IL Y A UNE TERRE QUI HALETE DANS LA GORGE


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IL Y A UNE TERRE QUI HALETE

DANS LA GORGE

 

Il y a une terre qui halète dans la gorge,
il y a un bouquet qui embaume la maison.
L’air est solide, le chemin pierreux.
Je cherche l’eau profonde et pavoisée de noir.

J’emplis de terre le crâne, je veux respirer plus haut,
je veux être la poussière de la pierre, le puits verdi de mousse ;
le temps est celui d’un jardin
où l’enfant rencontre les fourmis rouges.

Je vais jusqu’à la fin du mur chercher un nom obscur :
est-ce celui de la nuit proche, est-ce le mien ?

António Ramos Rosa, Le Cycle du cheval suivi de Accords, Éditions Gallimard, Collection Poésie, 1998, page 43. Traduction du portugais par Michel Chandeigne. Préface de Robert Bréchon.

EN Ô DE LA VALLEE


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EN Ô DE LA VALLEE

Et pourquoi je te dirai pas notre amour en plein vent ? Les gens y coupent des fleurs pour les coller là d’habitude. C’est cette foutue manière d’être choqué du bon usage des mots. Ils vivent que pour et par le cul, seulement ils l’emballent dans du papier cadeau ce mot trop cru. Moi les mots croisés, c’est mes bras dans tes cases. Et mes revues c’est nous sur cette Seine d’une rue de vert n’œil qui vient au bord de ta colline te montrer les carreaux de mes tabliers d’écolier. T’as la Scie musicale dans ta vallée.Le sol y loque quand trop de désherbant nitrate le silence. Chut ne me dis pas de me terre. Marre des p’tits zhommes qui font que vers que dalle. Si je meurs tout à l’heure j’auras pas voulu ton absence au moment précis où j’allais te dire qui faut que tu vis. On sait rien de demain, on peut plus faire confiance, prends une autoroute qui te dit que ce sera pas une déviation à la sortie du péage, hein qui te garantit que tes enfants sauront se faire le bonheur que tu leur a toujours voulu, est-ce que tu crois que la mer elle sera toujours mouillée, elle va finir par se dégonfler, dégoûtée comme tous les autres par le contraire du c’qui faudrait et du s’qui pratique, tu crois pas qu’à attendre que ça ciel ça devient de moins en moins bleu ?
Mais tu vois je veux pas que tu ignores jamais mes yeux comme y t’aiment, de cette force qui élimine toutes les autres raisons de vivre, parce que sans ton amour c’est m’aime pas survivre. Alors j’me fous dans ton tiroir à en devenir tout rouge de bonheur. Garde-moi à  clef toute seule. Je garde ce parfum indéfinissable d’un toi plus existant que ce que j’ai touché à portée de main, sans rien sentir.

Oui j’ai la voie de Barbara qui chante ô et fort.

Niala-Loisobleu – 26/05/18