FRAÎCHE PEAU 


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FRAÎCHE PEAU

 

Epaisse chaleur

pâte air noces t’air

notre paire est aux c’yeux

et ne prie que pour nouer

 

Ventile

 

La mer déborde le rivage se fait sauvage

les peints marinent

chenal où tes seins sculptent des perchoirs pour l’écume

je me figure de proue

 

Aère

 

Là où rien à dire

l’herminette taille

de nef à l’un dit nie à las

pour son autre…

 

Pose ton empreinte

 

N-L – 20/06/18

 

 

 

INITIATION SPONTANÉE


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INITIATION SPONTANÉE

le peigne tentaculaire

et

spectral

de mon nom tétragramme

peigne

la belle chevelure

terminologique

poussée

sur le corps

de

Olga

de même que

la fameuse position

erotique

dénommée « le cheval »

peigne la chevelure du

néant le peigne hypothétique de mon signe nominal

peigne

la chevelure spectrale

de

Olga

il peigne il saigne il chevauche jour et nuit la belle chevelure télépathique déchaînée sur le nom fatal sur le nom ovale de
Olga

dans un corps-à-corps

télépathique

télépathique splendide

et

complémentaire

on peigne on saigne on chevauche

jour et nuit

le tête-à-tête antithétique

de

ces deux tétragrammes

spectraux

de même que

le fameux chevalier erotique

s’identifie

mythologiquement

à

son cheval

mon nom

télémétrique

Luca

s’identifie

physiologiquement

Olga

il s’identifie

à la splendide chevelure

homographe

de

Olga

dont le

g spécifique

se dissout

tautologiquement

dans l’océan du vertige de l’éclair du cheval

calligraphique

de

mon

L

initial

initial primordial et triangulaire

comme une éruption synthèse

dans la fixité du néant.

 

Ghérasim Luca

LES PONTS


 

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LES PONTS

Des ciels gris de cristal. Un bizarre dessin de ponts, ceux-ci droits, ceux-là bombés, d’autres descendant ou obliquant en angles sur les premiers, et ces figures se renouvelant dans les autres circuits éclairés du canal, mais tous tellement longs et légers que les rives chargées de dômes s’abaissent et s’amoindrissent. Quelques-uns de ces ponts sont encore chargés de masures. D’autres soutiennent des mâts, des signaux, de frêles parapets. Des accords mineurs se croisent, et filent, des cordes montent des berges. On distingue une veste rouge, peut-être d’autres costumes et des instruments de musique. Sont-ce des airs populaires, des bouts de concerts seigneuriaux, des restants d’hymnes publics ? L’eau est grise et bleue, large comme un bras de mer. – Un rayon blanc, tombant du haut du ciel, anéantit cette comédie.

Arthur Rimbaud  

(Les Illuminations)

 

La trace est indélébile, ancrée calligramme au poinçon, nielle alors

quand la main habile incruste les ors dans les ivoires et les y voir dans l’hors

le bois de rose devient plus noir que les bennes à ordures.

Une jolie fleur dans une peau d’vache, pétale la chanson de Tonton Georges

toute barbelée de cheval de frise

le mirador tirant sans sommation.

Effet d’alcool le souvenir sort du journal intime les nuits blanches avec leurs mots rouge-gorge, la couleur des draps se replie sous les voûtes, il faut rester neutre on pourrait nous voir la serrure est grande ouverte et l’échelle du lit tend à l’accru. Que vois-je, ce beau chapeau, c’est l’heure de la messe. Tires-moi plus profond et godille, la barque est là, le nautonier pas encore arrivé, tu m’as plus vivante que le corps-mort auquel elle est amarrée. Les saules pleurent, leurs cheveux noués aux requins par les ailerons, à quai l’éternel cocu regarde sa montre, le drapeau sous l’aisselle, il avale le petit pois du sifflet et tombe sur la voie au moment où le train s’ébranle.

Et les garde-fous, comme les parapluies, les petits articles des contrats d’assurance, les défenses de, les passages interdits et les gens d’armes, continuent de faire semblant d’être honnêtes. Les fausses-identités, les faux-profils, le faux-bois, le faux-marbre, les faux-saints, les faux-culs, jurent sur la tête de leur mer d’eux…

Soupirs canal d’une prison, neuf comme un camion, mirabeau la bouteille d’alcools à l’amer, des arts le cœur cadenassé, rialto aux flots rances, golden gate sans francis and co, que de tabliers sur piles envoûtants, là où l’homme passe l’eau tarie fait son jeu de dupes de pont-à-mousson illuminant l’ô glauque des belles bleues de ses artifices

Et sans m’arrêter je culotte ma pipe…

Niala-Loisobleu – 20 Juin 2018

 

CHARENTE


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CHARENTE

Le drap flotte encore à la surface et se tend par la fenêtre en quête de fraîcheur
un soleil tapi dans le foyer de l’alambic s’ apprête
Où va l’eau quand elle a franchi la mer ?
Niala-Loisobleu – 20/06/18

 

 

Arrondie et pointue alternativement la barque
De soleil glissant vers la mer replonge et disparaît
Dans le ciel nuageux de
Saintonge aux replis massés
Contre des volets bleus, entre les toits de tuiles rondes.
Un désordre léger d’oiseaux cligne sur l’étendue
Exacte de labours, de prés, d’arbres qui s’accomplissent
Dans la sourde épaisseur du gris où le temps submergé
N’avance plus parmi les eaux, les herbes dévêtues. À l’horizon très bas la carrière de bleu s’effondre
Avec le sable du rivage ou se rouvre soudain,
Et le jour se déploie au-dessus des premiers villages
D’Aunis équilibrant ce poids de terre et de nuages
Qui les maintient dans la douceur de la nécessité.

Jacques Réda