LE TEMPS MORD


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LE TEMPS MORD

Un mouvement est là, dans l’immobile incongru, est-ce la pensée plus forte que les rues qui ont été fermées qui fêle ?

A n’en pas douter, dans l’angle le papier-peint baille, la forme transparaît par l’ouverture du temps. Les quais des trains ratés en quittant leurs vêtements un à un dévoilent la beauté des lieux. On ne part de soi trop tard qu’en restant sous son chapeau.

L’âne qui tourne la noria pense-t-il aux déserts  sur lesquels les sots se répandent, prêtons-lui le bénéfice du doute de l’innocence, l’âne est pas domestique au point de tomber si bas, il a le sien à porter et cela lui suffit.

Il était pas en corps l’heur des seins qui devance le coq qu’à mon oreille j’entendais ton pouls battre. Pour preuve ce bleu qui macule encore mes doigts. La couleur dit clairement d’où l’on sort et où on a l’intention d’aller. Ce petit-linge accroché au dossier de la chaise même avec ce cheveu qu’il a gardé sur la langue, peut dire l’enchantement du coeur de la forêt sans zozoter. Un solide conteur aux veillées que celui-la. Ficelle, vous avez-dit ficelle, ah non, je parlais de soie pas d’un autre.

Illustration: Peinture d’Otto Dix

Niala-Loisobleu – 30/03/18

Au gué de l’Autre


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Au gué de l’Autre

Le premier frisson de l’éveil s’étant blotti par-dessus les longues distances, chacun à sa place tout au chaud, est entré de son jardin secret. On, qui quoi qu’il soit, nous toi émoi. Chat rade, bercé par le flot de la lune mise à l’ô. Mon premier pas concerné, mon second tout entier et mon troisième oeil pour oeil est en mille. Tu n’as pas eu le froid des jours derniers, ton pouls est resté calme en sa braise. Sans doute sont-ils supérieurs en nombre les drames engendrés par le noir.Comment s’y prendre plus mal que de choisir l’hérésie de refaire le monde. Le bonheur est à faire de soi pour pouvoir aux autres quelque chose de simple, griffonné sur un cahier de brouillons, de cette automatique écriture qui ne se relit que par le destinataire. Et où la nécessité du décret à paraître est inconnue. J’aime l’inconnu. Tout comme Toi quand tu te blottis contre ma poitrine. Ce sont les départs en voyage partout où vit une certaine folie. L’amour abolit et oppose. A quoi me servirait de savoir tout sur comment ça marche le téléphone, si ce n’est que pendant cette inutile connaissance j’aurais perdu l’essentiel de la tienne toute en moi par l’oreille, mieux que si face à face on ne trouvait pas quoi se dire. Tant de lits sont à deux seuls côte à côte.

Si le boulier de nos jours attend une de nos mains allons d’abord voir le chant de l’oiseau, les paroles qu’il aura mises à l’arbre seront de la bonne encre. Tricoter avec les aiguilles du sablier c’est trop proche des mailles qui sautent pour que l’envie de te conditionner me prenne. Non laisse-toi nue à mes touchers, il me faut ton haleine. Enfant de mes traversées.

Niala-Loisobleu

30 Mars 2018