DEDICACE à BARBARA


Liegende-Mutter

DEDICACE à BARBARA

 Nu

Nu, j’ai vécu nu
Naufragé de naissance
Sur l’île de Malenfance
Dont nul n’est revenu
Nu, j’ai vécu nu
Dans des vignes sauvages
Nourri de vin d’orage 

Et de corsages émus
Nu, vieil ingénu
J’ai nagé dans tes cieux
Depuis les terres de feu
Jusqu’aux herbes ténues
Nu, j’ai pleuré nu
Dans la buée d’un miroir
Le coeur en gyrophare
Qu’est-ce qu’on s’aimait… Samu

Nu, j’ai vécu nu
Sur le fil de mes songes
Les tissus de mensonges
Mon destin biscornu
Mais nu, je continue
Mon chemin de tempête
En gueulant à tue-tête
La chanson des canuts
Nu, j’avance nu
Dépouillé de mon ombre
J’voulais pas être un nombre
Je le suis devenu
Nu, j’ai vécu nu
Aux quatre coins des gares
Clandestin d’une histoire
Qui n’a plus d’avenue

Nu, je suis venu
Visiter en passant
Un globule de sang
Un neutrone des nues
Nu, le torse nu
Je voudrais qu’on m’inhume
Dans mon plus beau posthume
« Pacifiste inconnu »

Allain Leprest

5 réflexions sur “DEDICACE à BARBARA

  1. L’écorché vit nu et c’est heureux même à la douleur qu’il connaît autrement que les autres c’est heureux. ¨Parce que la nudité ça gueule, ça se fout dans la bonne marge, la seule qui ait un visage autrement façonné qu’au commun, qui se parle et qui se dit : « tu vois ma gueule et le reste? eh bien c’est ça moi et moi je vais montrer que ça vit , pense tout seul et peut inventer le monde qu’il me faut, le seul possible. quand les corsets et les costumes se rangent sur la voie (voix?) commune… »
    Puisses-tu mener longtemps ton chemin de tempêtes à réinventer le monde Alain. J’étais là sur ce même chemin aussi…Je sais que tu le sais. Un bon pore.
    Merci Mon Alain.

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  2. Clandestin d’une histoire naturelle, celle qu’on voit partout dite comme évidente mais ignorée dans la pratique. Faire accroire c’est plus beau à prétendre que faire avec par envie. On naît pas comme on est parfois, Ta gueule et la mienne caisse qu’elle a du payer rien de ce qu’elle devait. Les contes font les bons z’amis, sortons de la citrouille et marchons nus on perdra pas une godasse, Le pied c’est à faire à force de mal de do. Nous aurons eu le la d’une histoire vraie extraordinaire, dans un putain de jardin, mets ton pouls dans ma barbe ma Ria se fera rose pour les lentes.
    Merci ma Barbara.

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  3. Les tout-nus quand ils donnent c’est pas du moine, c’est l’inestimable don du sans…La fatigue quand elle provient d’un effort à donner soulage le poids des retenues pingres du coeur…reposons-nous, les chevaux ont droit au pacage de la prairie lunaire, hennissons cette nuit, ma Barbara.

    Aimé par 1 personne

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