AUTAN OCCITAN 10


AUTAN OCCITAN 10

(Autan-Occitan est une série de 10 tableaux de Niala à partir desquels Barbara Auzou a écrit 10 poèmes. Il s’agit donc d’une oeuvre commune de deux auteurs indissociables.)

Désolés d’une ancienne ignorance

Tapie sur l’autoroute des deux mers

Entre robes de ciment et parfums lourds de vacances,

Il fallut renouer avec la matière,

Avec les objets célébrer la secrète alliance

Et sous un vieux soleil fatigué de son itinérance,

Rejoindre la maison debout, l’irréfutable,

Le rythme des rafales et les rumeurs de la mer

Pour mûrir le vertige cathare sur des coteaux instables.

S’il faut périr par le feu ou par le fer,

Nous poserons la pierre ultime au faîte d’une forteresse imprenable

Et les oiseaux que vous jetterez  dans le feu de nos âmes,

Chanteront encore, chevaleresques, les valeurs occitanes

Attentives aux gestes de la terre et à ses signaux émus.

Une odeur de cendres monte de la poussière nue.

À la promesse d’exister les Corbières se font parfois inhospitalières

Et l’encre première hésite à sa source pour parfaire son eau

Qui glisse à nos genoux de cailloux clairs et au cep de notre dos.

Au plus fort du silence et avec son entière approbation,

Nous suivons des roches de schiste la nécessaire procession

Qui, palier par palier, nous ouvre le chemin de la maison dernière.

Barbara Auzou

Autan Occitan 10 – Niala – 2018 – Acrylique sur toile 46X38.

 

Les Corbières pays natal , on peut dire quelque part de Nous. La maison-mère-mer, dont on a sorti la vipère pour faire entrer l’oeuf de naissance du monde d’ailleurs, celui de notre absolu poétique. Cette oeuvre est du bas au haut, montante, amarrée, pierre de voyages, oiseau-lyre, papier mâché au moulin à marées. Osmose, tes mots arc-boutent mes couleurs dans la m’aime forme constructive. Un bonheur c’est peu dire de créer avec TOI ma Barbara. Merci.

Je remercie celles et ceux qui nous suivis et leur dit à bientôt nous continuons.

Niala – 11/08/18

 

 

AU DERNIER QUART DE LA NUIT


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AU DERNIER QUART DE LA NUIT

Hors de la chambre de la belle rose de braise, de baisers le fuyard du doigt désignait
Orion, l’Ourse, l’Ombelle à l’ombre qui l’accompagnait

Puis de nouveau dans la lumière, par la lumière même usé, à travers le jour vers la terre cette course de tourterelles

Là où la terre s’achève levée au plus près de l’air (dans la lumière où le rêve invisible de
Dieu erre)

entre pierre et songerie

cette neige : hermine enfuie

ô compagne du ténébreux entends ce qu’écoute sa cendre afin de mieux céder au feu :

les eaux abondantes descendre aux degrés d’herbes et de roche et les premiers oiseaux louer la toujours plus longue journée la lumière toujours plus proche

Dans l’enceinte du bois d’hiver sans entrer tu peux t’emparer de l’unique lumière due : elle n’est pas ardent bûcher ni lampe aux branches suspendue

Elle est le jour sur l’écorce l’amour qui se dissémine peut-être la clarté divine à qui la hache donne force