EN VOL


NIALA L'OISEAU BLEU- 2010 - Acrylique sur toile 46 X 38 008

EN VOL

L’orage en roulant sur la Chaume n’a pas fait peur aux oiseaux. Heureusement pour eux c’est que de la nature, normal, pas comme cet acharnement que mettent le hommes à multiplier les moyens de les détruire. Il y a quelques années le jardin regorgeait d’oiseaux, les hirondelles nichaient, les merles colonisaient, sans que ça dérange la présence de rouges-queues au gros ventre, puis les mésanges jaunes et les rouges-gorges se livraient à des joutes de voltiges aérienne avec toute la famille moineaux.

Aujourd’hui je déplore leur raréfaction sans discrimination de sortes…

Il y a un puissant symbole de liberté attaché à leur présence. Ils sont la raison de l’arbre d’être fou en permanence.

L’ordre du grand désordre avance plus dangereux que l’ont été les guerres de religio et la force atomique dans l’explosion nucléaire. La poésie comment fera-t-elle pour se déplacer si nous n’avons plus les vecteurs du rêve dans la libre-pensée ?

L’amour est sans nul doute une de leur représentation les plus manifestes. De ma branche où je vois venir cette clairière pour la parade, mon sang ne fait qu’un tour. Je sens la réaction chimique traverser mon organisme, des couleurs de tous éclats copulent et gonflent les seins de l’espérance. La pierre a ses hauteurs. Des feux y ont été mis pour détruire un certain état d’esprit. Le mécréant que je suis n’a que faire d’un dieu, d’ailleurs s’il y en avait un, il ne pourrait accepter son oeuvre.

Là derrière mon regard, toi qui sens mes yeux te chercher, prends-en l’entité, baigne-toi le corps dedans, frotte-toi le ventre contre et plonges y ta langue et tes mains, tu peux tout caresser, je n’ai qu’en vie de la garder pour la partager avec toi comme un oiseau fait avec l’air.

Niala-Loisobleu – 23/05/18

LA MEMOIRE DES MUSES 9


LA MEMOIRE DES MUSES 9

 

Le monde s’écroulait chagrin

Dans ses doutes jaunes.

Et la persistance de ses papiers de suie

Qui pavaient des lendemains

Au tamis d’un tapis tissé brun

Laissait le corps fragmenté et la gorge aphone

A la râpe sèche de son lin.

Tant de saisons noyées dans le lit d’anciennes sources

Masse de sang arrêtée à la veine paresseuse du temps.

Ondulations

Et vertiges verts du souvenir

Accrochés aux toits du monde comme du linge de maison.

Dans ce trop peu de ciel

Il fallut bien consentir

A perdre

Pour regagner

Des matins clairs foulés

A la bride des sabots de printemps

Battant la mesure au jardin surpris

Si avide d’éternel.

Et qu’opposer à l’asphyxie

Sinon la secrète alliance

La paupière d’écume à la hanche

Et l’étreinte rapprochée du redouté sablier

Au ventre d’un matin sur territoire conquis ?

Et le vivant règne sur le vécu

Comme un défi

Que le vent bat joyeusement.

Barbara Auzou

p1050218

La Mémoire des Muses 9 – 2016 – Niala – Acrylique s/toile 41×27