ENTRE TIEN EMOI 7


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ENTRE TIEN EMOI 7

 

Palissade vêtue de quelques séquences en déchirures soulevées, tant soit peu par l’évent, le terrain vague écluse en désordre des morceaux amputés, bouts de vert, de ficelle, file de fer, et chants d’elle, bouchons hétéroclites, qui n’ont pas sombré totalement hors du temps. Miss Remington, règne de beauté de nos années folles, cliquète comme un déjeuner d’insectes au resto du coeur. Entre ses dents serrées, des filets à la traine, récupèrent sans trier, des vieux clous rouillés pour revisser les roues dentelées de la bicyclette à Chronos. A contretemps, mais tout n’est qu’apparence, elle sonne midi à quatorze heures.Déréglage oxygène de l’air tété. A vue de nez il est passé dix heurts sous les selles des usagers du métropolitain. Le matin c’est eau de toilette-saucisson à l’ail, le soir c’est péremption-crevette-vents-d’anges-tardives. Entre un sommier défoncé, et un frigo terrassé de canicule, combien de mots couverts ont maquillé la réalité.

Quand le soleil est fauché, les plumes glanent dans les éteules le regain.

Pour un art poétique

Prenez un mot prenez en deux

faites les cuir’ comme des oeufs

prenez un petit bout de sens

puis un grand morceau d’innocence

faites chauffer à petit feu

au petit feu de la technique

versez la sauce énigmatique

saupoudrez de quelques étoiles

poivrez et mettez les voiles

Où voulez vous donc en venir ?

A écrire

Vraiment ? A écrire ?

Raymond Queneau

T’as d’beaux yeux disait Gabin à l’Arletty sur le canal St-Martin.

Pendant que sous eux, une maladie d’amour flottait en corps entre vivre ou mourir. Hésitant entre deux eaux.La vie c’est le bon côté pile et la garce en face.C’est pour ça que furent inventés les poètes. Avec leur boîte de peinture, leurs crayons de couleurs, ils jettent l’ancre au large des écueils. Navigateurs des hauts sommets, escaladeurs des abysses, ils nient que noir c’est noir. Césaire de la négritude traversent le pis, déchirent l’esclavage. Sans désarmer, opiniâtres chercheurs d’espoir. Lucidement naïfs. Sans passage obligé sous les drapeaux et les bannières, des marchands du temple, des si-vous-m’Elysées-j’vous-f’ré-la-cuisine-au-beurre demain on rase gratis, et alors c’est mieux qu’attendre l’Arlésienne tous les jours de la s’maine. Demain c’est l’àvenir.

Tiens ça m’fait penser que je vais aller derrière la palissade, sur mes fortifs, jouer à taper dans une vieille gamelle, une chute de rin-de-rin, un accroc disiaque, une panne de secteur, un nez boulis de show-d’pisse, une vérole de Roméo, une Juliette de rues tabaga t’soin t’soin, un coche marre qui trottine cahin-caha, une pro messe électorale aux seins sièges de Dame Pipi, les os usés, l’échine oiseuses, les allumeuses des ternités.

A l’eau mon Coeur, j’ai placé la Remington chez ma Tante, ouvre-moi t’apporte, que je me baigne d’encre terre et ciel, plume au chat peau. J’ai de l’amour plein mon verger, donne ton panier, nous sommes à flancs de montagne, du feu dans nos cheminées occitanes à se retendre le ventre de peau souple,

Niala-Loisobleu – 27 Juillet 2018

ENTRE TIEN EMOI 6


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ENTRE TIEN EMOI 6

-Où sommes-nous lui dit-il le revolver sur les bourses ?

-Au coin du bandit

-Ah le grand chemin ?

La carte sur la table a grand peine à se déplier, déjà pour sortir du tiroir ça pas été sans problèmes, avec cette chaleur de début de fin du monde tout est écrasé menu, absent comme un citoyen aux urnes, incapable de pas se laisser tondre. On est dans la merde à croire qu’en canicule on s’attrape pas la gastro-nomique platée du rade qui respecte rien de la réglementation en vigueur. Les restes recongelés, un truc de garde du corps qui défaille de la grosse bêtise comme y disent dans le chiotte présidentiel. A-ton idée aussi d’y loger la République, ce château de loir hiverne l’intérêt public.

Paradoxe total

Mais TOI dis-moi des choses qui me courront la côte de la hanche droite à la fesse gauche, sans oublier le centre à l’arête engagée, ce qui en surprendra plus d’un, pensez qu’à son âge il se dresse encore comme un jeunot à vouloir refaire le monde, un libertaire répond-il, je suis, c’est mieux qu’un libertin qui ne pense qu’à prendre du plaisir dans le stupre et factions extrêmistes.

La veille de cette journée soit avant le lent demain je m’étirais un coup hors du sable.

Le risque qu’on peut prendre en s’engageant ça pourrait expliquer la prudence de la plus grande majorité. Mais voilà ça m’a pris au début, de vouloir exister. J’tiens ça de Marthe, une grand-mère comme on en retrouvera nulle part. La chaleur fait fondre le peu de résistance qui demeurait. Je vais dans la chambre du fond, derrière la porte de l’indifférence, serre-moi de toute ta bouche, ton oxygène me tient pur. Je crierais fort quand tout va partir, faut que je pleure pour me défaire.

Niala-Loisobleu – 27 Juillet 2018