À CÔTÉ DE MOI


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À CÔTÉ DE MOI

Ils disent que tôt ou tard
le cercle se ferme,
ils disent que le bien revient
à ceux qui l’ont cédé,
ils disent que le courage soit
de ceux qui risquent,
et je crois que t’avoir,
dans ma vie
soit le miracle le plus beau de tous.

Je crois que s’il y n’avait
plus de temps,
je reviendrais
pour reprendre tes mains.
Je crois que si je n’avais
plus de souffle,
j’utiliserais le dernier rayon
de voix
pour crier que je t’aime.

La voix que tu as
quand tu vas dormir
et les yeux que tu as
dès l’instant du réveil,
me révèlent
toute la pureté du monde
et combien il est sain le bien que tu me fais.
Le sensuel parfum
que tu habilles
sait d’univers qui s’ouvre
sans fracas
et il me fait oublier
la terre brûlée,
les rêves négligés,
les pensées tourmentées.
Ils disent qu’il y a des éléments
inséparables,
et toi, tu es mon élément.
À côté de moi.

 

Gianluca Stival

ENTRE TIEN EMOI 28


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ENTRE TIEN EMOI 28

Un train en campagne quelques vaches au bord et un fumet de cuisine en chemin de traverse. J’ai rêvé qu’il était amphibie mon transport de cet après-midi. Une locomotive a aube et des voiles transparents, pour y voir du noir faudrait avoir beaucoup de mauvaise foi. Petite faim, le quatre-heures de mon côté gosse vaut mieux qu’une réclame pour la mal bouffe. A plage, à herbe ou à sous-bois ça me fête l’humeur.

Avant la rentrée

Mon Mémoire, sur le bord de la fenêtre, a pris l’eau des pluies aquarelles.

Lavis s’estompe, à l’acide des eaux-fortes.

Je soliloque aux éraflures du burin qui incise le métal, son mécanique d’un jour fade.

Les épiciers sont autorisés à diffuser les antidépresseurs pour équilibrer la pression des barreaux maîtres. Mer, cure de montagne, à la campagne, les airs paissent à 3000 m au-dessus de l’amer.

Vive les petites en glaises, on va remodeler le profil de l’Eve nouvelle, à l’air minette.

Le sot de l’ange perce le mur du con, mais sans que rien n’y paraisse.

On lui a certifié qu’il avait été reçu avec mention.

Au moins voilà trois bangs d’honneur à la gloire du navet, qu’on ne vienne plus me raconter les difficultés des parents des lèvres, il n’y a pas qu’Angelina qui soit jolie bien que moche de pare tout, malgré le beau Tox, à qui elle a refilé un priapisme chronique, en lieu et place d’anti-rides.

Ce qui me désole c’est de penser que ceux qui m’abusent, n’imaginent même pas que je le sais, quel temps gâché a raconter n’importe quoi, quand ça leur chante.

Allez j’me tire, la cabane est de nature à nettoyer le mauvais tant.L’été et son camp repartent, le tant d’un week-end tout contre de la mer, à marée sur sur le site iode.comme.

Tes yeux revenus

mes doigts réécrivent

plus loin que la hune du canard local

Bien sûr que j’aime ton odeur crevette

elle me grise

rose indien

et me Gange complètement du plat quotidien

Au quart’île âge

les dés osés

tirent la langue à ma jambe de bois

l’oeil à serrer en bande au noir

pour allumer les fanaux du warning

Nous sommes à l’encre en double fil

Quelque part en G20 il fait un froid glacial

les seins de Peter s’bourrent et ratent à tam au bar à teint

T’as d’beaux yeux mon Bleu

Niala-Loisobleu – 24 Août 2018

Là, il était 8h28


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Là, il était 8h28

Vent modéré, température en baisse, les plus hardis des brins jaunis vont au vers

le vrai chemin ne porte que sa direction intérieure

les poteaux indicateurs n’évitent pas qu’un train peut en cacher un autre.

L’armoire normande prise d’un brin de fantaisie a une idée entre les draps, sous le ruban les lettres ne dorment pas. Bretonne pourquoi pas, l’essence ciel tient au bon bois de franche-contée. Celui que le temps ne tue pas pas. Un parquet de pitchpin élève simplement la psyché pour laisser l’honnêteté se mirer, laissant les tiroirs de la commode retenir les  doux liens aux senteurs intimes d’histoires d’amour demeurées. Sans buis mis en croix, le ciel de lit s’ébat sans fausse-pudeur.

La mer au centre de l’arrêt n’est jamais loin de mettre à flot, on a tous un point d’ô pour s’abreuver.

Après avoir capté l’ombre salvatrice dans un lieu propice à la lumière, j’ai bougé les jarres. Mes mains-oreilles respirant le né d’un nouveau départ. Nous étions assis emboîtés ventre à dos, je parlais, tu tendis l’oblique de ton cou à mes lèvres. Le bouleau a fait se garer les oiseaux dans la treille, on entendait plus les gravillons crisser la bile. Rien de jaunâtre tendant aux sanies ne vînt troubler la fontaine. Quand nous n’avons plus regardé l’heure, le tant est venu…

Niala-Loisobleu – 24 Août 2018

LE CONVOI DU PAUVRE


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LE CONVOI DU PAUVRE

Paris, le 30 avril 1873,
Rue Notre Dame-de Lorette.

Ça monte et c’est lourd– Allons, Hue !
– Frères de renfort, votre main ?…
C’est trop !… et je fais le gamin ;
C’est mon Calvaire cette rue !

Depuis Notre-Dame-Lorette…
– Allons ! la Cayenne est au bout,
Frère ! du cœur ! encor un coup !…
– Mais mon âme est dans la charrette :

Corbillard dur à fendre l’âme.
Vers en bas l’attire un aimant ;
Et du piteux enterrement
Rit la Lorette notre dame…

C’est bien ça – Splendeur et misère ! –
Sous le voile en trous a brillé
Un bout du tréteau funéraire ;
Cadre d’or riche… et pas payé.

La pente est âpre, tout de même,
Et les stations sont des fours,
Au tableau remontant le cours
De l’Élysée à la Bohème…

– Oui, camarade, il faut qu’on sue
Après son harnais et son art !…
Après les ailes : le brancard !
Vivre notre métier – ça tue…

Tués l’idéal et le râble !
Hue !… Et le cœur dans le talon !
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
– Salut au convoi misérable
Du peintre écrémé du Salon !

– Parmi les martyrs ça te range ;
C’est prononcé comme l’arrêt
De Rafaël, peintre au nom d’ange,
Par le Peintre au nom de… courbet !

Tristan Corbière (Extrait de: Les Amours jaunes (1873)