5 réflexions sur “SERGE REGGIANI IL FAUT VIVRE

  1. Il faut vivre, l’azur au-dessus comme un glaive
    Prêt à trancher le fil qui nous retient debout
    Il faut vivre partout, dans la boue et le rêve
    En aimant à la fois et le rêve et la boue
    Il faut se déplacer d’adorer ce qui passe
    Un film à la télé, un regard dans la cour
    Un coeur fragile et nu sous une carapace
    Une allure de fille éphémère qui court
    Je veux la chair joyeuse et qui lit tous les livres
    Du poète au polar, de la Bible à Vermot
    M’endormir presque à jeun et me réveiller ivre
    Avoir le premier geste et pas le dernier mot
    Étouffer d’émotion, de désir, de musique
    Écouter le silence où Mozart, chante encore
    Avoir une mémoire hypocrite, amnésique
    Réfractaire aux regrets, indulgente aux remords

    Il faut vivre, il faut peindre avec ou sans palette
    Et sculpter dans le marbre effrayant du destin
    Les ailes mortes du Moulin de la Galette
    La robe de mariée où s’endort la putain

    Il faut voir Dieu descendre une ruelle morne
    En sifflotant un air de rancune et d’espoir
    Et le diable rêver, en aiguisant ses cornes
    Que la lumière prend sa source dans le noir
    Football, amour, alcool, gloire, frissons, tendresse
    Je prends tout pêle-mêle et je suis bien partout
    Au milieu des dockers dont l’amarre est l’adresse
    Dans la fête tzigane et le rire bantou
    On n’a jamais le temps, le temps nous a, il traîne
    Comme un fleuve de plaine aux méandres moqueurs
    Mais on y trouve un lit et des chants de sirènes
    Et un songe accroché au pas du remorqueur
    Jamais ce qui éteint, jamais ce qui dégoûte
    Toujours, toujours, toujours, ce qui fait avancer
    Il faut boire ses jours, un à un, goutte à goutte
    Et ne trouver de l’or que pour le dépenser
    Qu’on s’appelle Suzanne, Henri, Serge ou que sais-je
    Quidam évanescent, anonyme, paumé
    Il faut croire au soleil en adorant la neige
    Et chercher le plus-que-parfait du verbe aimer

    Il faut vivre d’amour, d’amitié, de défaites
    Donner à perte d’âme, éclater de passion
    Pour que l’on puisse écrire à la fin de la fête
    Quelque chose a changé pendant que nous passions.

    Reggiani reste pour moi au bord de la déchirure. C’est le seul à produire ça chez moi.Plus que Brel, Ferré ou Barbara. Aussi je l’ai éloigné de ma vie longuement…
    Il faut vivre oui…
    Merci mon Alain.

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