ÎLE PEUT LE FAIRE


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ÎLE PEUT LE FAIRE

 

Passé le dernier méandre de la scène, l’auteur fait tout dire au rivage. D’un penché de venelles aux pavés pris chez le granitier local  les premières maisons adossées l’une contre l’autre dansent dans la nébulosité estivale. Nus comme des oiseaux sans feuilles, les patios voient sans rien montrer. La richesse végétale accordée au rythme respiratoire de la fontaine tient les étages en dehors des longues de trottoirs. Le palmier qui marque l’entrée garde sans besoin d’être armé. Les tapas s’accordent à la fraîcheur de la sangria pour que les guitares revenues de la marée parlent à voix haute, un morceau de vie en bouche-à-bouche. Nos pensées sont sorties du chemin des maisons closes pour s’ouvrir sur le large où des mains claquent aux talons pour scander un autre éclairage. Sans frontières  mais toute intimité préservée l’esprit tremble depuis le feu sur la plage.

La lune isole le cheval assis sur le blanc de sable, pendant qu’il remet la chanson catalane dans sa voix. Autour de lui des phoques, des dauphins, des grands oiseaux de marins sur béquilles, des batraciens, et énormément de lentilles autour des nénuphars, time is Monet,  font silence. Au pigeonnier une portée de p’tits-lapins sur les lièvres d’un gospel, fait l’amour sans que les gentils organisateurs sifflent d’arrêter.

Surréaliste un clown-blanc éteint l’artifice. Colombine se balance sans culotte.

La montagne que la beauté tient discrètement en tableau de scène laisse seulement voir son odeur de femme. Etrange assemblage de dessous, fumets de courses sauvages, voix douce d’un fado à l’embarquement, vapeurs lascives d’une coupure de l’anti dit cette heure. L’abreuvoir de ma couleur secoue la crinière et dresse l’aqueux, pendant que t’écrira en m’aime tant je peindrai autan occitan qu’un chevalier cathare.

Niala-Loisobleu – 07/08/18

8 réflexions sur “ÎLE PEUT LE FAIRE

  1. ô chevalier,
    S’il faut périr par le feu ou par le fer,
    Nous poserons la pierre ultime au faîte d’une forteresse imprenable
    Et les oiseaux que vous jetterez dans le feu de nos âmes,
    Chanteront encore, chevaleresques, les valeurs occitanes
    Attentives aux gestes de la terre et à ses signaux émus.

    Bon jour mon Alain.

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            • HERMÈS

              PROLOGUE

              Dans nos vastes cités, par le sort partagés,

              Sous deux injustes lois les hommes sont rangés.

              Les uns. princes et grands, d’une avide opulence

              Étalent sans pudeur la barbare insolence ;

              Les autres, sans pudeur vils clients de ces grands.

              Vont ramper sous les murs qui cachent leurs tyrans,

              Admirer ces palais aux colonnes hautaines

              Dont eux-mêmes ont payé les splendeurs inhumaines.

              Qu’eux-mêmes ont arrachés aux entrailles des monts,

              Et tout trempés encor des sueurs de leurs fronts.

              Moi je me plus toujours, client de la nature, À voir son opulence et bienfaisante et pure,
              Cherchant loin de nos murs les temples, les palais
              Où la divinité me révèle ses traits.
              Ces monts, vainqueurs sacrés des fureurs du tonnerre,
              Ces chênes, ces sapins, premiers-nés de la terre :

              Les pleurs des malheureux n’ont point teint ces lambris.

              D’un feu religieux le saint poète épris

              Cherche leur pur éther et plane sur leur cime.

              Mer bruyante, la voix du poète sublime

              Lutte contre les vents ; et tes flots agités

              Sont moins forts, moins puissants que ses vers indomptés.

              À l’aspect du volcan, aux astres élancée,

              Luit, vole avec l’Etna la bouillante pensée.

              Heureux qui sait aimer ce trouble auguste et ]
              Seul, il rêve en silence à la voix du torrent
              Qui le long des rochers se précipite et tonne ;
              Son esprit en torrent er s’élance et bouillonne.
              Là je vais dans mon sein méditant à loisir
              Des chants à faire entendre aux siècles à venir ;
              Là, dans la nuit des cœurs qu’osa sonder
              Homère,
              Cet aveugle divin et me guide et m’éclaire.
              Souvent mon vol, armé des ailes de
              Buffon,
              Franchit avec
              Lucrèce, au flambeau de
              Newton,
              La ceinture d’azur sur le globe étendue.
              Je vois l’être et la vie et leur source inconnue,
              Dans les fleuves d’éther tous les mondes roulants ;
              Je poursuis la comète aux crins étincelants,
              Les astres et leurs poids, leurs formes, leurs distances ;
              Je voyage avec eux dans leurs cercles immenses.
              Comme eux, astre, soudain je m’entoure de feux,
              Dans l’éternel concert je me place avec eux ;
              En moi leurs doubles lois agissent et respirent;
              Je sens tendre vers eux mon globe qu’ils attirent.
              Sur moi qui les attire ils pèsent à leur tour.
              Les éléments divers, leur haine, leur amour.
              Les causes, l’infini s’ouvre à mon œil avide.
              Bientôt redescendu sur notre fange humide,
              J’y rapporte des vers de nature enflammés,
              Aux purs rayons des
              Dieux dans ma course allumés.
              Ecoutez donc ces chants d’Hermès dépositaires,
              Où l’homme antique, errant dans ses routes premières,
              Fait revivre à vos yeux l’empreinte de ses pas.

              Mais dans peu, m’élançant aux armes, aux combats,

              Je dirai l’Amérique, à l’Europe montrée ;

              J’irai dans cette riche et sauvage contrée

              Soumettre au
              Mançanar le vaste
              Maraiion.

              Plus loin dans l’avenir je porterai mon nom,

              Celui de cette
              Europe en grands exploits féconde,

              Que nos jours ne sont loin des premiers jours du monde.

              André Chénier

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