NOUVELLE-LUNE


NOUVELLE-LUNE

Le soir prépare l’herbe tendre du matin

Comme une terre d’asile transitoire

Où les couleurs s’éprouvent aux mains

Et au langage de l’arbre familier

Qui réclame un nouveau départ

À la feuille obstinée portée en collier.

 

C’est le chant fragile d’entre-deux nuits,

La crête rouge incendiée

Sur la scie sensible de l’initiation

Et déjà l’enveloppe quotidienne du corps

Se plie au troublant exercice de la disparition

Au souffle bleu d’une surface lavée

À bâtir partout son territoire

Contre la terre mouvante des hâtives fondations

Contre l’orgueil émacié de la lune et ses marées.

 

Les fleurs fugitives ont empoigné un pan du ciel

Et ne connaissent ni le regret

Ni la crainte sèche des lendemains.

Elles peignent du champ des possibles le robuste crin.

 

Les sabots de la traversée martèlent

Notre histoire et trouvent refuge dans le bouquet.

 

Barbara Auzou

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Nouvelle-Lune – 2018 – Niala – Acrylique s/toile 65×54

ENTRE TIEN EMOI 17


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ENTRE TIEN EMOI 17

A peine traversé

le 16 porte ses îles et son pertuis en 17

la quiche note, suis originaire de Lorraine

sel qui fleure en sabots

Quelques échassiers

des rescapées batraciennes

un lézard plus leste qu’un coup de Jarnac

retrouvent les anses de sortie touristique

Et encore un reste de canicule

au bateau-phare de cette Nouvelle-Lune

qui se prépare

dans la chaleur d’une éclade de moule

Reste nue

à maintes portées

mon carreau atout de fleur de celle

valet bien de se passer d’une messe…

Niala-Loisobleu – 17 Août 2018

HORS DE LA MASSE


HORS DE LA MASSE

Paul Eluard

 

 

Une fenêtre en face

Est un trou noir

Un linge blanc s’en échappe

De perfection en perfection

De ciel en ciel

L’or têtu jette sa semence

Au son crevé des midis creux
Sur la fourchette des putains
Un bec de viande gonfle un air
D’usure et de cendres froides
La solitude des putains

Elles se cassent les vertèbres
A dormir debout et sans rêves
Devant des fenêtres ouvertes
Sur l’ombre coriace d’un linge.

Paul Eluard

ENTRE TIEN EMOI 16


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ENTRE TIEN EMOI 16

Allumées comme les réverbères de ma voix j’ai les mains dans une prière d’alléluya à l’idée que ce qui sort du linge étendu entre mes volées tu l’emplis d’une présence charnelle. Rien qu’à voir comment l’herbe s’accorde avec la menthe confirme qu’on gagne à s’être en jardin plutôt qu’enfermés en chambre froide. De la distance un seul théorème plonge de bas en haut. Tout est question de peaux, c’est ça la veine.

La rivière se replie les anses, un coin pour la pêche et le tout se fait banc co pour le déjeuner sur l’herbe..

Sans tambours ni trompettes, à l’idée de faire trempette tu lèves la jambe plus haut qu’une majorette et moi tambour-major j’ai la canne en main au retour d’un triple périlleux en l’air. Baignons-nous à dessaler en eau douce, ça fait rire les canards en gros titre à la une. Les orages remontent à toute chaleur , viens au pare à tonnerre. Le vélo siffle comme merle moqueur, en amazone sur le cadre je te monte en baptême de l’air sur des lampions voltigeurs. Pédale, je vois le lotus se faire déjà au centre de ton nénuphar, soyons Giverny jusqu’au jeu de paumes d’un pore à l’autre.

Niala-Loisobleu – 17 Août 2018

Un zest de vent sur un seuil 


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Un zest de vent sur un seuil

Le chat doit être sorti, rien ne ronfle au pied de la cheminée, par la boîte à lettres on attend un bonjour comme on lave la lourdeur de l’atmosphère dans sa tête. La place sous le peint s’est toujours voulue franche et sereine.

Du tiroir de toilette le sel remonte du bord de mer tiré par une remontée d’encre prête à partir, c’est bon signe. Au mur d’un ex-voto on se balance le reflet sans tain de l’image qui montre le péri  dans le cadre de la mer.

Il y avait un chemin à cet endroit avant que le bull d’ô z’erre passe. Semons-nous les z’uns les z’autres.

En partant aux courses j’ai vu le cheval ruer pour exprimer son désir de sortir du scaphandre, la plongée aux enfers ne porte aucune chance d’en faire le gagnant. . La liberté épinglée en enseigne à la porte de la prison d’un état établi à tort, laisse à croire qu’on se sert toujours d’une religion pour faire croire. La confession est le meilleur engrais de la faute, je n’ai rien à demander pardon, jamais je n’ai trahi mes convictions.

Niala-Loisobleu – 17 Août 2018