SORTIE DE FEU


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 SORTIE DE FEU

Le jour est levé depuis des heures, comme le jardin je n’en ressens pourtant rien de dynamique. L’insecte est enfoui dans un état-d’esprit proche de l’homme. Serait-il devenu bête lui aussi ? Cette nuit de célébration de la St-Jean m’a éteint le feu intérieur qui s’étaitt allumé dans mon travail de la journée. Si fort, intense, joie, transport un état de peinture extrême. Porté par ce qui conduit au dépassement par le pouvoir créatif. La poésie avait pris une certaine avance sur le moyen pictural. C’est ce que j’ai ressenti tout au long, j’ai travaillé sous la dicté, transcrivant l’image des mots que je recevais. La magie a si bien opéré que le soir la réalité est arrivée vulgaire et brutale, avec LE BRUIT pour unique et dévorante présence, massacrant au sens premier le sens , la profondeur…Je suis resté sobre, hors des libations générales, allant me coucher la tête brisée sans attendre l’allumage du feu. Certainement  un réflexe de sauvetage d’un rite outragé. Pourtant ce matin je n’arrive pas à sortir d’une épouvantable gueule de bois.

Niala-Loisobleu – 24 Juin 2018

 

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7 réflexions sur “ SORTIE DE FEU

  1. Le pays natal est un allié diminué. Sinon il nous entretiendrait de ses revers et de sa fatuité.

    Pistes, sentiers, chemins et routes ne s’accordent pas sur les mêmes maisons, choisissent d’autres habitants, rendent compte à des yeux différents.

    La question à se poser sans cesse : par où et comment rendre la nuit du rêve aux hommes? Et pour tromper l’horreur dont ils sont visités : à l’aide de quelle
    matière surnaturelle, de quel futur et millénaire amour?

    Ne pas donner à l’oiseau plus d’ailes qu’il n’en peut. Pour son malheur il nous égalerait.

    Dans les lieux d’épouvante qu’il s’apprête à conquérir, l’orgueilleux se fait précéder d’une fusée. Le désespoir aussi. Sans lustre.

    Aversions. René Char.

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        • Tes soleils volent au vent des bouchées à la reine que tu es, idolâtre non lue d’un essaim d’abonnés
          S’exclamant comme je suis le peintre des aveugles. Notre ST-Jean est le bûcher que d’aucuns brûlent d’allumer
          Je t’ai lu comme la peinture m’a paru dictée

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            • CHACUN SA PART

              Il a chassé la lune, il a laissé la nuit. Une à une les étoiles sont tombées dans un filet d’eau vive.

              Derrière les trembles un étrange pêcheur guette avec impatience d un œil ouvert, le seul, cache sous son large chapeau; et la ligne frémit.

              Rien ne se prend, mais il emplit sa gibecière de pièces d’or dont l’éclat s’est éteint dans le panier fermé.

              Mais un autre attendait plus loin du bord. Plus modeste il péchait dans la flaque de boue qu’avait laissée la pluie. Cette eau, venue du ciel, était pleine d’étoiles.

              Pierre Reverdy

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