LA MAISON D’Ô


LA MAISON D’Ô

Bien sûr qu’il fallut en découdre

Avec le ciel et ses doigts de grand ordonnateur

Pour laisser l’âme étale souffler les heures

Inconnues des pendules.

Ô la très raisonnable démesure

De rites,  de bouquets offerts,

De fruits mûrs lavés à grande eau

Et de seconde peau à l’allée jardinière

Mâchée de menthes sauvages.

Des légendes lacustres glissaient à la chevelure du large

En corps dépliés et ensoleillés d’existence,

Chevaux avides de présence

Accompagnant le temps qui passe au sable du pied nu.

Au réverbère de ses renaissances,

L’enfant s’endormait au ballon du soleil

Epousant son arrondi intime

Et il lui donnait des noms maritimes

Qu’il accrochait comme des drapeaux d’envie

Sur chacun des pilotis

De la maison d’Ô.

Barbara Auzou

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 La Maison d’Ô – 2018 – Niala – Acrylique s/toile 65×54

LA RIVIERE VERTICALE


 

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LA RIVIERE VERTICALE

 

Je devais rêver, les mains à cueillir des douceurs de peau, corps laissé à la paisible sensation horizontale du liquide

soudain des craquements explosifs

le ciel s’alluma de zébrures électriques

l’orage en son et lumière venait de tirer le rideau de nuit  pour mettre le jardin  sur la scène d’un faux jour

Tout s’est dressé à la verticale  la rivière a quitté le sol pour ne plus faire qu’un avec le ciel déversoir

En allant ouvrir l’atelier j’ai découvert le tapis en crue. Un vieux cauchemar resurgit…

Niala-Loisobleu – 11 Juin 2018