EPURE POUR UN SEOIR


p1050649

EPURE POUR UN SEOIR

Des pierres remontent les sentes que les pieds-nus chaussent

en bout à bout de cailloux transparents où l’image d’une table de ferme attend au pied du lit que le peint cuise aux remous des marches d’escaliers de ce cours d’ô

Ne gardant que selles du rêve roulant d’un bord à l’autre de la croupe chevaline

Le tilleul tourne sa cuillère dans la cour des miracles d’une histoire avancée

mais la menthe monte fraîche et forte dans l’arborescence du schéma que ne feront pas les rideaux aux fenêtres des fleurs roses

Percées grimpantes que l’herbe aux gueux accroche au treillage de notre rêve luttant contre la médiocrité du laid tourné.

Niala-Loisobleu – 31/07/18

ENTRE TIEN EMOI 9


a5ac5ac76d480f42d4dd0e744a5bf8c8

ENTRE TIEN EMOI 9

Ces murs un matin de plein hiver, nous étions à fendre. Ces murs regardés là. Ainsi depuis des années ils me voulaient voir accrochés. Leur surface monumentale, me laissa bouche-bée…

La chaleur  c’est ça qui a tout changé ? Sais pas mais ce qui est sûr c’est que ça à complètement changé nous ne sommes plus dans l’état d’esprit de cette invitation renouvelée depuis des années. Je laisse partir aux nuits ventées du vide. Au lieu d’une présentation de grandes oeuvres, la réduction au petit-format se sépare du projet de base.

Pour dix oeuvres…et de petits formats….

Mais un grand projet en commun avec Barbara Auzou: AUTAN OCCITAN a vu le jour.

Je regrette simplement

il ne sera pas montré au public dans son entité: manquera les poèmes

Rendez-moi ma jambe…

Niala-Loisobleu – 31/07/18

3, 4 et 5 Août 2018 a ECHALLAT 16170 – 12° FESTIVAL D’ART EN VILLAGE – Expositon chez l’Habitant


3, 4 et 5 Août 2018

a

ECHALLAT 16170

12° FESTIVAL D’ART EN VILLAGE

Expositon chez l’Habitant

 

NIALA – ECHALL‘ARTS 2018

10 Oeuvres exposées numérotées de 1 à 10

AUTAN OCCITAN

2018

Acrylique s/toile 46×38

Prix unitaire : 500,00€

IMG_1600

LE JARDIN DE NIALA

9, Rue de la Chaume 16i00 BOUTIERS-SAINT-TROJAN

Portable : 06 8419 18 49

Visites sur rendez-vous

Président du Cercle des Beaux-Arts Poitou-Charentes

Président-Fondateur du Salon des Vendanges de Cognac

Président-Fondateur de l’Atelier du Duodénaire

Membre : Maison des Artistes, A.D.A.G.P., C.T.I., S.N.A.P., S.A.D.A.P.P

http://www.niala-galeries.com

https://lireditelle.wordpress.com/

https://alainnialablog.wordpress.com/

P1050680

P1050682P1050684

P1050686

P1050689

P1050691

P1050693

P1050696

P1050698

P1050702

AUTAN OCCITAN 4


AUTAN OCCITAN 4

Autan-Occitan est une série de 10 tableaux de Niala à partir desquels Barbara Auzou a écrit 10 poèmes. Il s’agit donc d’une oeuvre commune de deux auteurs indissociables

Notre pays de cocagne

Était à portée de main

Et à la paume de ces terres grasses

Mollement ondulées où s’entassent

Des maisons coiffées de tuiles

Que nous couronnions de châteaux ou de moulins.

Ni le hoquet ombrageux de la montagne noire qui menace

Ni d’un curé littéraire les obscurs sermons

Au-dessus des trois anciennes aires de battage

N’eurent un seul jour raison

Du grenier à blé de nos corps

Et du calcaire de nos os qui laissait glisser l’orage.

Au pigment de nos saisons attendries,

Nous rendions les moulins au vent, le nom à la toile d’or

Et les débris de pastels clairs au canal du midi.

Barbara Auzou

P1050686

Autan Occitan 4 – 2018 – Niala – Acrylique s/toile 46×38

CA SWINGUE


toile-peinture-tableau-60x60c-musicien-jazz-saxophone-saxophoniste-1008254639_ML

CA SWINGUE

Je malmenais Armstrong Louis de Nougaro ;
S’énervaient sous mes coups les dents noires et blanches
Qui ricanaient « si tu tapes sur nous gare aux
Faux oiseaux qu’on fera descendre de leurs branches. »

Mais, qu’importe, après tout, j’étais dans le tempo,
J’avais à mes côtés la bouteille carrée,
Le Havane roulé, le rythme dans la peau,
L’inspiration forte et ma mère effarée.

Je me désaltérais, parce que je m’assoiffe
De bringue, de musique en poussant les amplis ;
Ca me prend brusquement, je veux que ça décoiffe
Les types bien peignés, la belle mise en plis.

C’est vrai que c’était beau, je suis musicien
Autant dans le mélo que dans les mélodies ;
On m’avait surnommé maître magicien,
Prestidigitateur, jongleur de rhapsodies.

Et plus j’étais en rythme et plus j’avais la rime
Et les sons les plus chauds autour d’accords parfaits ;
J’exultais, je chantais, ce n’est pas de la frime,
J’avais dans le buffet placé tous mes effets.

Je buvais, je crachais les paroles, les mots,
Ma tartine beurrée que j’avais enfournée
Et ma tête tournait, je repensais à Meaux,
Son nom Brie pastiché pendant une tournée.

Et je partais en swing tirant sur l’élastique
Du phrasé syncopé (Saint Copé prie pour nous) ;
Le jazz allait jaser jusqu’à ce que j’astique
Les notes de musique implorées à genoux.

La pendule et le coq, l’hombre* et la lumière :
Que de douces folies, que d’associations !
Allez la batterie, les cuivres, la première
Mélancolie dans une improvisation.

Mais, mon piano geint : où es-tu occitan ?
Tout Toulouse te pleure, ô mon louseur de Claude
Lâchement endormi ; je t’ai connu citant
Jacques Audiberti que le beau vers taraude.

Alors, je me sers, à bout de souffle, un grand verre
Ou deux peut-être pour devenir un sorcier ;
Les dents dansent, valsent à l’envers ; le trouvère
Que je croyais être doit virer épicier

Je me fais infuser thé et café salé
Pour digérer ma bière et même la dissoudre ;
Je suis assis sur une seule fesse, allez,
Tu vas voir Claude, comme je vais tout résoudre.

Mais, ça ne va pas mieux, les mots deviennent vieux
Et les pizzicati sont de petites larmes
Qui tombent mollement d’un pan trop bleu des cieux
Où le soleil luit en se moquant de leur charmes.

Claude, ne m’en veux pas, j’ai du cauchemardé.
Dis, on se voit bientôt, on verra la Garonne
A la corne espagnole aller entrelarder
Les taureaux adulés par la vieille baronne…

Jean-Michel Bollet

NOTES POUR LE PETIT JOUR


Michael-Maier-1-Fantasie-Gefuehle-Liebe-Gegenwartskunst--Postsurrealismus (1)

NOTES POUR LE PETIT JOUR

Des femmes crient dans la poussière.
Car chanter, comment chanterait-on sous ces pierres friables?
La ville avec ses bruits, ses grottes, sa clarté, n’est qu’un des noms pour ces grands empires de sable dont le dernier commerce est d’ombre et de lumière.
Mais toujours, sur ces gouffres d’eau, luit l’éphémère…

Et c’est la chose que je voudrais maintenant

pouvoir dire, comme si, malgré les apparences,

il m’importait qu’elle fût dite, négligeant

toute beauté et toute gloire : qui avance

dans la poussière n’a que son souffle pour tout bien,

pour toute force qu’un langage peu certain.

Toiles, bois, pierres humides, pays poursuivi par l’eau, comme la femme nocturne, la beauté pluvieuse et chaude.

Forêt marine à l’aurore, touffue et trempée de vent, j’entre et je suffoque en toi.

Paresseuse comme l’huile, mais l’huile devient lueur, brûle, murmure, jubile dans la veilleuse en sueur.

Où serez-vous quand agira la mo

lune aussi belle qu’un soleil

qui rouliez vers le bois marin,

oiseaux levés tous ensemble,

beaux ouvriers de l’aurore?

Et toi, où seras-tu qu’ils éveillaient à peine,

à nulle chose de ce monde comparable’

sinon précisément à cette clarté grandissante,

où seras-tu, petit jour?

Pas seulement alors, mais déjà maintenant vous n’êtes plus que cette voix trop faible, que ces paroles toujours vagues.

O l’étincelant amour !

Il n’est bientôt plus que l’appel

que se lancent les séparés.

(Ainsi toute réalité

dans le cœur où la mort s’affaire

devient cri, murmure ou larme.)

Alouette, étoile en plein jour, avant qu’il ne soit trop tard, avant que j’en aie fini avec ces choses très claires, puissiez-vous me conduire encore jusqu’au seuil d’une telle
nuit.

 

Philippe Jaccottet

ENTRE TIEN EMOI 8


a5ac5ac76d480f42d4dd0e744a5bf8c8

ENTRE TIEN EMOI 8

Lever la tête pour la sortir de l’oreiller quand une main qui pourrait y ajouter ses pieds vous appuie dessus c’est pas facile. J’étais absent de la fête qui agite les quais une fois par an à Cognac, c’est donc pas la gueule de bois, mais la vache c’est bien imité. Abruti, les yeux chiasseux et un con de marteau qui joue d’une tempe à l’autre, j’ai rien fait qui mérite de me punir, au contraire. Et le temps froid qui va être trop chaud dans peu de temps, qu’est-ce qui tourne pas rond ?

Niala-Loisobleu – 28 Juillet 2018