LA MEMOIRE DES MUSES 9


LA MEMOIRE DES MUSES 9

 

Le monde s’écroulait chagrin

Dans ses doutes jaunes.

Et la persistance de ses papiers de suie

Qui pavaient des lendemains

Au tamis d’un tapis tissé brun

Laissait le corps fragmenté et la gorge aphone

A la râpe sèche de son lin.

Tant de saisons noyées dans le lit d’anciennes sources

Masse de sang arrêtée à la veine paresseuse du temps.

Ondulations

Et vertiges verts du souvenir

Accrochés aux toits du monde comme du linge de maison.

Dans ce trop peu de ciel

Il fallut bien consentir

A perdre

Pour regagner

Des matins clairs foulés

A la bride des sabots de printemps

Battant la mesure au jardin surpris

Si avide d’éternel.

Et qu’opposer à l’asphyxie

Sinon la secrète alliance

La paupière d’écume à la hanche

Et l’étreinte rapprochée du redouté sablier

Au ventre d’un matin sur territoire conquis ?

Et le vivant règne sur le vécu

Comme un défi

Que le vent bat joyeusement.

Barbara Auzou

p1050218

La Mémoire des Muses 9 – 2016 – Niala – Acrylique s/toile 41×27

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