TISSE RANG


TISSE RANG

Les heures ont déroutées certaines tentatives. Le collet est passé si près que le chapeau tomba tout seul.

L’embarras orageux n’a mouillé que de quelques gouttes, pour l’humide revigorant la rose zoir possède son arbre à soie.

Merveille à lice, mon métier noue l’haleine en odyssée à long poil en noeud serré.

Niala-Loisobleu – 18 Juillet 2018

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UNE POUR TOUTES


UNE POUR TOUTES

 

Paul Eluard

 

 

Une ou plusieurs

L’azur couché sur l’orage

La neige sur les oiseaux

Les bruits de la peur dans les bois revêches

Une ou plusieurs

Dans les coques de glaise on a semé des corbeaux

Aux ailes fanées au bec de tremblement de terre

Ils ont cueilli les fantastiques roses rousses de l’orage

Une ou plusieurs
La collerette du soleil
L’immense fraise du soleil
Sur le goulot d’une clairière

Une ou plusieurs

Plus sensibles à leur enfance

Qu’à la pluie et au beau temps

Plus douces à connaître

Que le sommeil en pente douce

Loin de l’ennui

Une ou plusieurs

Dans des miroirs câlins

Où leur voix le matin se déchire comme un linge

Une ou plusieurs

Faites de pierre qui s’effrite

Et de plume qui s’éparpille

Faites de ronces faites de lin d’alcool d’écume

De rires de sanglots de négligences de tourments ridicules

Faites de chair et d’yeux véritables sans doute

Une ou plusieurs

Avec tous leurs défauts tous leurs mérites
Des femmes

Une ou plusieurs

Le visage ganté de lierre

Tentantes comme du pain frais

Toutes les femmes qui m’émeuvent

Parées de ce que j’ai souhaité

Parées de calme et de fraîcheur

Parées de sel d’eau de soleil

De tendresse d’audace et de mille caprices

De mille chaînes

Une ou plusieurs

Dans tous mes rêves

Une nouvelle fleur des bois

Fleur barbare aux pistils en fagot

Qui s’ouvre dans le cercle ardent de ses délires

Dans la nuit meurtrie

Une ou plusieurs

Une jeunesse à en mourir

Une jeunesse violente inquiète et saturée d’ennui

Qu’elle a partagé avec moi

Sans se soucier des autres.

 

Paul Eluard

MES DEUX SEINS SANS FRONTIERES


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MES DEUX SEINS SANS FRONTIERES

Peut-être mieux

avec une pointe de retour

dosée à la bonne cogne au mal

contre un manque d’épices

le chemin sortira des pâles contemplations

accompagné par la musique des mâts qui tanguent de sortir

J’ai pas envie de pleurer si ce serait triste. je trouve le simple d’un mal de do qui renverse son outre-larmes à pouvoir y nager.

Mon défaut le plus gros c’est de ne pas supporter l’injustice. Je me pose jamais de savoir comment on fait pour la rencontrer. Qu’on s’y prenne par le bout d’un goût bien disposé on s’y tape pareil que mal luné. Cherche pas ça vient tout seul, change de côté.

Les larmes que la joie source pas, c’est le puits associatif qu’on mirage au beau milieu du désert

chameaux ou pas d’aboiements, mes deux seins sans frontières.

La plage, les yeux dans l’écume, regarde passer un cerf-volant une nudiste sans voyeurs fait mon bonheur

l’aqueux en pavois qui marine

des palisses en soutif pour les dunes piquées d’oyats, des touffes de traces d’oiseaux éparpillées dans le désordre qui tient la nature en place, large traversée pas rempart

un désir qui se force pas à franchir la longue barre noire fermant le chenal, jour de pêche les mouettes autour du sillage

pour le retour aux pierres dressées d’une maison dans une pinède à paumes de peint, que l’orage débarbouille, autan le dire je mourrais bien dans le silence d’amour d’un isolement d’écriture…

Niala-Loisobleu – 18 Juillet 2018

ENVOLEE


ENVOLEE

Ainsi griffée

à l’écorce encore verte

de ma chevelure

et à l’écusson de ma peau de tempête,

j’abandonne la branche-mère devenue trop dure

pour la branche-soeur offerte

à la greffe de l’œil poussant

qui cultive l’espoir dans un vaste champ

où le sang sombre est laissé au fer.

C’est l’instant nu

et le doux séjour dérobé,

la nidification secrète

et c’est à peine si l’on devine

que les oiseaux déjà habitent la racine

 s’exerçant en secret au grand saut et à l’envolée

vers de tendres bras de rameaux doubles.

Nos enfants auront l’instinct florifère que rien ne trouble

et à la flamme des fruits mûrs dansant sous le soleil

ils regarderont au bourgeon gonflé de leur bouche vermeille

se multiplier le fol amandier et la fière glycine.

Barbara Auzou

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Envolée – 2018 – Niala – Acrylique s/carton toilé 46×33

BONJOUR CREATION


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BONJOUR CREATION

Etre soie chaque jour

ça crée

m’aime pas peur

de sortir d’un arbre de vie

passionnément

à demain jointes

sans ça viser

Toi qui écris ce que je suis en train de peindre

si j’avais douté comme  certain infirme

t’aurais à renaître à jour la généalogie d’une fausse-couche d’adoption

un soir de procréation bain-douche…

 

Niala-Loisobleu – 16 Juillet 2018