POUR LA LUMIERE


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POUR LA LUMIERE

Au bord des craies muettes et d’un tableau d’asphalte, des pinceaux secs ont amassés du remblai de l’un, toc de la plante bleue, lin pour l’autre.

Qui poussera autre que ronce dans les gravats sinon l’épine selon saints mats yeux ?

A tourner tout un non en comédie

croire pouvoir dissimuler sa peur de s’engager n’est que désertion

naufrage d’un chercheur d’hors imposteur.

Ma Muse et moi n’habitons pas au bord de l’amer. Nos arbres ont les mêmes parasites que les vôtres et nos rivières étouffent de la même asphyxie qu’en tous lieux où les tronçonneuses se déploient.

Nous ne serions rien qu’inexistants en l’acceptant

Aussi le refusons-nous

Par la création en continu.

Niala-Loisobleu – 8 Juillet 2018

19 réflexions sur “POUR LA LUMIERE

  1. L’ombre doit être nommée et puis une fois nommée, elle disparaît…C’est l’édifice entier de la société qui repose sur le bien-pensant pas beau une fois gratté à la corne…
    Alors refusons les tronçonneuses. WP est l’objet de tous les fantasmes, de toutes les crises d’Ego et de toutes les peurs de ne pas accéder à la reconnaissance de l’intime exceptionnel.
    C’est à la fois triste et pas étonnant, mon Alain….

                        I
    
       C'est le sommeil d'été cette année encore,
       L' or que nous demandons, du fond de nos voix,
       A la transmutation des métaux du rêve,
       La grappe des montagnes, des choses proches,
       A mûri, elle est presque le vin, la terre
       Est le sein nu où notre vie repose.
       Et des souffles nous environnent, nous accueillent.
       Telle la nuit d'été, qui n'a pas de rives,
       De branche en branche passe le feu léger.
       Mon amie, c'est là  nouveau ciel, nouvelle terre,
       Une fumée rencontre une fumée
       Au-dessus de la disjonction des deux bras du fleuve.
    
        Et le rossignol chante une fois encore
        Avant que le rêve ne nous prenne,
        Il a chanté quand s'endormait Ulysse
        Dans l'île où faisait halte son errance,
        Et l'arrivant aussi consentit au rêve,
        Ce fut comme un frisson de sa mémoire
        Par tout son bras d'existence sur terre
        Qu'il avait replié sous sa tête lasse.
        Je pense qu'il respira d'un souffle égal
        Sur la couche de son plaisir puis du repos,
        Mais Vénus dans le ciel, la première étoile, 
        Tournait déjà sa proue, bien qu'hésitante,
        Vers le haut de la mer, sous des nuées,
        Puis dérivait, barque dont le rameur
        Eût oublié, les yeux à d'autres lumières,
        De replonger sa rame dans la nuit.
    
        Et par la grâce de ce songe que vit-il?
        Fut-ce la ligne basse d'un rivage
        Où seraient claires des ombres, claire leur nuit
        À cause d'autres feux que ceux qui brûlent
        Dans les brumes de nos demandes, successives
        Pendant notre avancée dans le sommeil?
        Nous sommes des navires lourds de nous-mêmes
        Débordants de choses fermées, nous regardons
        À la proue de notre périple toute une eau noire
        S'ouvrir presque et se refuser, à jamais sans rive.
        Lui cependant, dans les plis du chant triste
        Du rossignol de l'île de hasard,
        Pensait déjà à reprendre sa rame
        Un soir, quand blanchirait à nouveau l'écume,
        Pour oublier peut-être toutes les îles
        Sur une mer où grandit une étoile. (...)
    
                            Yves Bonnefoy-1923-
    
         ( Le leurre des mots, publié dans le recueil Les planches Courbes - 2001)
                    Ed. Poésie/ Gallimard-2005
    

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    • Il y a une fausse accession à la liberté avec internet, les dérives de l’anonymat excitent l’égo et le redimensionne. J’éprouve un sentiment d’interrogation entre ce qui conduit les individus à imaginer consciemment et inconsciemment sans pouvoir établir la part de chaque interaction. Ces paramètres échappent totalement à ceux qui nous ont formé dans l’esprit de réflexion, moi que le cartésianisme a trouvé souvent opposé à sa règle, je me dis que ce qu’il en reste à présent va encore plus loin dans l’embrouille, vu la part grossissante d’invisible. L’iceberg est véritablement en fonte. Mais il n’est pas mort. La confusion passe au premier rang, le progrès étant tourné vers la pente descendante, la bêtise a d plus en plus d’audience. Faisant qu’on le prenne par n’importe quel bout, internet ouvre sur son développement. La machine roule et écrase tout sur son passage.
      Je me ferai moins de mal en ralentissant ma fréquence, mieux vaut me taire que devoir subir pareille insanité qu’hier. Malhonnêtement de surcroît. Jamais ma présence ici n’a visé de faire du mal, bien au contraire, je me fous des résultats, jamais je n’ai eu d’attirance pour le succès, en revanche ne pas partager m’a toujours paru contre nature.
      Merci ma Barbara, tu sais mon sens des valeurs, aussi pas de soucis pour moi en ce qui concerne ta compréhension à laquelle je suis sans réserve attaché.

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              • Ma voix et moi c’est toute une histoire tu le sais bien…et je pense que ceux qui aiment les mots ne font pas les bavards…Mes mots, quand je les trouve, sont un don.Un vrai…
                je te les réserve…

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                    • Tu m’écris ♪
                      Tu m’écris, tu m’écris
                      Sur papier d’Arménie
                      Des mots à, des mots à
                      A parfumer mon lit

                      Je dessine, je dessine
                      Sur papier d’harmonie
                      Des notes à, des notes à
                      A chatouiller ton ouïe

                      Et le temps passe comme ça
                      Douceur de papier soie
                      Et le temps passe comme ça
                      Di, di, di, di

                      Tu déchires, tu déchires
                      A coup de couteaux scie
                      Mes manies, mes manies
                      Maniables à demi

                      Tu éclaires, tu éclaires
                      A coups de crayon gris
                      Mes yeux à, mes yeux à
                      A te filmer la nuit

                      Et le temps passe comme ça
                      Douceur de papier soie
                      Et le temps passe comme ça
                      Di, di, di, di

                      Tu voyages, je voyage
                      Au fond de mon esprit
                      Des voyages, des voyages
                      A t’emmener aussi

                      Et j’écris, et j’écris
                      Sur papier d’harmonie
                      Des mots à, des mots à
                      A parfumer ton ouïe

                      Et le temps passe comme ça
                      Douceur de papier soie
                      Et le temps passe comme ça
                      Di, di, di, di

                      Exactement comme ça ma Barbara !!!!

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                    • Je me souviens de ma découverte d’Isabelle Mayereau…Des moqueries qui s’en étaient suivies…C’était pour les vieux…Elle avait un look d’institutrice sage. Je me souviens l’avoir imposée dans mon entourage et de l’avoir vécu comme un acte de liberté premier parce que cette voix-là chantait l’humilité de la présence au monde. Librement et sans fioriture. et puis doucement aussi…

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  2. Je me souviens aussi que je chantais en boucle sa chanson « Crocodiles » qu’on ne trouve pas sur Youtube..Et qui disait « Vous ne pourrez jamais pénétrer dans ma tête, y fourrer vos doigts sales en forme de chronomètre, dégueulasses. Et vous grimpez l’échelle des coefficients, agenda de croco, Mercedes 600…. »…

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  3. et puis cette autre aussi que je ne retrouve pas non plus et qui disait: « Vous dérangez mes idées noires, vous me dérangez.Vous écrasez vos cigarettes sur mes idées, la preuve est faîte, vous fascisez « …

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  4. Je crois qu’elle s’appelle « Vous me dérangez »…Elle m’avait inspiré ce poème 25 ans plus tard…

    C’est encore la vie,

    cette fatigue au front

    pic-vert qui tape à la tempe

    d’écorce attendrie

    et ces cortèges d’insectes

    sales aux veines

    en peine de battre en flots continus

    pour sucer à la sève

    l’ insensé idéal

    à la cime suspendu comme un falot.

    C’est encore la vie

    le front fiévreux qui s’effondre

    sur le livre ouvert

    au sens

    pour mieux le fendre

    et ces cortèges d’énigmes déguisées

    en injonctions paradoxales

    que vous lancez

    en lourdes neiges froides

    Sur la clarté de mon noir matinal.

    Vous me dérangez.

    Barbara Auzou.

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  5. Eh oui et que fait-on sinon disparaître de ce truc…Je viens de recevoir mon 850 eme abonné. Un blog de dessin au fusain. Pas inintéressant mais…Qu’advient-il après des échanges profonds?
    J’avoue être perdue…J’ai été honnête avec toutes les tentatives d’abonnements « Vegan » signifiant clairement que moi la nuit je rêvais d’entrecôtes et d’escalopes (!), honnête aussi avec les maniaques du développement durable, certes c’est important, mais il faut aller faire un tour dans les établissements scolaires pour voir comme c’est de venue une religion qui balaie tout le reste (restant ceci dit dans les limites du « déchets » car l’humain qu’on laisse crever ça fâche comme discours!) que contre mon gré j’ai parfois rêvé aussi d’étranglement de nounours polaire, j’ai dit non aux blogs beauté et manucure, le blog foot, n’en parlons pas, alors…A l’instant où je te parle je vois s’inscrire dans une fenêtre à droite une nouvelle abonnée…Oh non ce n’est pas regardez regardez…Hier dans les messages qu’ont généré mon article sur le reblog « froid » j’ai évidemment eu le droit « fallait pas mettre le bouton reblog » alors que j’avais bien expliqué que le partage émotionnel et intellectuel était important…Donc demain si je me fais agresser par trois cons dans la rue,je m’attends à ce qu’on me dise: « fallait pas sortir de chez toi! »…

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