C’EST PEUT-ÊTRE


C’EST PEUT-ÊTRE

 

C’est peut-être Mozart le gosse qui tambourine
Des deux poings sur le bazar des batteries de cuisine
Jamais on le saura, l’autocar du collège
Passe pas par Opéra, raté pour le solfège.
C’est peut-être Collette la gamine penchée
Qui recompte en cachette du fruit de ses péchés
Jamais on le saura, elle aura avant l’heure
Un torchon dans les bras pour se torcher le coeur
C’est peut-être Grand Jacques le petit au rire bête
Qui pousse dans la flaque sa boite d’allumette
Jamais on le saura, on le fera maçon
Raté Bora Bora, un mur sur l’horizon
C’est peut-être Van Gogh le p’tit qui grave des ailes
Sur la porte des gogues avec son opinel
Jamais on le saura, rapé les tubes de bleue
Il fera ses choux gras dans l’épicerie de ses vieux
C’est peut-être Cerdan le môme devant l’école
Qui recolle ses dents avec du Limpidol
Jamais on le saura, KO pour ses vingt piges
Dans le ring de ses draps en serrant son vertige
C’est peut-être Jésus le gosse de la tour neuf
Qu’a volé au Prisu un gros oeuf et un boeuf
On le saura jamais pauvre flocon de neige
Pour un bon dieu qui naît 100 millions font cortège
Allain Leprest

 

 

L’UN VAINQUEUR OU L’AUTRE BATTU


L’UN VAINQUEUR OU L’AUTRE BATTU

Paul-Jean Toulet

 

 

L’un vainqueur ou l’autre battu,
Ces beaux soldats qui vous ont faite
Gardaient jusque dans la défaite
Le sourire de leur vertu.
Vous, pour avoir rendu les armes,
Je vous trouve fondue en larmes
Et qui m’insultez entre tant.
Que si l’on doit, toute sa vie,
Déplorer l’éclair d’un instant,
Mieux vaut coucher sur son envie.

Paul-Jean Toulet – Extrait de Dixains

Le silence est la chose possédant le maximum de contre-emploi


A2-Niala 38

Le silence est la chose possédant le maximum de contre-emploi

Ruban d’eau entourant les arbres aux fronts déridés, je mesure, un rassemblement demeuré après que la chasse a expurgé suffisamment de foi discutable. La longueur est égale au quart d’un seul segment multiplié par la somme enlevée du prix des efforts q’elle a coûté  afin que rien n’y surnage après le temps de cuisson dépendant du bon vouloir de la soupape. Ainsi la marche nuptiale peut être funèbre. Il faut vivre m’a dit Marthe, il faut vivre pour arriver à tuer ce qui en présente tout le contraire. On a des âges comme une taille, une épaisseur, un manque, un désastre, une fez noz. La couleur des voitures change, les accidents restent les mêmes. Je tiens ma main sur le ventre des mauvais moments, vieille histoire d’une enfant qui a du jouer à la grande à contretemps. Le silence est la chose possédant le maximum de contre-emploi. Dans l’exercice d’une prétention des hommes et des femmes font des enfants comme on va au cinéma voir un navet. En sortant y a un chiard dans l’absence de couvert en argent. C’est cendres y ont avant la crémation. Le pôvre (ça s’écrit au féminin aussi) attend d’entendre, mais voilà les chaises sont surdimensionnées, comment qu’il pourrait voir ce qui est sur les tables, elles sont deux fois plus hautes que l’assise?

Bordel on dirait un ban…Le silence comment peut-il être destructeur, t’arrêtes pas de dire que c’est l’expression du beau ?

Bon, je vais pas insister, c’est pareil que l’histoire du pantalon c’est toujours une culotte mais mis à l’envers tu te casses la gueule.

J’ai senti le durcissement de son ventre s’assouplir. La main droite avait gagné sa hanche, la gauche sortait du nombril quand elle sentit le poil frémir. La première vague laissa la blancheur de son écume. Le soleil qui s’était évadé de la pluie fit naître le sel.

-Ne retire plus jamais ta main me dit-elle je suis bien avec ailes… Tu vas peindre ?

Niala-Loisobleu – 11 Juillet 2018