RAS-RONDIN


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RAS-RONDIN

 

Feu fit le peloteur d’exécution en glissant sa main d’un oeil tourné vers l’autel, tandis que de l’autre, le plus libidineux, il l’avait entré au tabernacle en signe de croix. Le peintre traversa la route en tapant du pied pour que le marais rattrape le condamné, pauvre ras -rondin, qui aurait été mis au feu comme une sorcière au temps des messes noires auxquelles seule la maîtresse du roy avait le droit de donner ses bâtards en supplice. C’est justice fête. Alors se rappelant Prévert, il signa en bas du tableau. Ceci n’est à prendre qu’en conte d’hauteur…

 

N-L – 27/06/18

 

LE NOYE DU JARDIN


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LE NOYE DU JARDIN

D’un bord non-retenu  l’écart en grandissant met les coutures en alarme

on a vu des chants fertiles craquer soudain sous la brûlure d’un couac

imagine le rossignol garrotté par un changement d’heur

Les eaux calmes se rident comme mordues par un tentacule charnu et mobile, zoophyte flottant à la surface d’une zone blanche où aucune connexion ne passe

insensé mais véridique

Le Cheval Bleu

se cabre à la vue de la forme reptilienne

rien n’indiquant à priori si elle est ou n’est pas venimeuse

Au virage de l’échaudé

l’eau froide agit d’abord et se rétracte après

Remontent les images du cauchemar de l’enfant abusé

l’innocence fourrée dans la bonbonnière d’une gueule velue

Là où on a marché sur la pureté avec les pieds sales

la plaie ne se suture que d’un oeil

Le jour vînt avec

réveil abominable

pourquoi a-t-il fallu qu’un lance-pierre prenne la place du bonjour ?

Sans laisser le temps de vérifier la voilure, la vague traverse le pont en renversant tout sur son passage

le cul hors-d’eau la proue en plongée

le timonier balade d’un bord à l’autre à la gîte

Des ex-voto dans les jambes tout se tient debout avec peine

je me sens périr en marchant seul sous l’eau

Et je me réveille trempé

Niala-Loisobleu

27 Juin 2018