassembler en prodiges d’équilibre et de saveurs.

Reste mon amour, voilà ce jour qui ouvre sa page de créons de couleurs pour que les enfants y plongent…

Niala-Loisobleu – 25 Août 2018

À CÔTÉ DE MOI


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À CÔTÉ DE MOI

Ils disent que tôt ou tard
le cercle se ferme,
ils disent que le bien revient
à ceux qui l’ont cédé,
ils disent que le courage soit
de ceux qui risquent,
et je crois que t’avoir,
dans ma vie
soit le miracle le plus beau de tous.

Je crois que s’il y n’avait
plus de temps,
je reviendrais
pour reprendre tes mains.
Je crois que si je n’avais
plus de souffle,
j’utiliserais le dernier rayon
de voix
pour crier que je t’aime.

La voix que tu as
quand tu vas dormir
et les yeux que tu as
dès l’instant du réveil,
me révèlent
toute la pureté du monde
et combien il est sain le bien que tu me fais.
Le sensuel parfum
que tu habilles
sait d’univers qui s’ouvre
sans fracas
et il me fait oublier
la terre brûlée,
les rêves négligés,
les pensées tourmentées.
Ils disent qu’il y a des éléments
inséparables,
et toi, tu es mon élément.
À côté de moi.

 

Gianluca Stival

ENTRE TIEN EMOI 28


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ENTRE TIEN EMOI 28

Un train en campagne quelques vaches au bord et un fumet de cuisine en chemin de traverse. J’ai rêvé qu’il était amphibie mon transport de cet après-midi. Une locomotive a aube et des voiles transparents, pour y voir du noir faudrait avoir beaucoup de mauvaise foi. Petite faim, le quatre-heures de mon côté gosse vaut mieux qu’une réclame pour la mal bouffe. A plage, à herbe ou à sous-bois ça me fête l’humeur.

Avant la rentrée

Mon Mémoire, sur le bord de la fenêtre, a pris l’eau des pluies aquarelles.

Lavis s’estompe, à l’acide des eaux-fortes.

Je soliloque aux éraflures du burin qui incise le métal, son mécanique d’un jour fade.

Les épiciers sont autorisés à diffuser les antidépresseurs pour équilibrer la pression des barreaux maîtres. Mer, cure de montagne, à la campagne, les airs paissent à 3000 m au-dessus de l’amer.

Vive les petites en glaises, on va remodeler le profil de l’Eve nouvelle, à l’air minette.

Le sot de l’ange perce le mur du con, mais sans que rien n’y paraisse.

On lui a certifié qu’il avait été reçu avec mention.

Au moins voilà trois bangs d’honneur à la gloire du navet, qu’on ne vienne plus me raconter les difficultés des parents des lèvres, il n’y a pas qu’Angelina qui soit jolie bien que moche de pare tout, malgré le beau Tox, à qui elle a refilé un priapisme chronique, en lieu et place d’anti-rides.

Ce qui me désole c’est de penser que ceux qui m’abusent, n’imaginent même pas que je le sais, quel temps gâché a raconter n’importe quoi, quand ça leur chante.

Allez j’me tire, la cabane est de nature à nettoyer le mauvais tant.L’été et son camp repartent, le tant d’un week-end tout contre de la mer, à marée sur sur le site iode.comme.

Tes yeux revenus

mes doigts réécrivent

plus loin que la hune du canard local

Bien sûr que j’aime ton odeur crevette

elle me grise

rose indien

et me Gange complètement du plat quotidien

Au quart’île âge

les dés osés

tirent la langue à ma jambe de bois

l’oeil à serrer en bande au noir

pour allumer les fanaux du warning

Nous sommes à l’encre en double fil

Quelque part en G20 il fait un froid glacial

les seins de Peter s’bourrent et ratent à tam au bar à teint

T’as d’beaux yeux mon Bleu

Niala-Loisobleu – 24 Août 2018

Là, il était 8h28


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Là, il était 8h28

Vent modéré, température en baisse, les plus hardis des brins jaunis vont au vers

le vrai chemin ne porte que sa direction intérieure

les poteaux indicateurs n’évitent pas qu’un train peut en cacher un autre.

L’armoire normande prise d’un brin de fantaisie a une idée entre les draps, sous le ruban les lettres ne dorment pas. Bretonne pourquoi pas, l’essence ciel tient au bon bois de franche-contée. Celui que le temps ne tue pas pas. Un parquet de pitchpin élève simplement la psyché pour laisser l’honnêteté se mirer, laissant les tiroirs de la commode retenir les  doux liens aux senteurs intimes d’histoires d’amour demeurées. Sans buis mis en croix, le ciel de lit s’ébat sans fausse-pudeur.

La mer au centre de l’arrêt n’est jamais loin de mettre à flot, on a tous un point d’ô pour s’abreuver.

Après avoir capté l’ombre salvatrice dans un lieu propice à la lumière, j’ai bougé les jarres. Mes mains-oreilles respirant le né d’un nouveau départ. Nous étions assis emboîtés ventre à dos, je parlais, tu tendis l’oblique de ton cou à mes lèvres. Le bouleau a fait se garer les oiseaux dans la treille, on entendait plus les gravillons crisser la bile. Rien de jaunâtre tendant aux sanies ne vînt troubler la fontaine. Quand nous n’avons plus regardé l’heure, le tant est venu…

Niala-Loisobleu – 24 Août 2018

LE CONVOI DU PAUVRE


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LE CONVOI DU PAUVRE

Paris, le 30 avril 1873,
Rue Notre Dame-de Lorette.

Ça monte et c’est lourd– Allons, Hue !
– Frères de renfort, votre main ?…
C’est trop !… et je fais le gamin ;
C’est mon Calvaire cette rue !

Depuis Notre-Dame-Lorette…
– Allons ! la Cayenne est au bout,
Frère ! du cœur ! encor un coup !…
– Mais mon âme est dans la charrette :

Corbillard dur à fendre l’âme.
Vers en bas l’attire un aimant ;
Et du piteux enterrement
Rit la Lorette notre dame…

C’est bien ça – Splendeur et misère ! –
Sous le voile en trous a brillé
Un bout du tréteau funéraire ;
Cadre d’or riche… et pas payé.

La pente est âpre, tout de même,
Et les stations sont des fours,
Au tableau remontant le cours
De l’Élysée à la Bohème…

– Oui, camarade, il faut qu’on sue
Après son harnais et son art !…
Après les ailes : le brancard !
Vivre notre métier – ça tue…

Tués l’idéal et le râble !
Hue !… Et le cœur dans le talon !
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
– Salut au convoi misérable
Du peintre écrémé du Salon !

– Parmi les martyrs ça te range ;
C’est prononcé comme l’arrêt
De Rafaël, peintre au nom d’ange,
Par le Peintre au nom de… courbet !

Tristan Corbière (Extrait de: Les Amours jaunes (1873)