Mort d’Aretha Franklin, infatigable « Lady Soul » jusqu’au bout

Par Culturebox @Culturebox

Mis à jour le 16/08/2018 à 16H48, publié le 16/08/2018 à 16H09

La reine de la soul music Aretha Franklin, le 1er janvier 1968.
La reine de la soul music Aretha Franklin, le 1er janvier 1968.

 © Michael Ochs Archives / Getty Image

La chanteuse américaine Aretha Franklin est morte le 16 août des suites d’un cancer à l’âge de 76 ans. Surnommée « Lady Soul », elle était l’une des voix les plus mythiques et reconnaissables du XXe siècle, mais aussi une icône du féminisme.

La voix de légende derrière « Respect » et « I Say a Little Prayer » s’est éteinte. Son cancer, diagnostiqué dès 2010, l’avait déjà forcée à annuler plusieurs dates de concerts en mars dernier. Il a fini par lui coûter la vie. Avec 18 Grammy Awards, la « reine de la soul » reste l’une des chanteuses ayant vendu le plus de disques au cours de ses plus de soixante ans de carrière.

Sujet : S. Gorny, M. Hauville

Aretha Franklin

Un premier disque à 14 ans

Aretha Louise Franklin naît le 25 mars 1942 à Memphis dans le Tennessee. Cette fille d’un pasteur militant des droits civiques et d’une chanteuses de gospel donne de la voix pour la première fois dans la chorale de son père. Lorsqu’elle a sept ans, la famille s’installe à Detroit, dans le Michigan. Elevée sur les bancs de l’église, elle enregistre son premier album à seulement quatorze ans. Jeune mère, elle abandonne le lycée et se consacre au rythm’n blues avec la maison de disque Columbia.

Dix disques plus tard, en 1968, sa carrière explose. Désormais produite par le label Atlantic Records, elle gagne son surnom de « reine de la soul ». « Natural Woman », « I say a little prayer », « Baby I love you », les chansons de légende s’enchaînent.

« Respect », hymne féministe

« Respect », son tube emprunté au non moins légendaire Otis Redding, devient un hymne féministe. En renversant le sens de cette chanson, où l’homme exige les égards de sa femme en rentrant chez lui, elle s’inscrit dans le mouvement pour les droits civiques, qui prend alors toute son ampleur.

Après une période de calme, Aretha Franklin revient sur le devant la scène avec son apparition dans le film « The Blues Brothers » en 1980. Elle se lance dans les collaborations et côtoie les étoiles de la pop : James Brown, Elton John, Whitney Houston. Se cantonnant aux bandes originales de films dans les années 90, elle effectue un retour au goût du jour en 1998 avec l’album hip-hop « A rose is still a rose », un nouveau succès.

Larmes et reconnaissance

Première femme à voir son nom inscrit au « Rock’n’roll Hall of Fame », Aretha Franklin reçoit des mains du président Georges W. Bush la médaille de la Liberté en 2005, la plus haute distinction pour un civil. Mais c’est un autre président, Barack Obama, qui l’invite à chanter pour son investiture en 2009. Le premier président afro-américain des Etats-Unis est un grand admirateur de Aretha Franklin, qui a été impliquée dans le mouvement progressiste américain. Elle l’émeut aux larmes en 2015 en interprétant sous ses yeux au Kennedy Center de Washington « (You Make Me Feel Like) A Natural Woman ».

Malgré sa carrière incroyablement longue, Aretha Franklin est toujours restée dans le coup. En témoignent des collaborations et des reprises avec les artistes les plus récents de la chanson américaine, cristallisées en un album de reprises, « Aretha Franklin Sings The Great Diva Classics ». Y figurent, précisément, de grands classiques, comme « I Will Survive », mais aussi des chansons plus récentes : « No One », d’Alicia Keys, « Nothing Compares 2 U » de Prince popularisé par Sinéad O’Connor ou encore le morceau qui ouvre l’album, « Rolling In The Deep » d’Adele.

Toujours actuelle, Aretha Franklin a donné son dernier concert en août 2017 à Philadelphie. « Un spectacle miraculeux étant donné qu’elle combattait déjà l’épuisement et la déshydratation », a écrit sur son site Showbiz 411 le journaliste Roger Friedman . Quelques mois plus tard, en novembre, la diva chantait une dernière fois au profit de la fondation d’Elton John contre le sida, avant de se concentrer sur sa santé. Son dernier album, « A Brand New Me », sorti en novembre 2017, fait figure d’adieu aux armes pour celle qui, toute sa vie, fut une infatigable battante.

MERCI MARTHE


Avec mes grands-parents en Allemagne

MERCI MARTHE

 

Encore  en partie entre la clef et la serrure, je pêne à ouvrir. De ma mémoire assez longue, autant qu’il m’en souvienne je suis pas du genre à coller au dépassement de l’aurore. Quant j’ai dépassé l’aube pour dormir c’était pour m’être à l’aurore mis au lit. Le jour n’a que peu d’heures, les laisser au sommeil relève d’un manque de vouloir faire indiscutable, ça me fait comme si j’étais fuyard à la responsabilité de vivre, de dormir tard le matin. Pourtant aujourd’hui j’ai confirmé ma règle par l’exception. Et le tout en toute conscience d’un danger imminent. Se battre me disait Marthe c’est la première chose que tu dois apprendre. T’étais là ma bonne, ma gardienne, ce matin quand j’ai vu l’urgence de faire stop. Mourir pour des idées, mon Tonton Georges me l’a assez répété ça vaut pas de se tenir en vie. Tiens déjà il a pu se préserver de finir à la plage, qui sait où on aurait brûlé son esprit libertaire ? Quand je vois l’abus que Mai 68 a fait dans le troublement d’esprit d’innocents qui pour n’en avoir rien vécu s’imaginent… Ce que j’ai peint après ça montre le changement qui s’imposait avec des fleurs, de l’amour et de l’action lunaire.

Niala-Loisobleu – 16 Août 2018

L’OMBRE AUX SOUPIRS


L’OMBRE AUX SOUPIRS

Paul Eluard

 

Sommeil léger, petite hélice,
Petite, tiède, cœur à l’air.
L’amour de prestidigitateur.
Ciel lourd des mains, éclairs des veines,

Courant dans la rue sans couleurs,
Pris dans sa traîne de pavés,
Il lâche le dernier oiseau
De son auréole d’hier

Dans chaque puits, un seul serpent.

Autant rêver d’ouvrir les portes de la mer.

 

Paul Eluard

A 18 h 40


Les murs sont autour de la longueur du non-mesurable me tenant. Pendant que ton chat se fait les griffes dans ma pensée le chien lance la balle sur le chasseur. Paf, il lui explose le bulbe. Un espèce d’énorme courant d’air quitte son regard torve de ton décolleté. Ce marchand de journaux est un obsédé sexuel. Ses mains ont une formule de politesse inquiétante quand il dit bonjour. Ça me fait penser qu’il faut faire revenir le conteur bleu à la maison. La nuit arrive plus vite après les grandes marées du 15 août. La lumière manque. Dans la chambre heureusement que la poésie est à chevet. Elle surveille l’intrus de près.

Dehors Un regard d’enfant me traverse sans courir.

N-L – 15/08/18

ELLE A LA CONQUE


b65393cd77d27608eb2f2dd10bba80bb

 

ELLE A LA CONQUE

 

Les bleus mis en assise

déjà on devine la vue sur la mer

dégagée de la page à vendre

 

Cette maison tu voudrais que la chambre ouvre sur l’intérieur

 

j’aspire la rivière

le lit clos

mis en compte d’hauteur

ramène à lui un flot de senteurs qui me confirme combien tu es marine…

 

Niala-Loisobleu – 15 Août 2018

RAISONS DE VIVRE HEUREUX


RAISONS DE VIVRE HEUREUX

Francis Ponge

L’on devrait pouvoir à tous poèmes donner ce titre : Raisons de vivre heureux. Pour moi du moins, ceux que j’écris sont chacun comme la note que j’essaie de prendre, lorsque
d’une méditation ou d’une contemplation jaillit en mon corps la fusée de quelques mots qui le rafraîchit et le décide à vivre quelques jours encore. Si je pousse plus
loin l’analyse, je trouve qu’il n’y a point d’autre raison de vivre que parce qu’il y a d’abord les dons du souvenir, et la faculté de s’arrêter pour jouir du présent, ce qui
revient à considérer ce présent comme l’on considère la première fois les souvenirs : c est-à-dire, garder la jouissance présomptive d’une raison à
l’état vif ou cru, quand elle vient d’être découverte au milieu des circonstances uniques qui l’entourent à la même seconde. Voilà le mobile qui me fait saisir mon
crayon. (Étant entendu que l’on ne désire sans doute conserver une raison que parce qu’elle est pratique, comme un nouvel outil sur notre établi). Et maintenant il me faut dire
encore que ce que j’appelle une raison pourra sembler à d’autres une simple description ou relation, ou peinture désintéressée et inutile. Voici comment je me justifierai :
Puisque la joie m’est venue par la contemplation, le retour de la joie peut bien m’être donné par la peinture. Ces retours de la joie, ces rafraîchissements à la
mémoire des objets de sensations, voilà exactement ce que j’appelle raisons de vivre.

Si je les nomme raisons c’est que ce sont des retours de l’esprit aux choses. Il n’y a que l’esprit pour rafraîchir les choses. Notons d’ailleurs que ces raisons sont justes ou valables
seulement si l’esprit retourne aux choses d’une manière acceptable par les choses : quand elles ne sont pas lésées, et pour ainsi dire qu’elles sont décrites de leur propre
point de vue.

Mais ceci est un terme, ou une perfection, impossible. Si cela pouvait s’atteindre, chaque poème plairait à tous et à chacun, à tous et à chaque moment comme plaisent
et frappent les objets de sensations eux-mêmes. Mais cela ne se peut pas : U y a toujours du rapport à l’homme… Ce ne sont pas les choses qui parlent entre elles mais les hommes
entre eux qui parlent des choses et l’on ne peut aucunement sortir de l’homme.

Du moins, par un pétrissage, un primordial irrespect des mots, etc., devra-t-on donner l’impression d’un nouvel idiome qui produira l’effet de surprise et de nouveauté des objets de
sensations eux-mêmes.

C’est ainsi que l’œuvre complète d’un auteur plus tard pourra à son tour être considérée comme une chose. Mais si l’on pensait rigoureusement selon l’idée
précédente, il faudrait non point même une rhétorique par auteur mais une rhétorique par poème. Et à notre époque nous voyons des efforts en ce sens
(dont les auteurs sont Picasso, Stravinsky, moi-même : et dans chaque auteur une manière par an ou par œuvre).

Le sujet, le poème de chacune de ces périodes correspondant évidemment à l’essentiel de l’homme à chacun de ses âges; comme les successives écorces d’un
arbre, se détachant par l’effort naturel de l’arbre à chaque époque.

 

Francis Ponge

 

Barbara, je te dédis cette belle et intense réflexion pour te séparer du nombre d’abonnés et te placer dans la qualité du peu qui en résulte.

Je m’en vais peindre, tu sais quoi ?

Une montagne, des petites maisons et deux amoureux suivant la direction de l’oiseau, le tout dans l’odeur qui nous est chair…

 

Niala-Loisobleu – 15 Août 2018

LA FRAÎCHE HEURE


1dc8bb57059e7c23a1028699654ba896

lA FRAÎCHE HEURE

 

Passée l’odeur d’un café qui murmure, à côté du drap qui garde du rêve cette étreinte à tremper en soi, la maison ne prononce pas un mot.

Tes dessous c’est merveille gisent sur le tapis sous le chien qui ronfle.

Chaque chose doit trouver sa place, toi plus qu’une chose que tu n’es pas, offre moi en bon jour le premier sourire de ton amour.

Dans mes mains-banc viennent se seoir tes seins.

 

Niala-Loisobleu – 15 Août 2018

VOICI 3 NOUVELLES PAGES A CE BLOG


 

a41e1ff6b93138cf71dc561cf50b9651

VOICI 3 NOUVELLES PAGES A CE BLOG

 

Je viens d’ouvrir trois nouvelles pages  et vous invite à les suivre en y laissant la trace de  ce qu’elles vous inspireront.

1 – AUTAN OCCITAN

Réunissant l’ensemble de la création commune de Barbara Auzou et moi-même.

 

https://alaindenefleditniala.wordpress.com/autan-occitan/

 

2 – LES JARDINS SUSPENDUS DE BARBARA AUZOU

Recueil de poèmes de Barbara Auzou.

 

https://alaindenefleditniala.wordpress.com/les-jardins-suspendus-de-barbara-auzou/

 

3 – L’EPOQUE 2018

Une série des dernières oeuvres de Niala

 

alaindenefleditniala.wordpress.com/lepoque-2018/

 

 

Les liens sont dans la barre du haut

 

Merci  d’avance et à bientôt…

 

Niala-Loisobleu – 14 Août 2018

 

 

 

BOUT DE MINE


ee8a35363064a5cc476904e91acaf90e

BOUT DE MINE

 

A plat le vent se forge de battre le faire

le pain qui déploie son odeur par la levée du matin

accompagne un désir d’aller sans cravate chemise ouverte.

 

Glissant sans bruit vers la toile le paysage s’adoucit

au pied des maisons endormies  la rosée trempe  les mots durs de la vie

de son décolleté un sein pastel porte son bouton à sentir.

 

Niala-Loisobleu – 14 Août 2018

ÊTRE


321239

ÊTRE

Les ombres se frottaient au store, signe de l’existence de quelques marionnettes mises en mouvement par des fils invisibles. D’un réseau de cordes qui se croisaient, pendaient des habits qui séchaient au vent brûlant de l’été. Des figurines en cire se consumaient. Ces choses vivantes se mettaient à fredonner, la mort dansait derrière la nuit.
Un minuscule humanoïde de sexe masculin fondu dans un haillon en ruine déambulait sur la planche, il était taillé, modelé d’un bois pâle et dur. Ses petits pieds chaussés de deux sandales grotesques avaient peine à toucher le sol. Une jolie poupée en polyester fardée d’une beauté d’un genre commun, une copie d’une série de mille autres identiques l’arrêta et l’embrassa sur sa bouche mal usinée. Cette vie en bois était l’œuvre d’un artisan maladroit, quelque apprenti-menuisier qui était probablement destiné à faire autre chose dans sa vie. La poupée, elle, était l’œuvre d’une machine, elle sortait d’une boîte colorée, l’œuvre d’une industrie de mensonges à multi-usage.
Certes la cire qui fondait témoignait d’un climat chaud, mais l’atmosphère était glaciale, un froid qui terrifiait le bois, la cheminée ouvrait sa gueule, l’âtre était vide, même ce baiser était aussi froid et sec, il n’avait ni goût ni odeur, il annonçait l’hiver.
La musique s’arrêta net et l’homme de bois laissant ses sandales effleurer le plancher dit sans ouvrir la bouche :
— La musique est la forme la plus abjecte de l’art, n’importe quel trou de cul peut en produire. Moi-même j’en fais !
— Ce que toi tu fais est magnifique. lui dit le polyester femelle.
— Ce que je fais est toujours magnifique, mais c’est ce que je ne fais pas qui est utile.
Les fils qui le suspendaient se desserraient, on eut dit qu’il allait s’effondrer.
— Arrête de réfléchir et viens avec moi. lui proposa la poupée.
— La réflexion est une nécessité pour certains, une passion pour d’autres, mais une chimère pour ceux qui croient réfléchir. C’est d’ailleurs leur unique sujet de réflexion. Ils pensent à penser ou à ne pas penser.
Il était complètement étiré sur le plateau. Eparpillé serait le mot juste.
— Arrête de poignarder ta jeunesse ! lui cria la poupée.
— Ma jeunesse ! Je serai à jamais jeune, il n y a pas de temps, on ne vieillit pas on s’use.
On tira les fils et il se releva (Il se ramassa).
— Viens avec moi, et on inventera le temps, on vieillira ensemble et on mourra, inventons des années, inventons l’espoir.
— Si l’espoir était un homme, son dos serait voûté, on le verrait tendre la main pour ramasser, on le verrait se prosterner devant un semblable, devant ce néant qu’on appelle par pitié pour nous-mêmes dieu, devant n’importe quoi. Il voudrait exclure le doute, il voudrait voir ce qu’il n’y a pas, créer des insanités. On aurait pitié de lui. Ce n’est pas rien la pitié, c’est un noble sentiment……………. La pitié est une horreur et non un sentiment.
— Tu dois m’aimer. reprit la poupée.
— Si l’amour est un devoir, j’irai louer la haine, si la haine devient devoir je me ferai indifférent. lui répondit l’homme de bois.
— Il n’y a rien à faire, je ne puis me taire, je dois bien jouer à être quelqu’un, c’est plus facile en bavant. J’ai pris à la vie ce qu’elle avait de mieux : la chair, de la bonne viande rouge, ou plutôt rose, je préférais la rose, sans âme et sans vertu. -Une prostituée fera l’affaire- Je m’étais dit. C’était inutile, j’étais fait de bois, j’étais la mort qui vivait dans ma sève. Je suis censé être un arbre, pas un guignol.
— Arrête de te faire des nœuds dans la tête, moi aussi je n’aime pas trop le monde, mais je ne me fais pas chier à lui lancer des flèches, se serait humiliant de s’arquer pour les ramasser.
Il y a certes des natures insondables, néanmoins le fossé qui sépare deux de ces natures peut renseigner le Spinoza sur la dimension de l’une et l’autre, non en les mettant sur une échelle mais en traversant lui-même cet abîme. L’empreinte du silence sur un visage est beaucoup plus expressive que toutes les phrases qui s’impriment sur un vulgaire papier. Le silence est la forme la plus raffinée et subtile de l’art, c’est sa forme la plus élevée. Le non dit n’est pas l’oublié, il n’est pas le non su, il n’est même pas l’indicible, Il est l’art, il est la pensée qui redoute les mots.
— Viens avec moi. lui dit le polyester femelle en posant ses lèvres sèches sur les siennes et ces dernières restèrent indifférentes à ce baiser volé.
— Tu ne vois donc pas que je suis suspendu.
— Il te suffit de dire oui, de décider de venir avec moi et tu seras libéré de ces cordes… Viens avec moi, nous traverserons les champs, nous serons heureux, nous vaincrons cette honte qui t’accable. Nous serons riches.
— Les riches de notre époque jouent au golf ou je ne sais à quels autres jeux futiles, les riches d’une certaine époque écrivaient des livres. Ce n’est pas pour dire qu’il y a une évolution dans le temps, mais pour dire que rien n’a changé. C’est toujours la même histoire. Avoir pour être. Je préfère mes cordes.
On tirait sur les fils et il se releva.
— Nous autres poupées, on court chercher les balles. C’est cela ? dit la poupée en s’éloignant.
— On est les balles, des sujets, des trucs.
— Non, les balles sont identiques, pas nous. Moi je suis une femme et tu es un homme.
— Ce n’est pas ce qui nous distingue, on est des poupées le sexe est une différence banale.
— Tu es insensible, tu es de bois, fais-moi confiance, viens avec moi, je ne pourrai bouger d’ici sans toi, j’ai besoin de toi, j’ai besoin de t’avoir pour être. Viens, viens…
Sa voix s’éteignait.
— Il est vrai que je parais insensible, c’est toi-même qui le dis, je suis de bois. Mais je peux aimer, je peux aimer cette fleur (Il n’y avait aucune fleur sur scène) et si je te le montre, si je te fais voir cet amour, tu aurais honte du tien. Tu comprendrais certainement que tu es incapable d’amour.
— Pourquoi tu ne me le montres pas ? Tu n’as rien à faire d’autre, aime-moi, il n’existe aucune autre, il n’y a que moi et toi, aime-moi. Ton attente est ridicule.
— Qu’est ce que tu en sais ?
— Il y a dans une femme ce qu’il n’y aura jamais dans un homme, un vagin. Il y a dans un homme ce qu’il n’y aura jamais dans une femme, un pénis. Il y a là le véritable sens de l’existence : baiser en attendant ton godot, ce n’est que du théâtre.
— Il n’y a dans l’existence, ce théâtre de guignol aucune intrigue, aucun style, aucun sens c’est à peine un endroit.

Ahmed Yahia Messaoud
Extrait de:  Le Fantastique Editions Edilivr