Tu m’aimes dis ? Caresse-moi, je sens toi partout en moi…


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Tu m’aimes dis ? Caresse-moi, je sens toi partout en moi…

La pièce à vivre s’est retirée du bruit des machines, même l’horloge s’est tue de tic-tacs, le soleil est le seul a pouvoir entrer. Dans le pas de la porte une jarre tient ses cannes en sommeil, rien ne boîte pourquoi sortiraient-elles ? Sur la longue table de ferme quelques fruits se coupent sous le feuillage du bouquet de tournesols que le broc garde en son é-mail histoire de laisser courir ses pensées. Du papier de soi en porte les empreintes. Tout comme le canapé sur lequel le chat ronronne. Présence d’une échappée: quelques vêtements jonchent le sol. Le tapis témoin du feu qui crépite tient l’odeur des corps dans ses longs poils. Le piano dispense une musique tamisée que reprend le chevet du livre allumé. Des livres, un morceau de miche entamée, une terrine de campagne, , le fil du couteau garde la trace d’un partage, un reste de Côtes-du-Rhône attend dans deux verres où la lumière se fait rubis sur l’ongle.

  • Tu m’aimes dis ? Caresse-moi, je sens toi partout en moi…

Niala-Loisobleu – 22/05/18

Pénélope 


Pénélope 

Toi, l’épouse modèle, le grillon du foyer,
Toi, qui n’as point d’accroc dans ta robe de mariée,
Toi, l’intraitable Pénélope,
En suivant ton petit bonhomme de bonheur,
Ne berces-tu jamais, en tout bien tout honneur,
De jolies pensées interlopes,
De jolies pensées interlopes?Derrière tes rideaux, dans ton juste milieu,
En attendant le retour d’un Ulysse de banlieue,
Penchée sur tes travaux de toile,
Les soirs de vague à l’âme et de mélancolie,
N’as-tu jamais en rêve, au ciel d’un autre lit,
Compté de nouvelles étoiles,
Compté de nouvelles étoiles?

N’as-tu jamais encore appelé de tes vœux
L’amourette qui passe, qui vous prend aux cheveux,
Qui vous conte la bagatelle,
Qui met la marguerite au jardin potager,
La pomme défendue aux branches du verger,
Et le désordre à vos dentelles,
Et le désordre à vos dentelles ?

N’as-tu jamais souhaité de revoir en chemin
Cet ange, ce démon, qui, son arc à la main,
Décoche des flèches malignes,
Qui rend leur chair de femme aux plus froides statues,
Les bouscule de leur socle, bascule leur vertu,
Arrache leur feuille de vigne,
Arrache leur feuille de vigne?

N’aie crainte que le ciel ne t’en tienne rigueur,
Il n’y a vraiment pas là de quoi fouetter un cœur
Qui bat la campagne et galope ?
C’est la faute commune et le pêché véniel,
C’est la face cachée de la lune de miel
Et la rançon de Pénélope,
Et la rançon de Pénélope.

Toi, l’épouse modèle, le grillon du foyer,
Toi, qui n’as point d’accroc dans ta robe de mariée…
N’as-tu jamais rêvé, en tout bien tout honneur…

Non ?

Haut de Vue


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Haut de Vue

 

Tout est calme

la plume virevolte autour de l’encrier

La branche qui remue l’arbre

est celle où l’oiseau enfile le tricot de la pensée  que le soleil maille après maille met en récré dans sa cour

sous le gros tilleul on voit bien la forme des caresses imprimée sur la robe soulevée d’émoi

dans la jointure du pavé la rue manifeste

Ronde une comptine bourre sa pipe de bon tabac de la tabatière.

 

Niala-Loisobleu – 22 Mai 2018