PESER LES FEMMES


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PESER LES FEMMES

fardeau chéri quand la barque s’enlise sur la rive malencontreusement je te porte qui ne peut être que la fin l’autre rive où parée te déposer car tu me fus trop
mêlée je veux en tes robes et voiles t’aimer qui cachent ton acre et ton embonpoint moins toucher ta jambe que tes bas je sens la vase qui m’empêtre je sens décroître
ma force et mon souffle moi d’usure agenouillé et d’aimer sans savoir ce qu’est aimer au-delà de la peau qui crie de la bouche et d’en bas jouit plus elle te possède plus
étant seule — ton fameux rire de s’élever ignorant tout autant étonné entrecoupé fidèle mais gai exubérant aussi clair pourtant s’apaisant après
l’incident.

Jude Stéfan

MAIN MISE 1 – ANTONIN ARTAUD


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MAIN MISE 1 – ANTONIN ARTAUD

 

…Je vous l’ai dit, que je n’ai plus ma langue, ce n’est pas une raison pour que vous persistiez, pour que vous vous obstiniez dans la langue.

Allons, je serai compris dans dix ans par les gens qui font aujourd’hui ce que vous faîtes. Alors on connaîtra mes geysers, on verra mes glaces, on aura appris à dénaturer mes poisons, on décèlera mes jeux d’âmes.

Alors tous mes cheveux seront coulés dans la chaux, toutes mes veines mentales, alors on percevra mon bestiaire, et ma mystique sera devenue un chapeau. Alors on verra fumer les jointures des pierres, et d’arborescents bouquets d’yeux mentaux se cristalliseront en glossaires, alors on verra choir des aérolithes de pierre, alors on verra des cordes, alors on comprendra la géométrie sans espaces, et on apprendra ce que c’est que la configuration de l’esprit, et on comprendra comment j’ai perdu l’esprit.

Alors on comprendra pourquoi mon esprit n’est pas là, alors on verra toutes les langues tarir, tous les esprits se dessécher, toutes les langues se racornir, les figures humaines s’aplatiront, se dégonfleront, comme aspirées par des ventouses desséchantes, et cette lubrifiante membrane continuera à flotter dans l’air, cette membrane lubrifiante et caustique, cette membrane à deux épaisseurs, à multiples degrés, à un infini de lézardes, cette mélancolique et vitreuse membrane, mais si sensible, si pertinente elle aussi, si capable de se multiplier, de se dédoubler, de se retourner avec son miroitement de lézardes, de sens, de stupéfiants, d’irrigations pénétrantes et vireuses,

alors tout ceci sera trouvé bien,

et je n’aurai plus besoin de parler.

Antonin Artaud – Le pèse nerf  extraits,1925

Arrêt, vois l’étale


Instant du changement de flux. Le mécanicien visite les jantes de son marteau. Le couloir respire l’image fixe, la remorque aux journaux est entre deux faits divers, le gilet rouge attend sous la case départ. Nous sommes si près de l’idée que nous avons du bon sens que ton doigt sur mes lèvres m’abstient de répondre. Tu n’as pas déjeuné, je sieste, en riant nous regardons la mer approcher. Plus proches des millions d’inconnus remuent leurs mains en se passant la langue sur les lèvres. Je peigne ta nuque. Tu écris ma toile.

N-L – 07/07/18

REBLOG


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REBLOG

A deux pas de ma naissance…je me souviens de tout… j’arrivais un matin de Novembre dans une ruche plus que fourmilière. Un froid si aigu règnait en mâitre que je ne vois d’autre explication à la présence créative qui imposait son énergie. D’un piano sans queue sortaient les cris de la pierre tordue dans le métal d’une statue équestre, pendant que la laine filait la lisse d’une vague enchantée. Ô des Capitaines sur chaque pont de ma rive gauche de Seine…ça ne manquait pas.

Des peintres, des sculpteurs, des lithographes, des compositeurs, des danseurs, des comédiens, des poètes, des chanteurs, des acrobates et puis et puis….Avec des empreintes de Bateau-Lavoir et de Dôme, mon dernier foyer créatif parisien se dressait sur ses pieds en faisant venir des artistes pluridisciplinaires du monde entier. Force, énergie, puissance, rien n’y manquait. Le monde se révoltait dans l’arène de la capitale du pays France. Révolution d’Octobre, révolution Khalo, révolution Picasso, révolutions qu’un créateur sans précédent avait tiré de lui, monsieur Paul, Cézanne pour la Ste-Victoire de l’Art. Zola torchant l’article, si J’accuse, les voleurs de blogs aujourd’hui c’est pour l’irrespect qu’ils portent au génie humain.

Quand Barbara se laisse partir à la plume que ou qui crois-tu qu’elle copie hein, Bouffi, crois-tu qu’elle a pas germé la naissance de sa pensée dans ses tripes, en accouchant ses mots ?

Et c’est à elle, à personne d’autre ce qu’elle écrit, personne a le droit de le copier sans son autorisation, c’est la propriété intellectuelle, la propriété de tous les écrits littéraires, musicaux, plastiques, musicaux, etc…

En vous les livrant elle vous donne…ne lui prenez pas…Sans au moins un commentaire.

Niala-Loisobleu – 7 Juillet 2018