Bonjour Marthe


C'était les années70 (8)

Bonjour Marthe

 

A y regarder de près, que le loin inscrit sans intérêt d’inutile en existence, c’est dû pourtant à l’esprit d’usure induit par le profit

Le chinois de cette cuisine passe-t-il vraiment les débris du biliaire ? Mais le monde ne serait pas le monde si j’étais conforme à son concept. Heureusement totalement antipathique à ses adeptes, je n’ai pas sa maladie de pot.

Ils n’aiment pas ta gueule m’a dit Marthe, alors que j’étais en corps que tout petit. La bonne et douce, sur la valeur de l’humain, avait une connaissance que seule la saloperie du genre peut apprendre.

Quand enfin libérée à pouvoir être détachée de son lit de torture, je l’ai prise à pleine bouche pour un baiser qui se décollera jamais du bonheur qu’une misère injuste à tout fait pour détruire, je suis entré dans l’honneur qui lui était dû. Les caniveaux n’ont depuis jamais séchés des eaux claires où son coeur m’avait mis à nager. Marthe petite bonne femme que le pain gonfle toujours de sa mie tendre comme amour sans réserve, je me tartine de toi comme la pesée que me donnait le boulanger quand je signais encore Alain Denèfle.

Niala-Loisobleu –

 


 

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J’ENTENDS UNE RIVIERE

 

Tout en haut de ce moment, alors qu’alentour se dispersent les bancs de brume, nous voici au pied de celui sur lequel dans la ouate du matin nous nous étreignîmes dans le rite du bon jour.

Les méandres des vertèbres vont au-devant d’un retour à la case délivrance. En corps, en corps, répète cet oiseau de son cri joyeux, invisible caché dans le feuillu de son arbre qui porte un message en bruissant de nudité totale. Mettant son essence en clair.

Sont passés des cohortes sauvages, lanciers, sabres au clair dans une fantasia lâchant ses chevaux.

L’airain a fixé le balancement conjugué de la parade. Eclat d’un rai inondant la dalle. Quelque rite ancestral ramène le sacré au point de départ, quand aucun dogme n’avait pu s’en emparer. La nature de l’homme a tout l’instinct de l’animal, son intelligence vient d’être allumée par l’inné de l’amour.

Le rut fond la couleur du ciel dans les gaz que les cratères dispensent en lâchant leurs laves, la forme du cri est au plein du délié, le verbe s’exprimant par le tournoiement rythmé des seins fauve ses résonances ventrales, qui est l’autre ?

La question se répète en boucle….

Niala-Loisobleu – 21/05/18

VOL A VOILE


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VOL A VOILE

 

Sa corde dans le saut, elle chantonnait au matin, petite fille remise au bon âge.

Le vert des étendues céréalières faisait rouler des ondulations jaunes dans la montée qui précède la récolte, curieusement accompagnée de cette odeur de terre ouverte que le soc au labour fait monter. En spirale ascendante les cormorans montaient en flèche pour mieux piquer au fond le lieu de pêche qu’ils voyaient grand ouvert sous leur ventre.

Et alentour tout dormait encore de cette incompatibilité qui désunit l’huile de l’eau.

Quand le nuage se disloqua dans les yeux de l’azur, des arbres dressaient leurs cimes sur la portée des guitares. Voix de chair sensuelle, la vie reprenait au refrain.

Au travers de ses mèches elle vit son front relayer le solaire du cadran, chanson de geste, quelques mots sautillants troubadours sur les tréteaux d’un théâtre ambulant gardé par les chiens du désir. Le jour gonflant la corolle de sa robe, elle se se laissa porté par les vents ascendants.

Niala-Loisobleu – 21/05/18