AUTAN OCCITAN 9


AUTAN OCCITAN 9

 

(Autan-Occitan est une série de 10 tableaux de Niala à partir desquels Barbara Auzou a écrit 10 poèmes. Il s’agit donc d’une oeuvre commune de deux auteurs indissociables.)

 

Au chemin qui serpente vers nos racines obscures,

nous opposons la fière citadelle de nos corps,

ses parfums de miel et de fruits mûrs

et le regard de l’échanson qui nous évite

connaît le prix de notre labeur,

la splendeur muette des récotes inédites.

Acclimatés au faîte de l’étonnement

et à la vierge attraction d’une terre de pierres,

nos longs cheveux défient le ciel d’une muraille éphémère.

Aux ceps des humeurs capricieuses du vent,

nous nous affairons à libérer les soleils prisonniers

entre le rameau d’hier et la sève du maintenant

et s’arc-boutant sur la fraîcheur des torrents,

nous redonnons la rondeur à la vigne et aux visages

le sucre du vivant.

 

Barbara Auzou

 

P1050698

Autan Occitan 9 – 2018 – Niala – Acrylique s/toile 46×38

11 réflexions sur “AUTAN OCCITAN 9

  1. Ce silence est dans chacune de tes paroles, ce n’est pas celui-là que je prie de taire, c’est à l’esbrouffe, àu tonique truand que je prie de disparaître ma Barbara.
    Revenant de vil, les mains dans ma campagne, je rapporte un morceau de lin tendu sur châssis, pour l’Autre, devines-qui ?
    La mer me tire à toit, des couleurs de franchise prises au plus profond à mettre en paroles, me chantent le fond. Cet amour insensé que je dois à la vie pour refuge. A l’impossible nul n’étant tenu, je gratterai encore la piste qui fore le passage.
    Ne me quitte pas de ton corps et de ta plume, je peins debout.

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    • BLESSURE VUE DE LOIN

      Ah ! le monde est trop beau pour ce sang mal

      enveloppé qui toujours cherche en l’homme le moment de

      s’échapper!

      Celui qui souffre, son regard le brûle et il dit non, il n’est plus amoureux des mouvements de la lumière, il se colle contre la terre, il ne sait plus son nom, sa bouche qui dit non
      s’enfonce horriblement en terre.

      En moi sont rassemblés les chemins de la

      transparence, nous nous rappellerons longtemps nos entretiens

      cachés, mais il arrive aussi que soit suspecte la balance et quand je penche, j’entrevois le sol de sang taché.

      Il est trop d’or, il est trop d’air dans ce brillant

      guêpier pour celui qui s’y penche habillé de mauvais papier.

      Philippe Jaccottet

      Toi, n’aies crainte c’est de bon lin que la couleur m’appelle
      j’arrive mon Autre
      d’un certain tremblement
      ma Barbara…

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    • Peindre c’est t’avoir en étant là tout près, alors imagines, ma poétesse Barbara…

      Je suis là

      Se peut-il que l’on n’arrive jamais
      Au seul pays où l’on puisse vivre
      Où le pain a la saveur de ton rire
      J’ai déjà arpenté cette terre promise
      Aujourd’hui j’habite le désespoir
      De n’être pas où toi tu te bats
      Contre le mal à l’intérieur de toi
      Si mes mains ne peuvent être caresses
      Qu’au moins mes mots t’atteignent
      Te disent que je suis là et te soutiens
      Que chacune des cellules de ton être
      Sente la force apaisante des miennes
      Mon épaule existe pour y poser ta tête
      Mon bras se tend pour soutenir tes pas
      À quoi bon mon amour s’il ne t’est utile
      Il y aura encore je le sais des étés de miel
      Nous irons enlacés au devant du soleil
      Et j’attiserai le feu ardent de ton rire
      Je te parlerai de toi de nous de toi
      L’amour sera plus fort que le mal
      Tu verras tout recommence et fleurit
      Mille et mille matins neufs renaîtront
      Où ta voix vibrera aux frissons du vent
      Le chemin est long qui nous ramène à nous
      Mon espérance est chevillée à ton coeur.

      Jacques Viallebesset

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      • Ecrire c’est t’avoir en étant là tout prêt, alors imagine, mon Alain:

        Pleinement de rené Char.

        Quand nos os curent louché terre.
        Croulant à travers nos visages.
        Mon amour, rien ne fut fini.
        Un amour frais vint dans un cri
        Nous ranimer et nous reprendre.
        Et si la chaleur s’était tue,
        La chose qui continuait,
        Opposée à la vie mourante, À l’infini s’élaborait.
        Ce que nous avions vu flotter
        Bord à bord avec la douleur Était là comme dans un nid,
        Et ses deux yeux nous unissaient
        Dans un naissant consentement.
        La mort n’avait pas grandi
        Malgré des laines ruisselantes,
        Et le bonheur pas commencé À l’écoute de nos présences;
        L’herbe était nue et piétinée.

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