Aède, aède, aède…!


Edward_Lear_-_Temple_Apollo_in_Bassae

Aède, aède, aède…!

Il est une de ses heures qui sont toujours disponibles pour une discussion sans intérêt. Qu’importe le jour, ça peut aussi bien être aujourd’hui qu’hier. La seule certitude est que ce sera jamais demain. Campons-en la scène avant que le clap crie: on tourne. Elle arrive, c’est un jardin public, il est assis c’est un banc à rien déjà condamné dans le passé. Avant même qu’ils se soient vus ils avaient décidés qu’ils se feraient passer pour et par. Excellent moyen pour laisser entendre une connaissance de toute pièce. L’intime dont on parle braguette ouverte et jupe troussée sur ficelle-string mérite qu’on en vérifie l’orthographe car il enferme sans nul doute une sacrée faute d’orthographe des mots « Je t’aime » . Les patinettes roulaient de vieux gosses à l’électricité, là où des chevaux-de-bois s’étaient mis en rond. D’une famille sans recul, modeste, pas fortunée, elle avait été mise au monde par une mère qui n’avait pu retenir le visage du père dans l’absence de lumière. Ainsi livrée, l’être humain devient chose. Quant au monsieur les fortifs de la zone lui avaient appris comment on désosse une voiture plus vite qu’un chacal déshabille un gnou qui a eu le malheur de s’y frôler. Il serait assez vite arrivé qu’on ait envie de partir avant que l’autre se réveille. Pour le moment l’un et l’autre avait un compte à régler avec ses glandes. Passé les préliminaires en quatrième vitesse, ils s’étaient arrachés le vestimentaire et satisfaits debout. Ce que l’alcool pris avant donnerait de marge pour un coup supplémentaire n’était qu’une question d’accueil du plumard parce qu’il faudrait passer à dormir. Lui ronflait déjà qu’elle avait un retard de plafond, Sans doute les deux gosses qu’elle avait mis la veille chez leur grand-mère, qui sans ménagement lui dansaient dans la pensée, avec leurs questions de savoir t’était avec qui ? Et les cartons des affaires de leur père qu’elle avait pas vidé. Un sale goût qui arrive plein la gorge. Elle renonce à dormir et file. L’autre doit rêver qu’il est supermâle. La radio en boucle d’un voisin, conte. Un mariage royal, ça donne un espoir à finir la semaine, après…faut pas avoir des idées pareilles. Apollon guérissait dans son temple, c’est beau comme là-bas, à BASSAE chez les grecs.

Aède, aède, aède…!

 

Niala-Loisobleu – 15 Mai 2018

 

8 réflexions sur “Aède, aède, aède…!

  1. Reste le temple, heureusement parmi les plus beaux et intéressants sur le plan architectural, mais malgré la volonté d’Apollon, guérir les hommes de leurs maux dépasse jusqu’au pouvoir des dieux…
    Merci ma Barbara.

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