RODILLAZO


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RODILLAZO

 

Partageant l’horizon de la bête

il confronte la rugosité du sol

avec ses genoux soyeux pétiole double ou racine bifurquée roc ouvert au phantasme d’une rose aussi vite enlisée qu’apparue

A genoux

pour éprouver la résistance de la terre

à genoux

pour accueillir la mortification des cornes

à un

à deux genoux

amant bravache quêtant l’équipollence d’un baiser.

 

Michel Leiris

ENTRE TIEN EMOI 19


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ENTRE TIEN EMOI 19

 

Même aux garrigues que l’on aurait juré craché pures, l’eau bleue mousse verte et la tomette grise sous la poussière. Faudra-t-il fermer notre coeur d’un masque respiratoire pour qu’il ne succombe pas d’asphyxie ? Rien que l’idée en soi étant létale, mourir pour mourir je choisis que ce soit dans le jouir du cri que tu m’arraches, toi ô ma vie, ma Muse.

La chambre de Vincent ne dort que d’un oeil

Le feu aux tomettes

Que le tournesol oriente au levant

Posés sur la palette des calcaires s’ocrent aux roux sillons

Ondulations mauves des dorsales lavandes

Restes de fifres au tambourin, un chant d’oliviers tapisse le verger

Le Sud arrondit les tuiles

Suis-je un quartier de mes lunes plaines où un sentier de mes ravines ?

Là ou ici j’ai fait et perdu un enfant dans l’épingle d’un virage

Un matin d’espoir pour un soir de brume, les pinceaux vont aux glacis contre l’assaut des couteaux

Chandelle tremblotante du clair-obscur

Une figue est au buisson de la baie

Moi peintre du matin de l’espoir bleu, je te nomme soir ambigu

Niala-Loisobleu – 9 Mai 2012

Et sans voix, le ventre tordu de la tripe au bord du guéret encore chaud du labour matinal, le grain lissé par le lapidaire d’une langue d’émeri  étrangère , je crains.

Pour un cheval se couper l’aqueux haras ça relève d’une entrée inquiétante dans l’absurde. Les casseroles donnant du cuivre au kiosque municipal, c’est The Voyce dans l’urne du scandale.

Mais j’ai bien peur que ça crin

Ma jument verte promise au gonflable, j’en ai les yeux qui pissent dans le violon

Ô range mécanique de grâce

que j’ondudule en corps du serpentin au triangle

la forêt en chanté

ne me brise pas les couilles d’une voie de fausset…

Niala-Loisobleu – 18 Août 2018

 

 

 

ENTRE TIEN EMOI 18


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ENTRE TIEN EMOI 18

 

Mettant ma pensée en écrit, je raccrochais mes paroles, la bouche encore plaine de ta langue. Ce temps qui ne songe qu’à récolter, d’un choix inébranlable je le ramenais au labour. Réflexe de cheval, labourer m’attrape comme si c’était naturel de ne pas se baser sur la pendule d’un calendrier fut-il inca, l’effet mère étant prépondérant, remettre au lent de mains m’apparaît comme un état de paresse.

J’ouvre donc la vanne de mon moulin-à–marées. Un bruit d’ailes sort du bouquet d’iris si touffu que l’herbe jaunie par le vorace été en verdit (Aïda, 1er couplet). L’héron de l’histoire surgit sur ses béquilles aussi assuré qu’un berger landais, rien à voir avec un chien-loup, bien que le mouton ne soit en rien étranger à ce que je narre. Dans ce que je raconte il y a toujours un passage où je m’en prends au lambda, suis pas chasseur, mais le con m’insupporte dès lors qu’il se montre chauve.

Patience me revoici à l’ovin…

Le fleuve en miroir à ma calandre, je fis un appel de phare. Aucune sirène ne s’avisa, en revanche je reconnus ta silhouette ma Muse, il n’y en a pas d’eux pour lui ressembler. Poussé des reins, l’arôme d’un jour digne d’espérance, pointa à me tirer le vers du né. Ma nature bucolique ne tousse pas du foin. La meule fit chambre d’hôte en rase-campagne mettant ton ventre à ma vue.

 

Hormis ton ventre, 
tout est confus. 
Hormis ton ventre, 
tout est futur 
fugace, dépassé 
stérile et trouble. 
Hormis ton ventre, 
tout est occulte. 
Hormis ton ventre, 
tout est changeant, 
tout est ultime, 
poussière sans terre. 
Hormis ton ventre, 
tout est obscur. 
Hormis ton ventre 
clair et profond.

Miguel Hernandez – (L’amour et la vie, anthologie mon sang est un chemin)

 

Aussi essoufflés que nous le chien et le cheval aussi au déboulé de la montagne, nous laissèrent sur le do du champ, reprendre la suite de la marche. Nous choisîmes, main dans la main, un nuage aux reflets roses pour embarcation, ses écailles brillaient de restes de nouvelle-lune et de Corbières, autan le dire.

Niala-Loisobleu – 18 Août 2018