LE JARDIN


LE JARDIN

 

L’orage tient son impatience en point d’interrogation

D’un soleil fil à plomb

Ton débardeur baille à dessein

Le poids de la respiration prend l’air

Au cœur du timbre

Un jardin creuse sillon

Du ventre déchiré l’orange d’un rouge jaune tourné vers le bleu est sorti m’emmenant à l’atelier. A peine étais-je entré que le chevalet se dressait. Le tapis le démangeait. Jaloux de lui-même, la peau nue offerte au couteau en grand écart des trottoirs de la pénombre.

N-L – 08/06/18

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23 réflexions sur “LE JARDIN

  1. Oui Célestine, j’ai supprimé cet article, l’atelier m’ayant fait remarquer que je n’en avais pas révélé l’essentiel. J’ai repoussé l’orage qui me tenait hors, du soleil reprenant peinture.
    Excuse-moi, cela ayant entraîné du même coup ton com…je t’embrasse.

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  2. Il est beau tu sais ton jardin mon Alain…La passiflore a su apaiser l’attente contrariée pour t’emmener au bon endroit devant un chevalet plus gaillard que jamais et des tons chauds épousant le bleu au tapis volant…

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  3. L »agapanthe garde comme jamais vu la difficulté que l’orage n’en finit pas de déployer…chaque jour le caprice prend un malin plaisir à saboter le moment choisi…tiré en plein vol. Privé de peinture par ses chocs thermiques, j’ai cru aujourd’hui tomber d’asphyxie et forcer en sauvetage d’urgence , j’ai peint…mais ça tue l’équilibre ce passage forcé.
    L’atelier est un refuge faut pas que samu.
    Merci ma Barbara.

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    • Le lieu est là, les murs percés de passages. Fait d’une coque vertébrée marine que le souffle gonfle de vent. Petits cris, spasmes orgasmiques et rire cascade au sein d’un champ d’amour. Quand le jardin se lève à l’eau de la marée la crevette lâche la base de l’antenne. Olfactive sensation.
      Sourd à bulle, je n’entends plus que le parler couleur. Mon œil incendie la toile d’un gravier reçu par vacherie, le caillou du Nil et la poche pédalent à part. J’ai reçu l’éléphant de Birmanie tout à l’heure. Pe tu l’orage à tout fait pour dévisser. Mais le pachyderme a tenu bon et tiré le teck de la forêt cramponné à son siège.
      J’ai rendu l’atelier humain. Il est Femme en plein…

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  4. Je sais des enfants inlassables

    à jamais perdus dans leur corps sans destin

    perdus pour l’eau fraiche du rire et la rumeur

    qui monte dans l’été des collines,

    des enfants liés à leur souffle, à leur silence,

    qui ne sauront

    ni la rémission du baiser

    ni le tremblement de la caresse;

    cette naissance d’oiseau dans la paume.

    Sévères architectes,

    Ils bâtissent un monde sur un grain de sable

    et leurs rêves sont les défaits d’un livre

    dont la mort coud les pages.

    S’il advient qu’ils veuillent jouer dans leur repos amer,

    ils nous lancent leur pensée

    comme un ballon plein de terre

    et cela tombe de nos mains.

    Des enfants, inlassablement des enfants.

    Ils ne pleurent ni ne chantent, ils savent

    qu’aimer est une guerre

    dans l’instant même de la vie, leur paysage.

    Jean-Pierre Siméon (Lettre à la femme aimée au sujet de la mort et autres poèmes – Poésie/Gallimard – Septembre 2017)

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